Archives de Catégorie: Vaguement bibliothéconomique

La petite musique de la semaine – 02

Cette semaine, non ne me remerciez pas vous allez le garder collé en tête pour quelques jours :

J’ai une grande affection pour Abba. Franchement, on ne peut pas écouter Super Trouper ou SoS sans avoir envie de danser. Et si c’est votre cas, vous êtes sans doute quelqu’un de suspect et peu recommandable.

Depuis que l’Homme a commandé l’album Gold sur Amazon, je fredonne Super Trouper quotidiennement. Regardez cette merveille de vidéo, tout y est : la robe à épaulettes et fente sooooooo 70s turning 80s, la choucroute, le maquillage jusqu’au sourcil, le PULL À GROSSES FLEURS, et puis… « super-per, trouper-per », quand même.

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Dites non à la drogue

Via le très sympathique blog Awful library books, j’ai découvert LE livre que je voudrais avoir à mon chevet, forever.

Le vilain cheval Latawnya se laisse embobiner par ses camarades. Il boit, fume de la drogue, et se sent mal, forcément. Bien fait pour lui.

Vous aussi, comme Latawnya, dites NON à la drogue.

PS: je sais, on est loin de l’Ecosse, là, mais ça m’a tellement fait rire…

Il etait une fois…

Une fois n’est pas coutume, je ne vais pas vous parler montagnes, randos et paysages splendides quoiqu’humides. Non, aujourd’hui, je vous raconte mon expo.

C’était en effet l’un des objets de mon stage, monter une petite exposition dans le hall de la bibliothèque. C’était ma première et forcément, j’étais enthousiaste. Je le suis toujours, mais maintenant que je sais comment ca se passe, je également prudente.

Ayant toute liberté dans le choix de l’expo, je me suis naturellement tournée vers le XVIIe siècle, période que je connais bien puisque c’était le cadre de ma thèse. Mais « la littérature du XVIIe », c’est un bien vaste thème pour une expo dont (c’était la commande) l’ampleur était limitée à… une quinzaine de livres ! J’ai donc restreint, après recherches dans le catalogue, aux contes de Perrault. Pourquoi ? La forte présence de l’auteur, dans plusieurs langues, et dans des éditions de toutes les époques, était un bon argument. Par ailleurs, qui dit contes dit éditions illustrées, jolies, rigolotes, animées, bref, plus sympa qu’une expo des éditions de Kant ou de rapports du Ministère des transports.

Oh de jolis livres en couleur !

Oh de jolis livres en couleur !

Je suis partie avec la perspective de deux vitrines, soit environ 15 livres. Puis on m’en a retiré une. Soit 8 livres maxi. Allez réfléchir à un ensemble de livres cohérent et significatif, avec ca! Allez trouver un angle d’approche, une ligne directrice… Puis on m’a redonné la vitrine. Puis il s’est avéré qu’elle était cassée, et qu’on allait peut-être la réparer. Bref, pendant deux mois, il a fallu jongler avec les incertitudes, et monter une expo de huit a quinze livres ce qui, croyez le ou pas, n’est pas du tout la même chose. Rendons hommage à mon directeur, cela dit, qui s’est battu avec l’administration pour que cette foutue vitrine soit réparée (parce qu’au fond on s’en fout de l’expo de la stagiaire), ainsi qu’aux trois malheureux messieurs de la boite-qui-repare les vitrines, qui ont monte ce meuble lourd comme un baudet mort sur deux etages, pour cause d’ascenseur en panne depuis un mois et demi.

Bref, malgré les petites contrariétés, j’ai monté mon petit schmilblik, quinze éditions de Perrault publiées entre 1895 et 1995. La première vitrine est consacrée à l’âge d’or de l’illustration des livres pour enfants, en gros le premier quart du XXe siècle, la seconde aux soixante quinze années suivantes.

Mon prefere... un Barbe Bleue en anglais de 1895, illustre et orne a chaque page. Je l'aime tellement que j'ai eu le bonheur d'en trouver une sur la table de la maison le jour de mon anniversaire.

Mon prefere... un Barbe Bleue en anglais de 1895, illustre et orne a chaque page. Je l'aime tellement que j'ai eu le bonheur d'en trouver une sur la table de la maison le jour de mon anniversaire.

J’ai choisi des livres en anglais, bien sur, mais aussi en français, en allemand, en espagnol et en gallois. On trouve quelques éditions bilingues, un pop-up (fermé malheureusement, faute de place), deux ou trois éditions assez rares aveec des illustrations sublimes d’Edmund Dulac ou de Harry Clarke, des trucs super rigolos des années soixante dix… un régal à organiser ! Le truc chouette avec ce genre de boulot, c’est que tu pars de zéro et que tu apprends plein de choses à vitesse grand V pour rédiger des cartels et un texte explicatif pertinent ou, en tous cas, correct et pas trop à coté de la plaque… Bon, le truc, c’est que d’autres contretemps m’ont un peu mise en boule, comme l’inondation qui a rendu le service de reprographie partiellement inactif pendant un moment, et qui a mobilisé les conservateurs et restaurateurs, du coup trop occupés pour me préparer des jolis présentoirs en plexiglas (car on ne rigole pas, ici, tous les présentoirs sont uniques et fait main, non mais). Il a donc fallu deux mois et beaucoup de patience pour voir enfin mes livres mis en place dans les vitrines. Faire fonctionner plusieurs services simultanément, obtenir des autorisations, des avis, des corrections*, attendre que les choses se fassent en définitive, eh bien, ce n’est pas si simple. Mais le jour J, quand je suis allée chercher mes bouquins montés sur leurs élégants socles, et que je les ai effectivement placés dans leurs vitrines, juste en face de la salle de lecture (un endroit stratégique fort intéressant, tout le monde s’arrête. Je savais que l’effet « couverture en couleur » jouerait son rôle !), quel plaisir, quelle fierté, même pour si peu !

 

Et voila !

Et voila !

* Un grand merci à mon correcteur particulier qui a relu quatre ou cinq fois mes cartels et mon texte, montrant plus de pugnacité que moi à traquer la faute et à composer des phrases belles et harmonieuses.

Efficacite

Ce matin, je faisais office de traductrice entre mes ecossais et une equipe de conservateurs francais venus pour etudier les methodes locales en matiere de rationnalisation de l’espace. En gros : on a plus de place, ca deborde de partout, on peut plus faire rentrer de livres, comment c’est-y qu’on fait pour que ca rentre quand meme ?

Ici, ils ont cree une mission chargee d’etudier le probleme, et d’y apporter une solution (pas miracle helas, au bout d’un moment, a part pousser les murs, ils pourront plus faire grand chose). Et je dois dire que c’est interessant : ils changent la taille des etageres, deplacent les bouquins pour faire des economies de place sur la hauteur, ils rajoutent des rangements la ou l’espace etait betement perdu, ils font leurs boites eux-memes presque sur mesure (economisant par ailleurs 2/3 des anciens couts), ils recotent, etc. etc. Je pourrais vous en parler des heures tant ca m’a fascinee, mais bon.

Toujours est-il que ca marche bien, donc. En six mois, ils ont bouge (a la main, concretement, hein, y a pas d’elfes de maisons pour le faire) huit kilometres de documents et cree deux kilometres d’espace nouveau. Soit.

La ou c’est absolument fabuleux (et je pese mes mots) c’est que pour bouger ces 8 kilometres de bouquins, ils sont… deux et demi ! Deux types et un mi-temps. Il y a aussi le manager du projet qui pilote le tout et qui de temps a autre paye aussi physiquement de sa personne, mais globalement, voila, y a deux types et demi qui se cognent ce boulot.

Les francais etaient eperdus d’admiration et en bavaient sur leurs chaussures. Que deux types et demi fassent TOUT ce boulot, aussi VITE, aussi BIEN (vous verriez les magasins…), sans se plaindre, et en etant de bonne humeur, ca les a scie. La ou ils sont, ils sont plus de dix et ca avance pas pareil, manifestement…

De la bibliotheconomie, encore

J’aime bien aller m’occuper des bouquins arrivés par dépôt légal* le jeudi matin avec Dora.

C’est un boulot pas compliqué – c’est peu de le dire : nous vérifions les livres de la semaine (deux ou trois chariots), séparons ceux qui viennent de Grande-Bretagne et ceux qui viennent d’ailleurs (car pour des raisons compliquées, beaucoup d’éditeurs, américains notamment, déposent ici) et vérifions s’ils ont déjà déposé auparavant. Si oui, RAS ; si non, ils deviennent claimable et tout livre publié chez eux qui intéressera la bibliothèque et ne sera pas déposé automatiquement fera l’objet d’une réclamation.

C’est donc un boulot a priori peu exaltant et très rapide (à nous deux, une demi-heure par semaine) mais le fait de pouvoir toucher des livres est un fait assez rare dans le métier de conservateur pour mériter d’être apprécié. Surtout, l’on voit de tout, du manuel de physique quantique au gros livres d’images bariolées pour bébé, en passant par les romans à l’eau de rose, les trucs louches genre « éveil personnel et développement de votre fleur intérieure » (vous n’imaginez pas la proportion de bouquins de ce genre, c’est dingue), les sérieux ouvrages d’histoire, les romans autoédités et surtout, mes préférés : 36 volumes de Warhammer, joints à une série spéciale « Seigneur des anneaux – peindre ses figurines soi-même », le tout en… anglais, espagnol, allemand, russe, français et italien !

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Les bibliotheques sont merveilleuses.

 

* Pour les non-initiés, le dépôt légal est la disposition qui oblige les éditeurs du pays concerne à donner un ou plusieurs exemplaires de tout livre qu’ils publient à l’une des bibliothèques dépositaires – la bibliothèque nationale principalement mais pas exclusivement. En Grande Bretagne, lesdites bibliothèques en question se trouvent à Londres, Oxford, Cambridge, Cardiff, Dublin et Edimbourg, ville qui va d’ailleurs prochainement héberger l’agence pour le dépôt légal après des années à Londres.

 

Note bibliotheconomique a l’intention des passionnes

J’avais commence a repondre a Mandragore et Pierre Ageron dans les commentaires de une note precedente, et puis, le commentaire devenant fleuve, je me suis dit qu’une note s’avererait plus lisible. Desolee, pour ceux que le monde des bibliotheques laisse indifferents, de ce petit interlude (promis, demain, je vous parle de haggis et de kilts).

Mandragore, j’admets avec honte que je n’etais pas familiere de Vieilles Maisons Francaises, du tout. Et que mon a priori envers ledit journal vient sans doute du fait que je trouvais son nom peu… engageant.  Je crois que je vais militer aupres de mon directeur de stage pour le garder cela dit (je suis mon sure de mon coup en revanche pour les « cahier des amis de Jacques Riviere et Alain Fournier »).

La methode pour arriver a ce resultat ? Eh bien, pas mal de tatonnements a vrai dire, surtout au debut (encore une fois, si j’avais mieux ecoute en cours… et puis je ne suis pas encore bien familiere des outils locaux).

Pour verifier l’etat de la collection a la NLS, facile, j’ai utilise le catalogue, pas trop mauvais (leur catalogue a juste deux problemes : il est tres moche -pour un catalogue d’anglos-saxons, s’entend- et il est fache avec les autorites matieres – pour le coup en RAMEAU on fait bien mieux).

Pour reperer ce qui se trouve dans les autres bibliotheques de recherche, il existe le SALSER (http://edina.ac.uk/salser/) une antenne du site EDINA (http://edina.ac.uk/). Le SALSER est un catalogue collectif des periodiques conserves dans les bibliotheques ecossaises (ce qui repond a votre question, Pierre ?). Hormis des criteres de recherche un peu aleatoires (il n’aime pas toujours les accents, ce qui est ennuyeux en francais, et il prend parfois en compte les determinants, mais parfois non, et de facon arbitraire – en gros, les catalogueurs manquent un peu d’harmonisation) c’est un bon outil, qui m’a permis d’etablir l’etat des collections dans les differents etablissements – et decouvrir que la plupart d’entre eux ont arrete de collecter des periodiques francais depuis belle lurette.

En ce qui concerne l’existence ou non de versions electroniques des journaux, ca a ete plus galere. J’ai tente des choses un peu vagues (http://journalseek.net/) pour un premier apercu, forcement incomplet et vague. Les bases de donnees accessibles depuis la bibliotheque ont ete precieuses (EBSCO notamment, qui m’a fourni l’essentiel des informations necessaires sur les journaux, ceux qui existent sous format electronique, ceux qui proposent des archives consultables en ligne etc.). Un petit tour sur Jstor a complete les donnees manquantes. Ah, et Google, mais en dernier ressort pour une fois, ce qui est rassurant ! Pour la France, c’est CAIRN qui offre le plus de choix, mais sous forme de « packs » pre-etablis – pas de souscription par titre.

Le probleme dans cette recherche, c’est que je cherchais des titres de periodiques en francais et en sciences humaines. Deux secteurs ou l’electronique n’a pas encore vraiment pointe son nez…

Ca repond a vos questions ?

Periodiques, catalogues et autres

Ces jours-ci, nouveau boulot au département des collections étrangères. Comme il faut bien m’occuper pendant trois mois, et que je travaille trop vite au gout de mon directeur de stage (sans rire ! ca l’ennuie beaucoup, il doit se creuser la tête pour que je « ne m’ennuie pas… » – moi, s’il faut, je veux bien partir plus tôt, hein, j’ai plein de coins a aller visiter, de tartes a concocter ou un nouveau joujou a chouchouter ), il m’a collée sur un projet a priori rébarbatif au possible et qui aurait du me coincer devant l’écran pendant trois semaines très précisément (en gros, jusqu’à son retour de vacances quoi).

Arf arf. C’est pas pour me vanter, mais je vais torcher ca en deux. Voila. Accrochez-vous, vous allez peut-etre bailler. Je suis sensée, a partir de la liste des périodiques français acquis par le département, déterminer si 1/ d’autres bibliothèques écossaises les achètent aussi 2/ si leurs collections sont substantielles 3/ les séries de la NLS sont a peu près exhaustives 4/ il existe une version numérique dudit périodique, et pour quel prix. Le tout, bien sur, pour décider de QUELS périodiques on peut se débarrasser, car les temps sont durs ma bonne dame.

Dit comme ca, on a envie de se tirer une balle. J’ai frôlé la lassitude, je l’admets, la semaine dernière, malgré mon amour sans borne pour les tableurs Excel (oui j’adore ca, je rangerais ma vie dans des lignes et des colonnes si on me laissait faire). Mais au fond, c’est instructif (si j’avais mieux suivi les cours, j’aurais gagné encore plus de temps cela dit), pas désagréable (je passe mon temps sur Internet, en gros, mais pour de bonnes raisons, ca change), intéressant (je connais sur le bout des doigts les collections françaises de cette bibliothèque croyez moi) et souvent drole (bon, pas a se feler une cote, hein, je me bidonne pas non plus toute seule comme une loutre, mais enfin…). J’ai ainsi decouvert des journaux absolument ahurissants, comme Vieilles Maisons francaises. Qu’est-ce que ca fait dans une bibliotheque nationale me direz vous ? Sais point. D’apres le coup d’œil jeté a leur site, c’est plus sérieux qu’il n’y parait. Mais laissez moi vous dire que aucune autre bibliotheque universitaire ici ne recoit Vieilles maisons francaises – et ca n’existe pas non plus en version électronique d’ailleurs.

On se vautre aussi dans les vices des catalogueurs, en comparant les notices produites par les différentes bibliotheques. Celui de Stirling est de toute évidence un feignasse consommée, ses notices sont le strict minimum, titre, éditeur, ISSN, basta. A Glasgow en revanche on doit trouver une équipe de psychopathes qui te font des notices comme ca.

Enfin bref, quelle grosse marrade !
Demain je vous parlerai du Dépot légal. Si.

Brrrr !

Eh ben, Gustave Doré, quand on lui demande d’illustrer Le Petit Poucet, il y va pas avec le dos de la cuiller…

Sans vouloir deflorer le suspens, il va se passer un truc gore, la.

Sans vouloir déflorer le suspens, il va se passer un truc gore, la.

On voit de ces choses, dans les livres pour enfants !

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Je ne sais pas si je vous ai dit en quoi consiste mon travail ici.

Je suis stagiaire, ce qui signifie a priori que je suis taillable et corvéable à souhait. Par chance, les bibliothèques ne sont pas des lieux où l’on vous demande d’aller le faire le café – parce que ça pourrait tacher les livres. Par chance encore, étant déjà venue, je suis un peu connue dans la maison et j’ai une espèce de statut intermédiaire entre la stagiaire-à-tout-faire et l’employée-payée.

Outre les quelques visites de service –je suis là pour apprendre et découvrir, tout de même-, je m’entraîne à l’acquisition d’ouvrages, et j’ai la chance de pouvoir monter une mini expo à l’entrée de la salle de lecture. Quand je dis mini, c’est mini, deux vitrines et vingt livres et basta. MAIS, chance, je suis libre sur le sujet et je procède à ma guise. En clair, la voie est royale bien qu’étroite.

Ayant découvert que, pour des raisons qui m’échappent encore, Charles Perrault était un auteur français extrêmement représenté dans les collections, j’ai décrété que j’exposerais du livre de contes. Pourquoi ? Tout le monde connait, c’est illustré, il y a de la couleur, on peut dire plein de choses dessus.

Surtout, la bibliothèque possède un tas de traduction dans plein de langues pas possible (Laure j’ai pense a toi, il y a une magnifique édition illustrée par Gustave Doré et traduite… en danois.Tu seras ravie d’apprendre que Cendrillon se dit Askepot). Notamment en Welsh, et là, je suis heureuse. J’ai toujours rêvé d’exposer un livre dont le titre comporte des mots sans voyelles. C’est chose faite désormais, grâce à l’édition galloise « Y Rhiain Gwsg ».

Et je vous laisse méditer sur les derniers mots de cette belle histoire : A bu fyw’r Tywysog a’r Dywysoges yn llawen byth wedyn.