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Le Kid a trois mois, tiens.

Or donc j’ai repris l’heureux et enrichissant chemin du travail. Joie, épanouissement. Ça m’a menée, déjà, à reprendre l’avion et à recommencer les aller-retours vers notre bonne vieille capitale, et à abandonner mon pauvre enfant (larmes et sanglots). Par chance, Le Kid a la chance 1-d’avoir un père qui sait ce qu’il fait et qui aime ça, 2-d’être devenu la mascotte de sa crèche (ben OF COURSE j’ai envie de dire, vous avez vu comment il est TROP BEAU mon fils !). Mais enfin, un truc que la Leche League ne te dit pas clairement quand elle te vend l’allaitement au sein à grands coups de « c’est meilleur pour ton enfant et si tu ne lui donnes pas le sein il aura probablement un QI de moule plus tard », c’est que t’éloigner du petit pendant 48h signifie qu’il vaut mieux pas oublier ton matos de junkie, i.e. la jolie pompe qui va bien et les coussinets anti-fuite (oui, glamour). Sinon, tu peux être sûre de fuiter en plein milieu de la réunion, ce qui fait un peu tache face à tes chefs tu en conviendras (et je ne te parle pas de la douleur au bout de 24 heures).

Ah, et une mise au point ; j’ai l’impression que mes notes précédentes, empreintes d’un ton vaguement cynique et moqueur parce que c’est la mode d’écrire comme ça sur Internet, ont pu masquer le fait que eh, non mais allô quoi, bien sûr que c’est super chouette d’avoir un bébé ! Oui, c’est dur, oui, c’est TRÈS dur parfois, oui ça change tout (ça me fait rigoler d’avoir pu dire ‘nan, mais je resterai la même hein, ça changera pas grand chose à ma vie’ à un moment : hello, la sotte, si on veut pas que sa vie change, faut pas faire d’enfant ! même avec la meilleure volonté, ça change TOUT, mais ça veut pas dire que c’est pas bien, c’est juste différent), mais c’est très temporaire, et c’est absolument fabuleux. C’est tellement chouette que ce n’est pas facile d’en parler avec délicatesse et pudeur , même à des gens qu’on connait, parce qu’on a vite l’air guimauve et que c’est difficile, sans beaucoup de talent, d’expliquer à quel point c’est merveilleux. Donc je me rabats sur la blague et les grognements, parce que hey, c’est ce que je fais de mieux, râler (d’ailleurs faudra que je vous reparle de la façon dont Le Kid, après nous avoir fait sournoisement croire qu’il faisait ses nuits, a décidé que non, finalement, on allait remanger à minuit, 4 heures et 6 heures toutes les nuits, juste pour voir plus souvent les jolies valises Vuitton que maman a sous les yeux).

Sur ce, je vais chercher la mascotte à la crèche – c’est à la fois génial de savoir qu’il est ravi, ne pleure pas, joue, mange comme si de rien n’était, et en même temps un peu frustrant : genre, eh oh, c’est MOI ton adulte familier, et je ne te manque même pas ???

 

Neige à la Saint Vincent, marmot reste dedans

Ou encore, « Neige au balcon, bébé dans le bidon ».

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Rien à faire, cet enfant n’est manifestement pas intéressé par le monde extérieur. Soit il a peur du conflit au Mali, soit il ne veut pas sortir tant que le mariage gay ne sera pas légal, soit il préfère juste rester au chaud… Alors j’attends, en regardant la neige (et y a de quoi faire).

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C’est long.

Préparation au plus beau jour de ma vie

Ce matin avait lieu la première séance de préparation à la naissance. Quatre cours, sur quatre semaines, en perspective, aux titres aussi alléchants que « les différents stades de l’accouchement », « gérer la douleur », « nourrir son bébé » et « devenir une famille » (celui-là me laisse perplexe).

D’après ce que m’ont dit quelques personnes bien informées, ayant vécu une grossesse écossaise et une grossesse française, les « cours » sont très différents d’un pays à l’autre ; ici c’est très théorique, on parle de ce qui va se passer, et voilà, alors qu’en France, il semblerait qu’on soit un peu plus ‘pratique’ et qu’on t’apprenne des techniques de relaxation, de respiration, que sais-je encore ?

La première impression que j’ai eue, en arrivant au centre médical avec l’Homme, c’est que c’est cool de pas être trop grosse à la base ; toutes mes collègues de cours étaient d’un format assez imposant qui masquait pour certaines le fait qu’elles étaient plus enceintes que moi. Mais c’était ma minute méchante. L’Homme aussi a méchant, il a dit « common people are fat ».

Impression générale, en sortant du cours : tu n’apprends pas des masses de choses pour peu que tu aies lu un minimum (et pourtant Dieu sait qu’à part lire le manuel (ma foi fort complet et attrayant) fourni par le NHS, et faire quelques recherches complémentaires par curiosité, j’ai pas fait de zèle). Je ne m’attendais pas à une révélation subite (« BON SANG MAIS C’EST BIEN SÛR, c’est comme ça qu’il faut faire pour PAS avoir mal »), mais bon. J’ai pris consciencieusement trois lignes de notes (partir à l’hosto quand on a une contraction d’une minute toutes les 3-5 mn environ ou quand on n’est plus capable de faire des phrases sensées pendant les contractions), regretté de n’avoir pas d’Iphone car il existe une appli minutant tes contractions et t’indiquant quand il est temps de décoller, et admiré la tête des hommes qui entendaient parler pour la première fois de bouchon muqueux et de périnée.

Sinon, j’ai bien compris comment tout va se dérouler, grâce aux conseils avisés mais à décoder subtilement :

  • « Vous y arriverez, toutes les femmes sont faites pour donner la vie » (passons sur le traditionnel « femme = mère en puissance ») = « pas de jérémiades bande de moules, si les autres l’ont fait, vous le ferez aussi, et en plus VOUS vous pouvez avoir une péridurale alors ça suffit » (si j’étais sage-femme, je la jouerai GI Joe et je motiverais les troupes).
  • « Vous aurez mal oui, mais bon, vous oublierez vite après » = « vous allez avoir mal. Très mal. Tellement mal que vos neurones en grilleront et que vous ne vous souviendrez plus clairement, après. Parce que la nature est bien faite : faut que les femmes ne soient pas capables de dire aux autres à quel point ça fait mal, sinon, ça fait longtemps qu’on serait une espèce éteinte ».
  • « Ce sera le plus beau jour de votre vie » : si je puis me permettre de citer Florence Foresti : « si c’est ÇA le plus beau jour de ta vie, putain, c’est quoi ta vie le reste du temps ? » (mais allez, j’y crois fermement, ce sera le plus beau jour de ma vie, une fois passée la phase qui fait mal et qui tache).
  • « Il y a de nombreuses solutions pour vous aider à gérer la douleur, et à vous aider à aborder sereinement cet événement : le « gas and air », un mélange qui vous aide à gérer la douleur mais donne un peu le tournis, les électrodes, la petite piqûre de morphine, le bain bien chaud… » = « il existe plein de solutions bizarres et pas du tout efficaces pour vous donner l’impression que vous pouvez essayer d’avoir moins mal : vous shooter au « gas and air », vous shooter à la morphine, vous électrocuter, faire la baleine, ahaha, ça ça ne devrait pas être trop dur ». Une des nanas présente avait déjà eu un bébé, et testé les électrodes et le gaz ; sa conclusion : les électrodes, ça marche un tout petit peu au tout début, le gaz, que dalle.
  • « On peut aussi écouter de la musique pour se relaxer » a dit un futur papa = « cours vite acheter des disques de Patrick Fiori et de Coldplay, ça devrait tellement t’énerver et te faire râler que tu oublieras la douleur« .
  • « Bon, et il y a la péridurale ; mais attention, il y a  des mauvais côtés, vous devrez rester allongée » = « c’est ballot, vous ne pourrez pas faire un petit footing ou une course de fauteuil roulant dans les couloirs de l’hosto ».
  • « Les papas sont indispensables, ils sont là pour rassurer la maman, l’accompagner, être présents, être à deux dans ce beau moment, ils peuvent lui tamponner le front, lui apporter à boire et à manger, lui faire des massages de dos, l’écouter, lui parler » = « les papas sont totalement largués pendant les interminables heures où vous allez souffrir, rager, hurler, jurer ; ils ne peuvent rien faire pour que ça aille mieux, et en plus tout ça c’est de leur faute. Faites-les assister à la totale pour qu’ils se souviennent bien à l’avenir comment VOUS vous avez morflé alors qu’eux, à part vous verser un verre d’eau et régler le thermostat, ils ont rien vu venir ; ça pourra servir dans les disputes ».

Bien entendu, tout ceci n’est que mauvaise foi et la marque de mon angoisse profonde dissimulée sous une ironie mal dégrossie 🙂

On y est presque !

Deux semaines et deux jours ! Et ensuite, youpie, congé maternité !

Je n’en peux plus d’attendre. J’avais prévu de peut-être repousser l’échéance jusqu’au congé de noël, mais d’une, il est temps de dire stop au boulot qui craint, et ensuite, cela aurait fait coincider le début de mon congé mat avec le 21 décembre 2012. Et associer l’idée de maternité à celle de fin du monde me semble un mauvais présage !

Non, dans deux semaines, à moi la lecture, les balades dans les feuilles gelées, et la préparation de la chambre et des vêtements de bébé. Can’t wait.

Grossesse en France vs Grossesse en Écosse, 2e partie

LE SUIVI MÉDICAL

Je parle en théorie, et sous le contrôle de personnes ayant une meilleur connaissance du sujet que moi, of course !

Découvrir qu’on est enceinte

En France : tu fais pipi sur ton petit bâton acheté un bras, puis tu prends rendez-vous pour confirmer la chose par un test sanguin.

En Écosse : tu fais pipi sur ton petit bâton acheté un bras, puis… c’est tout. Tu prends rendez-vous pour un premier rendez-vous avec la sage-femme pour environ la 8e semaine. Pas de test sanguin pour confirmer : a priori, les tests urinaires sont fiables de toute façon, non? Et rien avant huit semaines, à cause des risques de fausses couches précoces.

Le corps médical

En France : si j’ai bien compris, tu es suivie par un gynécologue ou au moins un médecin, à chaque étape.

En Écosse : tu es suivie par une sage-femme, et uniquement une sage-femme. Tu rencontres des infirmières pour les tests sanguins (mais on va en reparler) et un médecin lors des échographies, et éventuellement si ta grossesse est problématique. J’imagine que ça arrive assez fréquemment. Comme j’ai une grossesse de rêve (ze class forever !), je n’ai de rendez-vous qu’avec la sympathique Patricia, ma sage-femme attitrée, point barre.

J’ajouterais que (encore une fois, ne connaissant pas le système français, je n’ai pas une vue claire et globale de la situation) je trouve ce système très agréable. Certes, j’ai de la chance, et je suppose que si j’étais malade, que j’avais le moindre problème, j’apprécierais grandement avoir un suivi très médicalisé. Mais je vais bien, merveilleusement et sansuncouackement bien, donc, pourquoi m’embêter avec un médecin et plein de tests déplaisants ? Au moins, l’adage qui dit que « la grossesse n’est pas une maladie » est clairement appliqué ici ! Seul inconvénient : je ne poireaute jamais 3 heures dans la salle d’attente car le gynéco a un retard de dingue ; du coup, je n’ai jamais le temps de finir les magazines de ragots, nul.

Les examens

En France:

Un examen pendant le premier trimestre, puis un par mois (soient 5), avec systématiquement semble t-il, surveillance du poids, de la tension artérielle, mesure de l’utérus, toucher vaginal, écoute du coeur du bébé et recherche de sucre et de protéines dans les urines.

Trois échographies.

Si test de toxo négatif en début de grossesse, prise de sang à chaque fois.

Sept séances de préparation à la naissance, par un médecin ou une sage femme, au septième mois.

En Écosse :

Un examen entre 8 et 12 semaines, puis 8 examens, le tout avec une sage femme.
On ne pèse pas systématiquement (pour l’instant, après trois rv, je n’ai eu qu’une seule pesée, en début de grossesse – Patricia, comme ses consoeurs, n’est pas obsédée par le poids ; elle me jauge à l’oeil comme une génisse au salon de l’agriculture, et voit que ça a l’air d’aller !), pas de prise de sang systématique (une en début de grossesse, et une, non obligatoire pour le dépistage de la trisomie), pas de toucher vaginal. Restent la mesure de la pression artérielle, l’écoute du coeur, et la joie de faire pipi dans un tube à chaque séance.

Deux échographie seulement, ce qui me laisse perplexe : et comment qu’ils vont savoir si le monstre s’est bien retourné ? Apparemment, la sage-femme fait ça par palper du ventre.

Pas de test de toxo. Aucun. Je sais que je ne suis pas immunisée suite à un test fait en France l’an dernier, mais la toxo n’est pas suivie ici. Il semblerait, d’après ce que j’aie pu lire, que le nombre de bébés affectés chaque année par une toxoplasmose durant la grossesse est faible (moins de 100), et les preuves qu’un suivi par prise de sang pourraient entraîner un traitement efficace pour contrer l’infection ne sont pas suffisantes. Du coup, c’est cool, j’ai pas eu besoin de faire piquer Catulle ! Par contre, par précaution, c’est quand même l’Homme qui se tape le changement de litière, on sait jamais…

Quatre séances de préparation à la naissance, faite par des sage-femmes.

Précision pour finir : hormis le premier rendez-vous, aucun rendez-vous n’est obligatoire, aucun test non plus. On peut refuser les échographies, les prises de sang, faire son choix dans la liste des maladies dépistées lors de la prise de sang (« hmmmm, je vais prendre le VIH, mais pas la syphilis, non, merci »), et le test de dépistage de la trisomie est en particulier entouré de beaucoup de précautions oratoires.

La paperasserie.

En France : Je lis sur un site fort crédible : « À l’issue de l’examen prénatal, votre médecin vous remet un document en trois volets intitulé « Premier examen prénatal ». Pour déclarer votre grossesse, adressez le volet rose à votre caisse d’Assurance Maladie, adressez les deux feuillets bleus à votre caisse d’allocations familiales (CAF).Vous devez déclarer votre grossesse avant la fin du 3e mois de grossesse pour bénéficier au plus vite de la prise en charge de votre grossesse au titre de l’assurance maternité.
Pensez à mettre à jour votre carte Vitale. » Rien que ça. Sachant que de toute façon, tes prestations familiales, avec un seul enfant et deux salaires à la maison, tu pourras les mettre au chaud derrière ton oreille… pfff.

En Écosse : on n’est pas très paperasserie, par ici, c’est le moins qu’on puisse dire. J’ai un beau dossier bleu que je dois garder consciencieusement, dans lequel on note tout ce qui est relatif au suivi de ma grossesse. A 20 semaines, on m’a donné une attestation à remettre à l’employeur, permettant de réclamer une aide financière durant la grossesse. Pour les « child benefits », accordés à tous les enfants jusqu’à 16 ans, il faut attendre APRÈS la naissance.

L’accouchement

En France :

Principalement en hôpital, manifestement, sauf si tu veux raquer pour une maison de naissance pas remboursée par la sécu, ou si tu veux accoucher chez toi, auquel cas les médecins et tout le corps médical te tomberont sur le râble et t’expliquant que t’es une sale hippie dangereuse vivant à la préhistoire et que tu mourras dans d’atroces souffrances.

Si j’ai bien compris ce qui se dit sur France Info depuis hier, il est question d’autoriser les femmes à sortir de la maternité trois jours après la naissance si elles le souhaitent ; elles resteraient à l’hôpital jusqu’à 5 jours, en ce moment.

En Écosse :

Principalement en hôpital, mais pas que. Les trois options (hôpital, birth centre, et maison, sont proposées d’emblée – même si on te précise bien que les deux derniers sont réservés aux femmes ayant une grossesse non pathologique, et que l’accouchement à la maison est déconseillé pour un premier enfant). Si tu fais le choix un, et ben ça se passe comme en France, hosto, péridurale possible (mais pas systématique), médecin, monitorage du coeur du bébé de façon électronique, etc. Si tu fais le choix 2, tu ne seras entourée que de sages-femmes, tu auras ton jacuzzi (presque) privé, et tu ne pourras pas avoir de péridurale (mais si tu brailles trop en la réclamant, on te monte à l’hosto, deux étages au-dessus, et voilà) ; en cas de choix 3, une sage femme viendra chez toi.

Si l’accouchement s’est bien passé, on peut te renvoyer chez toi… six heures après la naissance. Pour une première naissance, il semblerait qu’on te garde, plein de générosité, jusqu’à 24 heures, mais guère davantage, sauf gros pépin évidemment. Ensuite, une sage-femme te rend visite à domicile quotidiennement pendant une dizaine de jours, histoire de vérifier que tu nourris bien ton marmot, que tu ne le douches pas en le tenant par les pieds et que tu sais changer une couche, entre autres.

Déclarer la naissance

En France. 3 jours, me semble t-il.

En Écosse : 21, c’est plus confortable. Dans mon cas, ça va être rigolo, il faut aussi que je fasse une déclaration au consulat français. Dans la foulée, je lui ferai un passeport, sinon, zéro sortie de territoire permise : question, comment prend t-on une photo d’identité de nourrisson, et surtout, franchement QUI VA LE RECONNAITRE sur la photo, hein?

 

Grossesse en France vs Grossesse en Écosse, 1ère partie

Note préalable : je n’ai jamais été enceinte en France, et m’appuie donc sur les racontars, retours d’expérience et témoignages divers de celles qui sont passées par là. Où sur mon imagination et ma mauvaise foi 🙂

GROSSESSE ET INTERNET

En France

Réflexe malheureux. En début de grossesse, avant d’investir dans la panoplie de livres indispensables-ou-sinon-tu-es-une-mauvaise-mère-commence-donc-par-Dolto, j’ai eu l’idée débile de faire quelques recherches sur la grossesse, comment ça se passe (les cours de bio de 2nde, c’est loin, et en plus ON TE CACHE LA VÉRITÉ), les étapes, comment le bébé va grandir, est-ce que ci et ça, c’est normal, etc.

ERREUR.

Pourquoi erreur ? Parce que pour un site intéressant / pas gnangnan / sérieux et médicalement au fait, tu tombes sur 36 000 forums où des femmes en délire viennent détailler par le menu leur désir d’enfants, le déroulé de leur grossesse avec photo de l’échographie et de la courbe de température et l’appui, ou les conséquences délicieuses de leur épisiotomie.

Outre que tu risques donc de te demander, à la moindre tension dans le ventre, si tu n’es pas en train de faire un accouchement précoce, ou au moindre toussotement si tu ne vas pas comme bichounette678, refiler la coqueluche à ton foetus, tu découvres surtout un monde de culculterie que tu ne soupçonnais pas. Deux hypothèses : soit certaines femmes enceintes perdent leur bon sens et leur capacité à faire des phrases en français commun ; soit seules des femmes sans bon sens et incapables de s’exprimer en français commun fréquentent ces forums. Le pire, c’est que je ne suis pas persuadée à 100% que la deuxième soit la bonne.

Un nouveau langage délicieusement euphémique et plein de jolies images fleuries se déroule sous nos yeux ébahis.

La femme enceinte en France sur internet ne dit plus « bébé », « enfant », certainement pas « foetus » ou « embryon », certainement pas non plus « moutard », « chiard », « gamin » ou « cauchemar des 20 ans à venir ».
Non, elle dit « BB1 », « BB2 » (rapport à sa place dans la fratrie), « petit bout » ou « tibou », « mon tit’ange », etc. Comprenons-nous bien : je n’ai rien contre les petits surnoms doux et mignons, en famille, en privé, etc. Sur un forum, quand tu viens te plaindre de vomir toute la journée parce que « ti’coeur me rend bien malade lol », non.

La femme enceinte en France sur internet adopte un code très mystérieux. SG ? SA ? IMG ? PDS ? SF ? AHAH, si tu n’es pas enceinte, tu ne SAIS PAS. Tu n’es pas du club, laisse tomber.

La femme enceinte en France sur internet est contente, parce qu’elles n’a plus de règles. Pardon, elle n’a plus de « rrrrrr » ou de « ragnagas ». Les règles, c’est sale. Les rrrrrr, c’est le truc ronronnant et mignon que tu n’as plus de toutes façons. Parce que, youpie, tu as eu la joie de voir apparaitre le « cromeugnon » « +++ » (j’en déduis que les tests de grossesse français font apparaitre des + sur le petit écran ? Vache, moi j’avais qu’une ligne toute naze…). Celui qui fait que tu vas fréquenter un max ton gygy (non, pas un gynécologue. Un gynécologue, c’est sale, c’est médical. Un gygy, c’est beau, c’est mignon, c’est l’ange qui va par magie faire apparaitre au bout de neuf moi ton tibou).

Mais surtout, surtout la femme enceinte en France sur internet n’a pas de ventre, d’utérus, de bide flasque et mou ou de tour de taille d’hippopotame. Non.
Elle a un bidou. ELLES N’ONT TOUTES QU’UN BIDOU ! Un p’tibou dans le bidou. Seigneur.

Je refuse d’avoir un bidou. J’ai un ventre, rond, gros, et fier. Non mais.

En Écosse

Je ne sais pas ; je n’ai pas eu le courage de me confronter au même taux de niaiserie dans une autre langue après cette première expérience.
J’ai adopté le site de l’équivalent du ministère de la santé, super détaillé, précis et médical dans sa partie dédiée à la grossesse, point barre.

Je manque sans doute de délicatesse, de mignonnerie, ou que sais-je, mais une heure sur aufeminin, forum grossesse, suffit à te faire te poser beaucoup de questions sur ton réel désir d’enfants – des fois que ça t’ampute pour toujours de ta capacité à parler en français normal…

Je planque ma fortune

AHAHAHA.
Manifestement, l’État français me prend pour Bernard Arnauld et crois que je suis une sale exilée fiscale (faut dire que je gagne tellement des fortunes pas croyables, une bibliothécaire, pensez, c’est connu).

Erreur de la banque en votre défaveur, soyez taxée à 20% cette année (ok, M. Arnaud est sans doute au-delà de cette tranche).

Bon, c’est une « erreur » préventive, et ça devrait s’arranger… mais tout de même ! Il faudra qu’un jour je pense à faire un petit point pour bien expliquer à ceusses qui aimeraient quitter la France (pour des raisons HONNÊTES, comme l’Amûûûr, pas parce que ce sont de sales pourritures de rapiats) tout ce à quoi il leur faudra bien penser, toutes les démarches administratives et bureaucratiques parfois ahurissantes auxquelles ils s’exposent (et encore, il parait que c’est simple de nos jours, avec l’UE, tout ça).

Parce qu’on y repenserait à deux fois, si on savait (presque, allez !).

Mise à jour du 20/10 : je vais faire encadrer cet avis d’imposition, attendez, 4950 euros, franchement, ça m’arrivera pas deux fois de devoir ça (j’espère…). Manifestement, c’est parce que la France ne veut pas croire que je suis fonctionnaire (alors que le ministère m’envoie bien une fiche de paie tous les mois). Groumpf.

My International Diaries

C’est drôle, en ce moment, l’Écosse ne me semble être que ma seconde maison, la première étant la cabine douce et feutrée d’un avion en partance pour l’un des quatre coins de la France. Ce mois de septembre assiste à ma transformation en business woman hyperactive, toujours entre deux vols, son Mac sous le bras, un passeport à la main, un café dans l’autre, vérifiant l’adresse de son hôtel d’un air distrait.

Présenté comme ça, ça fait chic, la réalité étant un tout petit peu moins glamour : je suis bien toujours entre deux vols (j’ai l’impression de voir L’Homme en coup de vent, deux jours par semaine et le weekend avant de repartir), mon Mac me sert peu pendant les trajets car j’ai du mal à travailler en voyage, je vérifie quarante cinq fois par trajet que mon passeport est bien à sa place, je n’ai pas de café à la main car il me manque des bras pour porter tout ce dont je m’encombre pour trois malheureux jours, et je vérifie bien l’adresse de mon hôtel, mais pour la vingt-deuxième fois car je suis une maniaque qui planifie tout à l’avance mais ne peut s’empêcher de s’imaginer qu’elle a oublié un truc essentiel. Et en plus, je n’arrive jamais à avoir le look ‘paparazzade classe » du genre :

En général, à l’arrivée et même si je n’ai volé qu’une heure et demie, c’est plutôt comme ça :

Bon, l’intérêt, c’est que je commence à avoir une connaissance assez serrée des aéroports français, écossais et anglais, et que je pourrai bientôt me lancer dans un guide pratique. J’y décrirai les toilettes les plus chouettes (aaaaah, London Heathrow et ses chiottes zen, propres et design), les pires (je me tâte encore, Roissy-cracra ou Toulouse-deux-toilettes-prises-d’assaut ?), les cafés et restaus les plus attractifs (hmmm, Edimbourg ou Heathrow ?), les plus honteusement chers pour une bouffe immonde (palme incontestée à Roissy), les terminaux les plus agréables (Édimbourg ?), les plus scandaleux (le low cost de Bordeaux, y a pas à mégoter), les itinéraires les mieux fléchés (tous ceux de Grande Bretagne en général) ou ceux qui ont été conçus pour perdre les touristes à tout jamais (Roissy, mon amour), ceux qui sont le mieux reliés au centre ville (Lyon a bien progressé) et ceux qui sont galère (Edimbourg, mais je chipote, c’est juste que je n’habite pas en centre ville).

Avec tout ça, je soigne mon mal de dos récurrent de façon très consciencieuse. C’est que Gulrot/petit bonhomme/petite bonhommette/Robiette/le gremlin/L’Héritier/Jean-Kevin (les surnoms se font nombreux, à mesure que la frustration familiale de ne pas savoir si c’est un garçon ou une fille s’accroit), qui grandit admirablement bien et remue à longueur de journée pour bien me signifier, des fois que j’oublierais, qu’il/elle est désormais bien là et qu’il va falloir compter sur lui/elle pour au moins vingt ans, me flanque des douleurs nocturnes dont je me serais bien passée, moi qui avais pris l’habitude d’une grossesse sans souci, sans symptôme (à part le bide qui a poussé comme un soufflé au four en l’espace d’un mois) et sans désagrément. Et les sièges de mes compagnies aériennes, auxquels viennent s’ajouter les sièges des bus ou trains qui les précèdent ou les suivent, n’arrangent rien à l’affaire. Vivement donc que je sois déclarée grosse et impotente par ma sage-femme pour ne plus avoir le droit de venir assister à des réunions très très très importantes (n’est-ce pas ?). Ce qui risque de prendre du temps, vu que Patricia (c’est son doux nom) me voit comme une warrior de la grossesse, une super veinarde qui ne vomit pas et qui ne grossit pas trop (« vous ne me pesez toujours pas ? » « oh non non, on l’a fait au premier rendez-vous, on verra au 4e, là, je vois bien que vous êtes dans les clous »), saine de corps et d’esprit (« vous ne fumez pas ? bien. Vous ne sniffez pas de colle ? bien. »), qui n’a aucun souci apparent (« bon eh bien, tout va bien, hein ? vous allez pouvoir accoucher à la maison de naissance, vous êtes une bonne candidate avec votre grossesse parfaite. Par contre, attention, hein, du coup, y a pas de péridurale à la maison de naissance »), et que par conséquent, je peux prendre l’avion jusqu’à la veille du terme si l’envie m’en prend.

(Cet article est fort long et de contenu peu intéressant, si l’on y prend garde, il est temps de conclure).

Qu’ajouter ? Que mine de rien, si, quand même, je pense que je vais arrêter de faire accumuler les miles pré-nataux à Jean-Kevin, et essayer de me concentrer sur les choses vraiment urgentes et importantes qui m’attendent at home (peindre le petit lit ; trouver comment faire rentrer 3 mètres cubes de bric-à-brac venant de la future chambre d’enfants dans le seul tiroir libre de la commode de la chambre parentale ; m’occuper un peu de mon chat qui trouve que mon ventre rond, gros et chaud, c’est trop chouette pour venir faire la sieste ; faire des promenades dans les bois avec L’Homme en regardant les feuilles qui roussissent et les oies sauvages qui passent par dessus l’étang – Michel Delpech, spéciale dédicace à toi qui m’empêche, à tout jamais, de voir des oies sauvages sans fredonner ta chanson).

Et écrire sur ce blog bien entendu, c’est qu’on y reprendrait goût !

C’est l’hiver

Premier week-end de décembre… première neige !

L’an dernier, à la même période, papa était bloqué à l’aéroport d’Edimbourg, fermé pour cause de tempêtes de neige persistantes, et mon camion de déménagement est arrivé le 1er décembre, de nuit, dans 50 cm de poudreuse.

Cette année, rien de si méchant… mais nous y voilà !

 

1er novembre !

Comme toute personne qui a une vie, en vrai, et une plutôt chouette, qui plus est, je délaisse un peu ce blog. Ce n’est pas faute de vouloir, hein – encore que…

Que s’est-il passé récemment ? Boh, d’abord, j’ai été voir des pieds géants et des dauphins dentus mais câlins, à Rome. L’Homme a beaucoup aimé, c’était son cadeau d’anniversaire. Je le comprends, moi aussi je serais heureuse si on m’offrait des pieds géants.

Puis j’ai vu des concerts, encore et encore, Seasick Steve d’abord, puis Bon Iver ensuite, ce dernier remportant, à vue de nez, la palme du meilleur concert de l’année – mais je réfléchis à élaborer une rétrospective argumentée, pondérée et avec pièces justificatives pour confirmer cette hypothèse.

Ensuite, je me suis inscrite en doctorat, et sauf retournement de situation, je devrais être admise à travailler sur le sujet ô combien passionnant et crucial pour l’avenir de l’Humanité des relations culturelles franco-écossaises au XVIIIe siècle, sujet bien trop négligé vous en conviendrez. Et puis, sans prévenir, l’automne est arrivé.

J’avais déjà pressenti, lors de mes voyages d’automne les années passées, à quel point c’est une belle saison ici. La nature prend des couleurs que je n’ai jamais trop vues dans ma Charente natale, l’air prend cette odeur un peu froide, un peu humide et lourde de la végétation qui se décompose, les moutons font leurs provisions pour l’hiver…

C’est aussi, je m’en rends compte maintenant que je vis ici, un moment étrange. Depuis le changement d’heure, le jour tombe à cinq heures, et l’on est encore bien loin de l’équinoxe ! S’adapter à ces journées minuscules, accepter que le soleil reste très bas dans le ciel, près de l’horizon, est nécessaire. Par chance, il fait beau ces jours-ci, et la lumière de ce soleil rasant et plombé est très belle. J’attends maintenant le retour des pluies, grande épreuve à surmonter pour passer l’hiver en Ecosse, sans lumière ni soleil !

Ah, et puis quand même : on a fêté Halloween, hein. Enfin, on a fait une citrouille. On a le droit, ici, c’est une vraie tradition (enfin, bon, pas la citrouille, l’Homme faisait ça avec des navets quand il était petit, la citrouille reste bien amerloque, mais, oh, je vais pas non plus faire des lampions en navets, hein ! Citrouille, je dis !).

(Notez au passage mon SUBLIME carrelage posé de mes doigts HABILES – bon bon, avec un peu d’aide de l’Homme – et ma SUBLIME cheminée qui fait du FEU (love)).