Les Idées Naïves et Stupides d’Avant la Naissance de l’Enfant (ou INSANE) # 1

INSANE #1 : l’accouchement

Comme vous avez pu le lire sur ce blog jusqu’à janvier, je nourrissais de grandes espérances quant à la mise bas. Ayant eu une grossesse quasi impeccable, preuve imparable d’un karma sans tache, je prévoyais donc un accouchement à l’avenant, en maison de naissance, sans anti-douleur, avec une gentille sage-femme pour me dire quand pousser et L’Homme pour me tenir la main, la larme à l’oeil et le coeur gonflé d’une fière émotion. De là à penser que je t’expédierai ça en deux heures et que j’en sortirais fraiche et prête à poser, maquillée et permanentée, avec un nourrisson souriant et dodu dans les bras, il n’y avait qu’un pas.

Je dis LOL.

Ca ne se passe donc JAMAIS comme prévu. Tu peux te farcir 9 mois d’enfer avec diabète gestationnel et nausées quotidiennes et accoucher comme une fleur. Et puis tu peux avoir une super grossesse et te retrouver avec un bambin qui ne veut pas sortir, un déclenchement arraché au corps médical au bout de 12 jours, une bonne grosse crève fiévreuse qui te prend pile la veille de la naissance et un bébé qui se retrouve en souffrance au bout de quelques heures de travail. C’est comme ça, c’est un peu comme un jeu de roulette, ou une cible sur laquelle ta flêchette va déterminer ce à quoi tu vas avoir droit.

Bref, ce fut un peu compliqué, pour finir, et j’ai remplacé la super maison de naissance ambiance hare krishna et anesthésie au patchouli par quelques heures de travail relou coincée sous les électrodes à l’hosto et achevées par la césarienne d’urgence (après avoir évidemment supplié qu’on me gave d’anti-douleurs : je peux vous brieffer, je les ai tous faits, l’entonox qui fait vomir, la morphine qui fait complètement planer, et la péridurale qui te fait remercier tous les Dieux de ta connaissance d’avoir inspiré les médecins et les chercheurs).

Et le pire dans tout ça ? J’ai beau avoir raté une partie de la naissance – oui, la morphine, ça shoote longtemps, et de toute façon avec une césarienne et un champs opératoire, tu vois que dalle -, je me souviens parfaitement d’une chose. Je hais Coldplay, de toutes mes forces ; devinez quelle musique passait dans le bloc opératoire cette nuit là ?

Welcome to le blog de môman (spéciale dédicace à Nicolas)

Or donc, L’Homme et moi avons eu un bébé. Bientôt sept semaines que le Kid remplit nos vies avec ses fossettes, ses joues replettes, ses couches sales et ses sourires qu’on sait pas trop si c’est vraiment des sourires mais on s’en fout c’est TROP BEAU.

Sept semaines de nuits en accordéon, de petits soucis, de moments d’angoisse profonde (« quoi ? personne vient le chercher à la fin de la journée ? il est à moi ? pour de bon ? mais… pour combien de temps ? nous, vous êtes sérieux là ??? »), et de pur bonheur évidemment.

Sept semaines rock and roll, ou tu alternes les moments « image d’Épinal – nous sommes une vraie photo de couverture de Famili magazine » et « putain, c’est le Viet Nam, Waterloo morne plaine et la Bérézina réunis ».

Sept semaines à comprendre que le nourrisson a un sixième sens qui lui permet de sentir si tu as décidé de te laver les cheveux/faire une sieste/passer un coup de téléphone/déjeuner/blogguer/finir ce foutu bouquin commencé avant l’accouchement/te planter l’oeil torve et le cheveu gras devant n’importe quelle émission con pourvu qu’elle ne requiert aucune activité cérébrale de ta part ; il va de soi que ce sixième sens, une fois mis en oeuvre, entraîne derechef un réveil dudit nourrisson et une activité intense de sa part, consistant en l’émission de cris stridents et péremptoires te signifiant clairement et sans ambiguité sa désapprobation – c’est vrai quoi, pourquoi tu t’occupes pas de LUI LÀ MAINTENANT TOUT DE SUIIIIIITE ?

Sept semaines donc, que j’attends de reblogguer (bon, soyons honnête, c’était pas tout à fait en haut de ma liste de priorités), et que je ne peux pas. Mais aujourd’hui, miracle, Le Kid, qui refuse catégoriquement depuis sa troisième semaine d’enchainer plus de 45mn de sieste dans la journée, dort maintenant depuis une heure quarante-deux (et quelques secondes) (ce n’est pas un effet de style, j’ai bel et bien une montre sous les yeux, ce chiffre est authentique). J’en ai les larmes aux yeux et des palpitations, rapport à l’égarement que je ressens devant cette nouveauté, ce don du ciel, et la liberté qui me grise. Alors je bloggue, tiens, parce qu’il est temps de vous dire coucou, tout va bien, on a un bébé merveilleux (même si un peu chiant sur les bords), et on s’en sort, tout doucement !

Bientôt, qui sait, ce blog sera estampillé « blog de maman de l’année » (suggestion amicale de Nicolas ; j’ai raté le label « meilleur blog de grossesse », bientôt vous saurez  tout de mes nuits sans sommeil, de la couleur des crottes du Kid et de mes crevasses, et Elle et Grazia me donneront un prix, ouéééééé !).

Sur ce, à très vite, tous !

Neige à la Saint Vincent, marmot reste dedans

Ou encore, « Neige au balcon, bébé dans le bidon ».

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Rien à faire, cet enfant n’est manifestement pas intéressé par le monde extérieur. Soit il a peur du conflit au Mali, soit il ne veut pas sortir tant que le mariage gay ne sera pas légal, soit il préfère juste rester au chaud… Alors j’attends, en regardant la neige (et y a de quoi faire).

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C’est long.

Quelques explications sur l’indépendance écossaise – 3

TROISIÈME PARTIE : QUELQUES COMPLÉMENTS

Quel soutien actuellement ?

Depuis 2011, de nombreux sondages ont été menés pour tâter le pouls de l’opinion. Précision utile, indépendamment de la question centrale de l’avenir de l’Écosse, le support pour la tenue même du referendum a toujours été très forte, y compris chez les unionistes (autour de 75% de la population).

Depuis début 2012, le soutien à l’indépendance était estimé à environ 32 à 38% selon les sondages, proportion qui a légèrement diminué depuis 2007, mais la proportion de « non » ferme a également diminué. Récemment, on serait retombé à environ 30%. Un autre sondage proposant trois options (a/ indépendance b/devo max c/statu quo) donne les chiffres de 26%, 26% et 33%.

La question de la formulation de la question semble plus qu’un détail, car susceptible de faire changer les détails. Un sondage britannique a posé la question que Salmond souhaite poser et obtenu 41% de oui et 59% de non, avant de poser la question « L’écosse devrait elle devenir un pays indépendant, ou rester dans le Royaume Uni ? », la première option remportant dans ce cas 33% et la seconde 67%.

Si pour l’heure, la majorité des opinions exprimées reste en faveur d’un statu quo, il faut se rappeler que la question officielle n’a pas encore été annoncée, que la campagne n’a pas débuté, et qu’une très large majorité des votants restent pour l’heure indécis. Le décrochage récent dans les sondages est semble t-il dû à des confusions et cafouillages de plus en plus évidents de la part du SNP sur des questions cruciales mais pour l’heure sans réponse (la présence dans l’Europe notamment).

L’Écosse dans l’Europe ?

Les débats font rage à ce propos, et rien de très net n’émerge encore. Le point de vue du SNP est que l’Écosse aurait droit naturel et sans négociation à entrer dans l’Europe telle quelle ; Westminster de son côté affirme qu’il n’y a pas de précédent confirmant cette assertion et que rien ne prouve que l’Écosse n’aurait pas à candidater comme n’importe quel nouveau pays souhaitant entrer dans l’Europe.

Des affirmations récentes de Barroso, et les rumeurs dominantes en provenance de Bruxelles, semblent aller dans le sens de Westminster : l’Écosse devrait bien candidater. Il a été dit que Barroso est particulièrement opposé à une entrée spontanée de l’Écosse indépendante dans l’Europe, et plus généralement défavorable à tout mouvement nationaliste, en raison des mouvements indépendantistes que connait l’Espagne, ce dont il se défend, sans pour autant persister dans l’idée que l’Écosse n’aurait aucun droit naturel à faire partie de l’Europe sans discussion et candidature.

Par ailleurs, le SNP affirme qu’il serait possible d’adhérer indépendamment à l’Europe sans adopter l’Euro, ce qui semble peu probable. Ce point est particulièrement sensible, et l’idée d’une Écosse avec Euro ne fait pas du tout l’unanimité, y compris au sein du SNP au vu de la situation de l’eurozone à l’heure actuelle. La crainte majeure est de voir le pays s’enfoncer dans une spirale de dettes et finir comme l’Espagne, la Grèce et le Portugal. La majorité des indépendantistes souhaite une transition plus douce et le maintien de la livre sterling quoiqu’il arrive.

L’Écosse dans le monde ?

De façon  générale, les opposants à l’indépendance rappellent que les frontières entre l’Écosse, le Royaume-Uni et le monde sont floues : la moitié de la population écossaise a de la famille en Angleterre, 1 million de scoto-anglais vivent en Angleterre, 400 000 anglo-écossais vivent en Écosse. À partir de ces chiffres, les unionistes arguent qu’accéder à l’indépendance serait une erreur, et compliquerait sérieusement la question de l’identité de ces personnes.

Il est en revanche certain que même indépendante, l’Écosse resterait membre du Commonwealth, avec la Reine pour chef d’État, comme l’Australie ou le Canada par exemple. Les partisans d’une République sont assez nombreux, mais le SNP pour l’heure n’envisage pas de changement de régime.

De son côté, le SNP pense que l’Écosse indépendante aurait une position plus éminente à l’échelle internationale. Il y a à ce moment six représentants écossais au Parlement européen, alors que des pays de taille similaire (Danemark, Irlande…) en ont au moins le double.

Les opposants à l’indépendance pensent en revanche que l’Écosse a plus d’influence à travers la représentation britannique.  Indépendante, elle perdrait de son poids au sein de l’OTAN, du G8, de l’ONU… Sur ce point, d’ailleurs, le SNP a longtemps affirmé qu’une Écosse indépendante sortirait de l’OTAN de toutes façon, mais ce point semble être reconsidéré depuis peu.

Que va devenir l’armée ?

Le SNP est clair sur ses positions dans ce domaine : dénucléarisation totale (donc démantèlement de la base accueillant les sous-marins nucléaires), maintien de certaines des bases actuelles mais dans l’optique seulement d’entretenir une armée défensive. Le nombre de soldats diminuerait fortement (autour de 10 000 à 12 000).

Par ailleurs, l’Écosse ne s’impliquerait à l’international que dans le cas de missions d’aide au maintien de la paix, et en cas de sinistres naturels (Salmond est très critique concernant la participation du Royaume-Uni à la guerre en Irak).

La délicate question des gros sous…

C’est le nerf de la guerre (je vous renvoie à ce très bien fichu article)… et les deux camps s’opposent farouchement sur la question. D’un côté, le SNP revendique le droit de l’Écosse à avoir la main sur ses finances, ses impôts, et sur le taux d’imposition des entreprises pour attirer les entreprises étrangères. De plus, affirme t-il, les intérêts de l’Écosse en matière d’agriculture et de pêche sont mal défendus par le Royaume-Uni, nationalement et auprès de Bruxelles.
De l’autre, les unionistes rappellent que sans la participation du Royaume-Uni et les injections financières faites depuis le début de la crise, l’Écosse n’aurait pu faire face au crash de ses banques, et à la conjoncture qui a suivi. De plus, beaucoup se font un plaisir de souligner que les dépenses publiques en Écosse sont largement supérieures aux revenus fiscaux, et que la dépense par tête y est supérieure à celle faite sur les citoyens du reste du Royaume-Uni. Un pays indépendant devrait alors augmenter ses impôts, ou revoir la façon dont ses dépenses sociales sont gérées (la santé et les soins et avantages pour les personnes âgées sont gratuits). Cet état de fait est contesté par le SNP, d’abord parce que bien que ne représentant que 8,4% de la population du Royaume-Uni, l’Écosse génère 9,6% des revenus du pays et ne reçoit en retour que 9,3% des dépenses de Westminster (eh oui, le diable est dans les détails…).La contestation vient aussi du fait que les revenus générés par la production de pétrole ne sont pas pris en compte dans ces calculs. La division des eaux territoriales britanniques, en cas d’indépendance, rendrait l’Écosse maîtresse de 80% du pétrole produit en Grande-Bretagne (et confirmeraient l’Écosse comme premier producteur européen (note perso : ce qui me fait me demander : mais pourquoi diable paye t-on alors l’essence si cher ici, sacrebleu ????)), ce qui selon les experts ramènerait le budget global du pays à un très léger déficit, voire à un surplus. Bien entendu, les énergies fossiles n’étant pas éternelles, beaucoup soulignent que l’argument de la récupération des champs de pétrole comme soutien économique pour l’indépendance ne seront que feu de paille (mais, note perso encore : heureusement qu’à côté de cette horrible perspective de pays pétrolier, les objectifs en matière d’énergie renouvelables sont considérables : aujourd’hui, 35% de l’énergie produite provient d’énergies renouvelables, en particulier via les fermes éoliennes terrestres et offshore).
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Y aurait-il un passeport écossais si l’Écosse était indépendante ?

Oui, mais peut-être verrait-on aussi le maintien d’un passeport britannique, comme en Irlande. La question reste à débattre.

Y aurait-il des contrôles aux frontières ?
Il n’y en aurait pas entre l’Angleterre et l’Écosse. Rien ne changera concernant les échanges européens (le Royaume-Uni n’est pas signataire des accords de Schengen), mais c’est un point à clarifier si l’Écosse devait négocier son entrée dans l’Europe.

Quid du système de santé ?

La santé fait partie des domaines dévolus, donc la transition ne devrait pas être trop compliquée car l’Écosse gère déjà presque intégralement cette question.

Quid du drapeau ?

L’Écosse adopterait le Saltire, et le drapeau pour le reste du Royaume-Uni serait « le problème du reste du Royaume-Uni ».

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Certains pensent que, toujours sous souveraineté de la reine, et membre du Commonwealth, l’Ecosse devrait toujours être sur le drapeau.

Quelques explications sur l’indépendance écossaise – 2

DEUXIÈME PARTIE : LE REFERENDUM DE 2014 EXPLIQUÉ (ENFIN ON VA ESSAYER)

Comme expliqué précédemment, l’arrivée au pouvoir du SNP en 2007, confirmée en 2011 par une réélection et l’acquisition d’une majorité absolue au Parlement écossais, a mis l’organisation d’un referendum relatif à l’indépendance du pays à l’ordre du jour, pour 2014 ou 2015. Certains commentateurs soulignent que beaucoup d’électeurs ont choisi par deux fois le SNP non tant pour leurs promesses indépendantistes que pour sanctionner le parti travailliste et celui des LibDem (le parti conservateur est portion négligeable en Ecosse). Toujours est-il que la volonté indépendantiste a été clairement affichée dès le départ par Alex Salmond, qui est considéré, même par ses détracteurs, comme un des politiciens les plus brillants du pays.

Salmond et son bras droit, Nicola Sturgeon. A noter, c'est rigolo, que Salmond ça sonne presque que comme "salmon", le saumon, et "sturgeon" veut dire esturgeon. Ce qu'on se marre.

Salmond et son bras droit, Nicola Sturgeon. A noter, c’est rigolo, que Salmond ça sonne presque que comme « salmon », le saumon, et « sturgeon » veut dire esturgeon. Ce qu’on se marre.

Revenons un instant sur la situation actuelle ; on a vu que l’Écosse dispose depuis 1999 de son propre parlement, qui traite des domaines dévolus : l’éducation, l’agriculture, la justice, la gestion des forêts et des pêches, la santé, les affaires internes, la police, les sports, les arts, le tourisme, la recherche, les services sociaux… Bien que dévolus, ces sujets peuvent si le Parlement écossais le décide être renvoyés devant Westminster. Par ailleurs sont qualifiés de « réservés » les sujets qui restent du ressort du parlement britannique exclusivement : l’avortement, la défense, la sécurité nationale, les drogues, l’emploi, les affaires étrangères, l’énergie.

Mais le SNP souhaite aller plus loin et passer de cette situation de dévolution à celle d’indépendance complète. Il va de soi que le Labour, les conservateurs, les LibDem sont contre. Les verts et les quelques élus indépendants soutiennent en revanche l’idée d’indépendance.

La question de la légalité d’un referendum a été posée pendant un certain temps, certains soutenant qu’après tout, même si les électeurs écossais se prononçaient en faveur de l’indépendance, rien n’obligerait le parlement britannique à ratifier cette opinion. Cependant, le Royaume Uni est signataire de la déclaration universelle des droits de l’Homme et la charte des nations unies, qui reconnaît le droit des peuples à l’autodétermination. Les modalités mêmes de l’organisation de ce referendum ont été longtemps sujettes à caution, Westminster souhaitant le piloter alors que Salmond refusait toute ingérence anglaise. Autre point de débat, le nombre et la formulation de la ou des questions posées, Salmond souhaitant poser une question sur l’indépendance et une sur une plus grande dévolution des pouvoirs, et Cameron militant pour une seule question, relative à l’indépendance.
Après de longues discussions, de nombreux débats sur les termes du referendum et les modalités de sa tenue, Salmond et David Cameron ont signé le 15 octobre 2012 l’Accord d’Édimbourg, qui clarifie les détails de ce referendum. – Le parlement écossais aura le droit de tenir un referendum historique sur l’indépendance de l’Écosse en octobre 2014.
Au printemps 2013, le gouvernement écossais devra publier les détails de la question posée, de la nature et de la taille de l’électorat concerné. Courant 2013, le parti détaillera les détails relatifs à sa vision d’une Écosse indépendante. L’assentiment royal sera également donné courant 2013.
En juin 2014 s’ouvrira la campagne officielle pour et contre l’indépendance, avant le referendum d’octobre.
Il est à noter que 2014 est une année importante pour l’Écosse, avec le 700e anniversaire de la bataille de Bannockburn, la tenue des jeux du Commonwealth à Glasgow, et les célébrations du Homecoming, une année de célébration culturelle de la diaspora écossaise. C’est aussi un an avant les élections britanniques de 2015 : les grands partis seront en plein débats et conflits, ce que le SNP espère sans doute mettre à profit.

Je ne peux pas résister.

Je ne peux pas résister.

L’élection aura lieu en octobre et sera supervisée par la Commission électorale britannique qui dépend de Westminster, une concession faite par le SNP qui souhaitait un encadrement plus local.- La question posée : Salmond espérait qu’il serait possible de financer une seconde campagne sur une seconde question relative à une plus grande dévolution (connue ici sous le nom de « devo max », option dans laquelle l’Écosse aurait droit une dévolution maximale des pouvoirs, avec un contrôle complet sur les décisions fiscales et politiques, tout en restant dans le Royaume-Uni, et en laissant toujours les questions de défense et d’affaires étrangères sous la responsabilité de Westminster) mais un compromis a dû être trouvé sur ce point : il n’y aura qu’une seule question.
Salmond a accepté de renoncer à cette deuxième question, mais la pression est forte sur Westminster, qui sait qu’après les élections de 2015, il faudra probablement faire des propositions sur une plus grande dévolution. La question qui a la faveur du SNP à l’heure actuelle est « Êtes vous d’accord avec le fait que l’Ecosse devrait être un pays indépendant ? », question critiquée par les opposants car jugée trop partiale car ne faisant pas référence à une sortie du Royaume-Uni de façon frontale ; certains suggèrent plutôt « L’Écosse devrait être indépendante et ne plus faire partie du Royaume-Uni : Oui-Non ». On est d’accord, ça pinaille sévère.

L’électorat : il s’agira d’une version élargie de ceux qui votent habituellement pour une élection parlementaire écossaise – citoyens britanniques résidant en Écosse, citoyens du Commonwealth résidant en Écosse, citoyens européens résidant en Écosse, personnes servant à l’étranger dans les forces armées ou les ambassades. Seront sans doute inclus (c’était un point de débat important que Westminster a finalement accepté) les électeurs de 16 à 18 ans. En revanche, les écossais vivant hors de l’Écosse (près de 800 000 semble t-il) ne pourront voter : ce serait trop compliqué de déterminer qui peut voter, et il est fait référence aux recommandations du comité des droits de l’homme des nations unies : un référendum basé sur un critère autre que la résidence serait sans doute critiqué à l’étranger.

Qui du résultat de l’élection et de la suite des événements ?
Si le SNP perd l’élection, néanmoins, un certain nombre de taxes seront dévolues à partir de 2016. Si le SNP gagne, en revanche, l’Écosse ne sera pas immédiatement indépendante. Des questions cruciales demeureront soumises à débat : la part de l’Écosse dans la récupération des dettes du Royaume Uni, le (trèèèès difficile) partage des champs de pétrole, les modalités de récupération des bases militaires et des bureaux d’institutions britanniques, etc. Cela pourrait faire l’objet de discussions jusqu’à 2016, et être soumis à ratification par l’élection parlementaire de 2016. Une période de transition devrait de toute façon avoir lieu pendant plusieurs années.

Non, ça n'a pas grand chose à voir avec notre sujet (encore que Sir Sean est un fervent soutien de l'indépendance), mais allez, pourquoi pas ?

Non, ça n’a pas grand chose à voir avec notre sujet (encore que Sir Sean est un fervent soutien de l’indépendance), mais allez, pourquoi pas ?

Quelques explications sur l’indépendance écossaises – 1

PREMIÈRE PARTIE : UN PEU D’HISTOIRE POUR SE METTRE EN JAMBES

Accrochez-vous, ça va être costaud.

Comme vous l’avez peut-être entendu ces derniers temps, l’Écosse va se trouver dans une situation inédite à l’automne 2014, puisque ses habitants vont être appelés à se prononcer sur une éventuelle indépendance de leur pays. C’est un événement important, assez complexe à saisir, et qui pose de multiples questions auxquelles je vais modestement (et sans doute fort mal) tenter d’apporter quelques éléments de réponse – si ça vous intéresse of course, hein, mais je me suis dit que ne pas entendre causer de contractions et de péridurale vous changerait un peu.

L’Écosse a été un pays indépendant jusqu’en 1707, plus ou moins. À partir du 16e siècle, les choses se sont un peu compliquées, notamment avec l’accession simultanée de James I aux trônes d’Angleterre et d’Écosse. Malgré cela, de fait, les deux pays restent distincts, même si l’Écosse est depuis fort longtemps un état en quelque sorte vassal de son énorme voisin anglais. Ce n’est toutefois qu’en 1707, donc, que les deux couronnes sont officiellement réunies, avec le traité puis l’Acte d’Union. Reste que cette union est contestée par beaucoup d’écossais dès le début du 18e siècle, les signataires de l’acte ayant « vendu » le pays à l’Angleterre étant accusés d’avoir été corrompus pour accepter le traité.

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Oh, une belle charte

Dès le début se pose la question que soulèvent encore certains aujourd’hui : qu’est-ce qu’être écossais ? qu’est-ce que l’identité écossaise ? Le pays est un patchwork de seigneuries, de souverainetés mal unifiées, avec au nord des Highlands plutôt épiscopaliens ou catholiques, fortement influencés par la culture d’ancêtres nordiques, régis par des codes propres ; au sud, les Lowlands sont de longue date anglicisés, dominés par les presbytériens depuis la Glorieuse Révolution de 1688, ouverts sur une Europe des Lumières très bien reçue dans la région. Le pays est aussi divisé quant à ce traité d’Union de 1707, qui voit donc le Roi d’Angleterre accéder à la souveraineté sur le pays ; les jacobites, descendants de rois catholiques écossais, tentent avec le soutien plus ou moins (plutôt moins en fait) actif de la France de reconquérir leur trône, en 1715 et 1745 notamment, mais sans succès.

Bref, le 18e siècle voit le pays apprendre à composer avec ce nouvel ordre. L’Écosse s’anglicise, s’ouvre sur l’Europe, se développe aussi à vitesse grand V, bien qu’elle reste vue comme un parent pauvre de ce qui deviendra peu à peu le Royaume-Uni. Il est intéressant de noter que dès cette époque, un mouvement appelle à une plus grande dévolution du contrôle des affaires écossaises (le « Home-Rule », qui réclame une assemblée dévolue aux affaires écossaises, située en Écosse) mais qu’il trouve alors peu de support. Ce n’est qu’en 1885 que le poste de secrétaire pour l’Écosse est créé en Angleterre, ainsi que le Scottish office, dédié aux affaires écossaises.

En 1921 est créé la Scots National League (très influencée par le Sinn Féin irlandais), qui demande officiellement l’indépendance de l’Écosse, puis en 1928 apparait le National Party of Scotland, dont l’objectif est d’obtenir un état indépendant et dont la majorité des partisans viennent du parti travailliste. En parallèle se forme le Scottish Party, plutôt d’origine conservatrice. En 1934, les deux fusionnent pour former le Scottish National Party (SNP), d’abord supporter du Home-Rule et qui plus tard demandera plus clairement l’indépendance. Le parti végète pendant un moment : les nationalismes européens dans l’entre-deux guerres et après n’ont pas bonne presse, et le parti peine à trouver un écho dans les médias.

Les années 60 et 70 marquent un tournant crucial : la décolonisation et la fin de l’Empire britannique remettent en cause aux yeux de beaucoup la raison d’être du Royaume-Uni, et l’unité impériale. Le SNP remporte son premier siège au Parlement britannique en 1967. Dans les années 70, on découvre de vastes réserves de pétrole en mer du nord au large de l’Écosse. Des campagnes fleurissent dans le pays, avec pour principal slogan « It’s Scotland’s oil », et revendiquant la possession de ces réserves qui devraient aider le pays, alors en pleine crise.

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En 1974, 11 parlementaires du SNP sont élus, et le parti gagne 30% du nombre total des votes exprimés en Écosse. À la même période, le SNP commence à revendiquer la création d’une assemblée écossaise, même si de nombreuses divisions existent dans le parti (certains voient la dévolution comme une étape nécessaire vers l’indépendance, d’autres pensent que la dévolution détournera le parti de ce but). Un referendum organisé en Écosse est organisé est le Oui l’emporte d’une courte majorité. Cependant, la condition requise (que 40% des inscrits votent oui) n’est pas remplie, trop peu d’électeurs s’étant déplacés. Malgré une intense campagne (« Scotland said yes« ), Westminster n’approuve pas le résultat du referendum, et le SNP retire alors son soutien au gouvernement travailliste. Une motion de non confiance est également votée et entraine de nouvelles élections, qui aboutissent à l’élection de Margaret Thatcher, l’arrivée au pouvoir des conservateurs, et surtout, la perte de nombreux sièges pour le parti SNP à Westminster : manoeuvre ratée, donc, à la fin des années 70 !!!

(Petit intermède musical pour souffler un peu et se refaire une santé avant la fin de l’article)

En 1997, le parti travailliste arrive au pouvoir en Grande-Bretagne ; après de longues discussions, un referendum a lieu concernant la Dévolution et la création d’un parlement écossais ; cette fois-ci 74,3% des votants sont pour (44,87% de l’électorat). Westminster est alors contraint d’approuver la création d’un parlement écossais élu, par le Scotland Act de 1998, qui aura dès lors le contrôle sur la plupart des questions domestiques (les questions dévolues). Le premier First Minister est élu en 1999 ; il s’agit de Donald Dewar, un travailliste. Précisons bien que l’Écosse dispose donc de son propre Parlement (que voici :)

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et de représentants (une soixantaine) élus au Parlement britannique. Soit un système de double représentation, avec des MPs (Members of Parliament, qui vont siéger à Westminster), et des MSPs (Members of Scottish Parliament, qui siègent à Edinburgh). Ils traitent de sujets différents, les premiers étant impliqués dans la discussion des sujets généraux du Royaume-Uni, les seconds ne traitant que de l’organisation interne de l’Écosse et des sujets dévolus.

En 2007, une nouvelle élection voit le SNP récupérer une courte majorité au Parlement ; la tenue d’un referendum sur l’indépendance fait déjà partie de leur programme, de même que pour l’élection de 2011, où ils obtiennent cette fois la majorité absolue, sous le leadership d’Alex Salmond, First minister de l’Écosse.

YEAR Review Politics 42

Avec cette majorité, la tenue du referendum devient inévitable, et le SNP en promet la tenue pour la fin de son mandat, vers 2014 ou 2015…. (tadah, c’est-y pas plein de suspens, hein ???).

En attendant Godot…

Rien à l’horizon. On est à J-2, et rien. Alors, je sais bien, J-2, c’est pas J, mais comme j’en ai passablement marre maintenant, je compte les heures. Et la sage-femme m’a dit qu’il avait pas l’air du genre pressé, donc, ben j’attends. Pas la peine de m’appeler / textoter des « alors ??? », alors rien. Attendez. J’ai essayé la bouffe épicée, faire les vitres, passer l’aspirateur, marcher, monter les escaliers, j’ai même scié et vissé des morceaux de bois pour fabriquer un sommier, hier. Rien à faire. Le gremlin a l’air à l’aise DEDANS. Faut dire qu’il neige, ici, ça le tente peut-être pas des masses, c’est son côté bébé du sud ouest de la France qui ressort ?

Il est pourtant temps d’en finir, je sens bien que les hormones font n’importe quoi, là, je veux dire, être au bord des larmes deux fois en regardant Le roi lion, que je connais pourtant par coeur, c’est pas bon signe (et même pas quand Mufasa meurt, c’est dire).

Pour m’occuper, je suis en train de vous pondre une série de notes qui devraient vous éduquer passablement, bande de moules, et vous permettre de tout savoir sur l’indépendance écossaise qui sera ou ne sera pas en 2014. De rien, ne remerciez pas, et en plus, ça me permet de mettre du propre dans mes notes et mes idées à ce sujet. La première demain, donc (sauf si Jean-Kévin se décidait, là, mais j’y crois moyen !).

Un petit dernier avant 2013

Ouep, un petit dernier pour la route, parce que 1/ ça me permet de publier ici le 200e article de ce blog avant la nouvelle année (tsointsoin), 2/ on ne sait pas trop ce qui va se passer une fois que le monstre sera arrivé, pourrai-je jamais encore approcher un écran et un clavier, hein, alors profitons-en ? 3/ les mayas avaient tort, on est vivants, faut fêter ça les aminches.

Cela dit, je suis forcée de reconnaitre qu’il va falloir que je tire tout ça par les cheveux car il y a peu de nouveautés. D’abord, ça a beau être les fêtes, tout ça, ben, le White Christmas on l’attend encore, hein. On se croirait à Dunkerque en plein novembre, depuis trois semaines, c’est vous dire. Pas vu un rayon de soleil depuis des jours et des jours, ça pleut, ça brouillarde, ça fait des journées ridiculement courtes (il fait assez clair pour se passer de lumière vers 9h, et on rallume tout à 16h, cool)… bref, il fait dreich.
Hop, attention, minute semi-culturelle pour apprendre un mot de Scots fort utile (LE plus utile, même), « dreich » donc (à prononcer « drich » avec un « ch » très chuintant), qui veut dire, selon le Urban Dictionary : « un temps à la fois maussade, couvert, bruineux, froid, brumeux et pourri. Quatre des adjectifs susmentionnés au moins doivent s’appliquer audit temps pour qu’il soit réellement dreich ». Illustration :

MistBay
Facile, nous, les adjectifs, on les a tous, là. C’est dreich de chez dreich. Les mots naissent d’un besoin, parait-il, genre, vous savez, les esquimaux et leurs 365 mots pour décrire le blanc autour d’eux et ses nuances. Bon ben les écossais, ils ont eu besoin d’un mot pour dire ‘temps maussade, couvert, bruineux, froid, brumeux et pourri ». Ça vous donne une idée assez précise de la réalité (et oué, moi aussi je suis maussade et je grommelle parce que j’ai envie de soleil, là, ma vitamine D se barre à vitesse grand V).

Bon, et je grommelle doublement parce que, on m’avait prévenue mais Seigneur que c’est vrai !, les dernières semaines de grossesse, pffffff ! (J’avais juré que ce blog ne deviendrait pas un blog spécial gros ventre, mais j’ai un peu perdu la ligne éditoriale en cours de route, désolée, c’est que ça m’obsède pas mal, cette affaire, vous me comprendrez j’espère). Certes, je ne devrais pas me plaindre, ma grossesse ayant été un chemin pavé d’or, de Milky Ways et de Bountys, bordé de roses et de jasmin, avec plein de petits oiseaux me sifflant la chanson de Blanche-Neige tout le long. En gros. Mais là, c’est long. J’en ai marre. Ça suffit. J’ai compris le truc, maintenant. Je peux cocher la case « enceinte » sur le grand bingo de la vie (c’est beau non ?), j’ai fait, j’ai compris, j’ai apprécié, merci beaucoup, ça c’est fait, maintenant on passe à autre chose.

L'Homme devait mettre de plus en plus de bonne volonté pour nourrir sa tendre mais peu mobile épouse.

L’Homme devait mettre de plus en plus de bonne volonté pour nourrir sa tendre mais peu mobile épouse.

Ah, et qu’enfin, ceux qui se tracassaient se rassurent : les futurs parents indignes que nous sommes ont enfin (presque) décidé d’un prénom pour leur petit(e) héritier(e), après 8 mois et demi à repousser l’échéance. Je dis presque car il en reste encore deux en lice pour chaque sexe, mais franchement, y a pas du progrès là ?? (et au passage, Jean-Kévin et Robiette n’ont pas passé les éliminatoires, désolée pour les auteurs de ces brillantes suggestions). Encore un peu de patience et on saura enfin si nous avons un petit Fairfax ou un petite Cléophane (non je déconne, hein, on est bien d’accord ?).

Sur ce, comme demain, c’est le 31, je vous souhaite un bon dernier jour de l’année 2012, une bonne soirée pleine de champagne et de mets délicieux, du rire et des chansons comme la radio, et je vous donne rendez-vous en 2013 !

 

Rétrospective avant la fin du monde

Eh oui, mes pauvres amis, demain, je vous rappelle que c’est la fin du monde, et qu’à moins que vous n’ayiez réussi à réserver un mètre carré sur le pic de Bugarach, nous allons tous mourir. Ce qui me fait penser que vraiment, c’était bien la peine de m’embêter à avoir mal au dos pendant des mois en tombant bêtement enceinte alors que j’aurais dû profiter de ces derniers instants de répit pour vivre comme s’il n’y avait pas de lendemain.

Mais non, j’ai vécu normalement ces derniers mois, et pour figer à jamais dans les entrailles d’Internet (qui ne disparaitra peut-être pas avec nous ?) cette dernière année, j’ai fait un diaporama (ouéééé, youhou, c’est l’avantage du congé mat’, je peux passer une matinée en jogging avec le cheveu sale et plein de café, à faire des diaporamas, c’est-y pas merveilleux ?).

Ecco, donc.

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Je n’en finis pas de m’interroger…

Taux de péridurales en France : 60 à 70% (aux USA, c’est fou, c’est 90% !).
Taux de péridurales en Grande-Bretagne : un peu moins de 30% (et non, ça n’a rien à voir avec le fait que l’Écossaise est une créature robuste, venue du nord, où l’on n’est pas des mauviettes et l’on accouche au milieu des moutons dans la lande !).

Taux d’allaitement à la naissance en France : 50%
Taux d’allaitement à la naissance en Grande-Bretagne : 70% (ok, on est loin de la Norvège et de ses quasi 100%…).

Taux d’allaitement à 3 et 6 mois en France : 15 et 0%
Taux d’allaitement à 3 et 6 mois en Grande-Bretagne : 30 et 20%

Sur la césarienne, c’est kif-kif, autour de 20% partout.

Hormis la question de l’allaitement à 3 et 6 mois, facile à régler (une question de durée de congé maternité, tout simplement), je me demande comment deux pays à peu près similaires arrivent à des taux si différents.