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Dimanche, en couleurs

« Mais… qu’est-ce qu’elle a été me coller sur les pieds, ma daronne ? C’est quoi ces trucs maintenant ? J’ai l’air totalement ridicule. Elle croit que j’ai pas encore remarqué que j’ai des pieds peut-être ? »

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« En plus, on s’entend pas respirer sur ce tapis, franchement, c’est Châtelet les Halles aux heures de pointe, c’est qui tous ces rigolos ? Il a l’air louche, en plus, le type en vert… ».

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« AAAAAAH qu’est-ce que je disais ? Au secooooooours ! Bizarre le busard veut ma peau !!! ».

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(Aucun enfant, et aucun busard, n’a été blessé pendant la prise de ces photos ».

Je n’en finis pas de m’interroger…

Taux de péridurales en France : 60 à 70% (aux USA, c’est fou, c’est 90% !).
Taux de péridurales en Grande-Bretagne : un peu moins de 30% (et non, ça n’a rien à voir avec le fait que l’Écossaise est une créature robuste, venue du nord, où l’on n’est pas des mauviettes et l’on accouche au milieu des moutons dans la lande !).

Taux d’allaitement à la naissance en France : 50%
Taux d’allaitement à la naissance en Grande-Bretagne : 70% (ok, on est loin de la Norvège et de ses quasi 100%…).

Taux d’allaitement à 3 et 6 mois en France : 15 et 0%
Taux d’allaitement à 3 et 6 mois en Grande-Bretagne : 30 et 20%

Sur la césarienne, c’est kif-kif, autour de 20% partout.

Hormis la question de l’allaitement à 3 et 6 mois, facile à régler (une question de durée de congé maternité, tout simplement), je me demande comment deux pays à peu près similaires arrivent à des taux si différents.

 

 

Un peu de mauvais goût stylistique

Il y a fort longtemps, j’avais je crois écrit ici quelques lignes sur le style, la mode britannique. Je crois que j’y mettais un peu de mauvaise foi, histoire de critiquer – ah, là méchante, la méchante !

J’ai, en deux ans de vie sur le territoire, eu largement le temps de m’habituer. Les minis-minis- MINIS jupes en décembre, les talons de 15 centimètres avec grosse plateforme et imprimé léopard, le combo « court-décolleté-moulant » et les cheveux toujours savamment permanentés/lissés/brushés/teints/bi-teints/bouclés ne me font guère plus réagir : l’oeil s’habitue à tout. J’ai même parfois des élans envieux, ces derniers temps (sweet dernière ligne droite de la grossesse, je vis dans mon confortable jean à grand panneau ventral, dans mes trois pulls de grossesse – certes jolis, mais bon -, dans mes converse, et mes cheveux… bah, je les porte toujours « à la française », au naturel quoi), et je me prends à rêver du jour où j’aurai retrouvé ma silhouette (sisi, ça arrivera, un jour), et où j’adopterai définitivement le style local.

Si donc vous me voyez en jupe courte, ne me jetez pas la pierre. Il reste par contre deux choses que je ne comprends pas, et que j’espère ne jamais comprendre. Si vous me rencontrez un jour avec des faux cils, ou avec une french manucure de l’extrême, pitié : moquez-vous de moi et ramenez-moi à la réalité. Démonstration :

La French manucure, comme vous le savez, c’est ça :

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Ça ne vous hérisse peut-être pas particulièrement ; moi, j’ai toujours trouvé ça assez hideux (et encore, celle-là est assez soft, les ongles ne sont pas bombés). A vue d’oeil, je dirais que 50% des nanas se font ou se font faire les ongles, ici. Parfois, j’admets, on peut rigoler, en périodes de fêtes, et j’admets que certaines « nail artists » (oui, on se fait pas les ongles ; on fait du « nail art ») ont un sacré sens du détail. Mais quand ma coiffeuse approche des griffes comme ça de mon cuir chevelu pour me shampooiner le scalp, ça me terrorise :

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D’une, ça fait super mal, quand on vous shampooine avec ça. Ensuite, je passe mon temps à essayer de zyeuter en me disant « ça représente quoi ? », et ça me distrait. Et puis, je trouve ça juste moche, et vulgaire. Voilà. Ma coiffeuse avait un petit papillon en plastique collé sur son index gauche, j’ai flippé pendant toute la coupe qu’elle le perde pendant la séance et que je me retrouve avec une merdouille en plastique engluée dans ma crinière. Non, sérieusement : je dis NON au nail art si on n’est pas Rihanna (dans le cas contraire, le niveau de vulgarité atteint est déjà tel que franchement, on n’est plus à une French manucure près).

Deuxième objet d’incompréhension : les faux-cils. Attention, pas les faux-cils super bien fichus, discrets, que portent sans doute les stars sur le tapis rouge ; pas non plus les faux-cils numériques collés en post-prod sur les photos pour pubs de cosmétiques, tellement délirants que pas une seconde tu ne penses qu’il s’agit d’un vrai regard. Non, je parle des faux-cils que les nanas ADORENT, ici, et que tu trouves dans toutes les parapharmacie bien cheap, comme ÇA :

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Désolée, jeune starlette, d’avoir prix ta tronche pour illustrer mon propos, tu es sans doute quelqu’un de très bien, mais outre que tu es maquillée à la truelle (on n’a pas déjà dit que le fond de teint orange c’est NON ?), tu as deux énormes chenilles collées sur la paupière, attention. Et si ce n’était qu’un cas isolé… mais NON !

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Alors certes, à ce stade, les faux-cils ne sont peut-être même plus le problème numéro 1, mais enfin, ça reste parlant non ? Et vous n’avez pas idée du nombre de personnes que l’on croise, je veux dire de VRAIES personnes, qui arborent la double chenille. Oui, chacun fait ce qu’il veut, oui, chacun ses goûts, ça ne fait de mal à personne, après tout ; mais si vous ME voyez avec des ongles multicolores de 10cm et deux gros sourcils à la place des cils, pitié, ramenez-moi sur terre !

Graduation

Aujourd’hui avait lieu la remise du diplôme de l’Homme, qui a obtenu avec brio son Master en Material cultures and History of the book (en Histoire, donc). Après quelques années passées à l’Open University pour obtenir son diplôme de Bachelor of Arts, l’Homme a courageusement entrepris un Master à temps partiel, obtenu, donc, brillamment cet automne. Outre que je suis bien entendue confite de fierté, j’ai eu la joie totalement égoïste d’enfin assister à une cérémonie de diplôme, une vraie, comme on les fait ici.

Il faut rappeler que je suis frustrée de cérémonie digne de ce nom. J’ai récupéré mon diplôme de licence au fin fond d’un couloir obscur de la Sorbonne auprès d’un secrétariat peu porté sur le tralala et les festivités. Mon Master m’est parvenu par la Poste. L’école des chartes n’imprimait pas de diplôme, de mon temps, et faisait certes une proclamation un peu officielle des résultats, mais bon, en petit comité et sans trop de chichis (et par ordre de mérite en plus, la honte). Quant à mon diplôme de conservateur de bib, je préfère oublier la risible parodie de cérémonie qui a eu lieu (mais le diplôme est beau, brillant, et tout).

En France, on ne sait pas trop faire. On pourrait copier, américaniser ou briticiser le truc, comme vous voulez, mais il y aurait sans doute des esprits chagrins pour dire que « chez nous, on fait pas comme ça ».

L’Université d’Edimbourg remet ses diplômes là-dedans :

Oui, on dirait un peu Poudlard.

Admirez-moi cette coupole.

Avouez que déjà, ça en jette. Les presque diplômés sont en bas, les invités (deux par personne, trois avec de la chance) assistent depuis la galerie. Ce jour-là recevaient leurs diplôme la faculté de Droit (en bleu) et la faculté de Littérature, langues et cultures (en vert). L’Homme était donc en tenue des grands jours, kilt et nœud pap’ blanc (obligatoire), et robe de cérémonie noire bordée de blanc et vert (chaque faculté a ses couleurs).

Kilt ? Check. Noeud pap’ ? Check. Chaussettes et lacets ? Check. Cape ? Check. Oh mais, attendez…. noir, vert… mais, MAIS…!!! C’EST UN SERPENTARD !

La cérémonie débute par une majestueuse processession de représentants des diverses facultés, et pas un discours (même pas long, et même pas chiant). Ce qui est long en revanche est à venir : l’appel, individuel, de chaque nouveau diplômé, à la tribune. A vue de nez, nous avons applaudi 300 étudiants méritants.

Pas de chapeau sur la tête, remarquerez-vous : l’Université a sa propre tradition. Chaque étudiant reçoit du Vice-chancellor (l’équivalent du Doyen, je suppose) une tape sur la tête à l’aide du « bonnet », un genre de béret que la légende dit remonter au début de l’époque moderne (la encore plus légendaire légende dit que le bonnet originel aurait été taillé dans les culottes de John Knox, mais bon…). Cerise sur le gâteau : à ces nobles et historiques origines s’ajoute une touche plus contemporaine, puisqu’à l’intérieur a été cousu un écusson de l’Université ayant voyagé dans l’espace, sous la protection d’un ancien élève devenu astronaute. Un « medieval space-bonnet » donc, comme l’a appelé le vice-chancellor.

Voilà donc la claque dans la figure administrée par le doyen. Quelque part, latter à coup de béret 300 étudiants ne doit pas être déplaisant. On aperçoit le space écusson dans le chapeau. Et, enfin, admettez que le doyen a la classe dans son habit de lumière en velours et broderies blanches qui brillent. Très disco, en fait.

Chaque étudiant est donc appelé, intronisé, et applaudi, avant de recevoir son diplôme. Deux interludes musicaux et un discours final viennent ponctuer la journée.

Un grand coktail/buffet est ensuite ouvert aux diplômés et à leur famille ; seule restriction : deux invités seulement par étudiant sont acceptés. Nous étions trois, beau-papa belle-maman et moi (quatre même, avec mon locataire, ahah, on a bien arnaqué l’Université d’Edimbourg en faisant rentrer un invité clandestin), et nous avons donc boycotté ce scandaleux chantage affectif imposé aux étudiants, pour aller manger italien. Je ne peux donc pas vous fournir de rapport détaillé sur la qualité des petits fours servis à midi.

Conclusion de tout ça : c’est quand même la grande classe. Les lieux sont superbes, l’organisation admirable (je vous passe le détail des appariteurs en gants blancs qui font rouler toute cette mécanique sans un grain de sable ou de la traduction simultanée des discours en langage des signes), les gens applaudissent de bon coeur du début à la fin (et Dieu sait que c’est long), et le tout est très cérémonieux sans être barbant. Je vais donc désormais encourager l’Homme à s’inscrire en doctorat pour qu’on remette ça dans quelques années (et cette fois, sa robe sera bordée de rouge, ce sera encore mieux).

 

In love with Maggie

Depuis plusieurs mois déjà, l’un de mes petits bonheurs hebdomadaires est de regarder Downton Abbey, super soap opera en costumes merveilleux. Après deux saisons vite achetées en DVD, nous savourons (car oui, l’Homme AIME les drames historiques en costumes – d’ailleurs, on alterne avec MadMen, même si je ne suis pas certaine qu’on puisse appeler ça un drame en costumes ?) la troisième en direct live sur ITV1, et je me noie dans le bonheur de voir exposées les petites mesquineries des serviteurs, les faux-semblants des maîtres, les bonheurs et les malheurs de chacun. Chaque épisode présente plus de péripéties et de rebondissements que deux heures de James Bond, c’est totalement invraisemblable, totalement décadent et délicieux, c’est joué au cordeau, c’est magnifique (mais c’est dommage, les robes des années 20/30 sont tellement moins belles que celles des 1910’s…).

Bref. Pourquoi je vous parle de ça ? Parce que dedans, il y a Maggie Smith. Oui. McGonagall, pour les HarryPotterphiles.

Dame Maggie Smith y joue la Comtesse douairière de Grantham, et est de loin le personnage le plus drôle et le plus acide de la série. Je suis totalement conquise. Au point que si j’ai une fille… Maggie, c’est bien comme nom, non ? En plus, ça me permettrait de rendre hommage à une autre Maggie dont je suis fan :

(Reste à convaincre l’Homme, pour qui la question du nom du bébé est un problème certain, mais non immédiat : en clair, on verra après noël !).

Je retiendrai une leçon de vie très importante : « Don’t be defeatist, dear. It’s so middle-class ! ».

Et pour ceux qui parlent un peu anglais :

Un James Bond écossais

Je le confesse : James Bond, c’est pas trop mon truc, d’habitude. J’ai toujours trouvé que le coup du bellâtre en costume, buvant des martini, conduisant des grosses bagnoles et séduisant tout ce qui est de près ou de loin féminin sur un simple regard engageant, c’était un peu pénible. Pis : les histoires ne sont-elles pas plus ou moins toutes interchangeables ? I.e. : Bond est dans la merde, sa mission a échoué, car les pourritures communistes/chinoises/libyennes veulent faire péter le monde/détourner beaucoup d’argent/mettre la main sur les stocks mondiaux de pétrole en volant une bombe nucléaire/pénétrant les systèmes de sécurité des services secrets/kidnappant les cerveaux de ce monde. Heureusement, M le remet en selle, Q lui donne des gadgets improbables, Moneypenny le regarde langoureusement, la garce de service le séduit mais mourra à la fin, la gentille gnangnan lui file un coup de main mais mourra à la fin, James boit un peu, fume un peu, conduit beaucoup, explose quelques citernes/réacteurs/bâtiments/voitures, tue/fait coffrer le méchant, et tout est bien qui finit bien, et Q peut se plaindre que ses gadgets sont revenus en miettes.

Soit.

Mais malgré tout, j’ai beaucoup aimé les trois James Bond avec Daniel Craig. D’abord, c’est un faux James Bond : il ne fume pas, découvre la vodka-martini, et conduit des vieilles bagnoles pourraves avant de se décider pour les Aston Martin. Ensuite, Daniel Craig a une vraie gueule de tueur, pas comme cette savate de Roger Moore qui a autant l’air d’un agent des services secrets que moi d’une première ballerine de l’opéra de Paris. Et dans le dernier, sorti ce vendredi, cerise sur le gâteau, on nous la joue « retour aux sources de James », et petit détour par l’Écosse (car oui, lecteur inculte, sache que James Bond est suisso-écossais, ce qui est quand même lol).

Manifestement, l’équipe a dû passer une mini-journée en Ecosse, le temps de faire quatre plans montagneux/brumeux (la longue séance « écossaise » de fin a en fait été tournée en Angleterre, m’apprend Wikipédia), mais j’imagine à merveille la joie du réalisateur qui est tombé sur une journée typiquement écossaise dans la vallée de Glencoe. Il aurait pu manquer de bol et venir un jour de grand beau temps, et la scène émouvante de retour aux origines dans ce pays froid et ombrageux couvert de brumes pittoresques et émotionnantes aurait pu être toute foirée. Le coup de la remise en question totalement plantée par le gazon verdoyant et le soleil de midi !

Mais non, ouf : l’Aston Martin gris métallisée était bien assortie à la couleur du ciel.

(Là, James fait la tronche parce qu’il a oublié d’acheter une baguette sur la route et que la boulangerie la plus proche est à perpète. Et en plus il brumasse sur son beau costard. Et ça, ça lui fout les boules, mais grave).
Bref, si si, c’était bien, en plus y a un vieux écossais tout typique à la fin (= avec un gros ventre, une grosse barbe, une veste de chasseur, des bottes, et une attitude bourrue mais grand coeur).

Je ne peux que conseiller : quatre plans dans « Prometheus », trois dans « Skyfall »… l’Écosse fait sa promotion touristique sans lésiner sur les moyens !

Halloween

L’avantage de vivre dans un pays anglo-saxon, c’est qu’Halloween est une tradition léééégèrement moins inauthentique qu’en France, et qu’on peut faire des cookies zombies et découper des citrouilles sans états d’âme.

Pingouins voleurs et autres merveilles

Avec le soleil qui ne se montre vaguement que quelques heures dans la journée – si tant est qu’il n’y ait pas de nuages – et le froid et le vent qui commencent à remontrer le bout de leur nez, il fait un temps à rester chaudement à la maison, à boire du café et à regarder des trucs à la télé.

Nous arrivons au bout de Battlestar Galactica, que nous nous sommes forcés à économiser sur une année entière – juste parce que c’est tellement bien, tellement parfait, que l’idée de voir le dernier épisode et de ne plus jamais pouvoir découvrir un moment inédit de la série est parfaitement déprimant. Il nous reste trois épisodes. Enfin, un long épisode de trois heures. Où on va ENFIN tout savoir. Je pourrais lister les points sur lesquels il nous manque des détails, et que vraiment j’en peux plus d’attendre la réponse, mais je ne vais pas spoiler, certains d’entre vous regardent aussi.

Sinon, mon autre bonheur du moment, c’est le documentaire de la BBC appelé « Frozen Planet », que Nicolas s’est vu forcé invité à regarder quand il était là. Une heure de bonheur hebdomadaire. Je vous entends d’ici, « oué, les documentaires animaliers, niania », ben oui, moi ça me fascine. J’y peux rien. Et la BBC fait très bien les choses en plus. C’est beau, c’est dingue, c’est marrant.

Cf. le pingouin voleur.
http://www.dailymotion.com/embed/video/xlqwy3
Les manchots voleurs dans Frozen Planet – BBC One by Spi0n

Ou le bison connard:

Les animaux sont de vraies raclures, des fois.

 

Gniii

Le bulletin météo m’annonce les heures de coucher de soleil, ces jours-ci.
Dimanche, le soleil se couchera à 15h58. On est à UN MOIS de l’équinoxe, bon sang de bûche !!!

Je vais mourir avant la fin de l’hiver, c’est sûr.

5 novembre

Ce soir, c’est Guy Fawkes Night.

Qui bien sûr, dans mon esprit, est désormais étroitement liée à ceci, et à la comptine :

« Remember, remember the fifth of November,
Gunpowder Treason and Plot,
I see no reason why the gunpowder treason
should ever be forgot. »

Bon, sinon, aucun rapport, mais le 30 novembre prochain aura lieu une grande grève du service public en Grande-Bretagne.
Ils font la grève un peu moins souvent qu’en France.
Les profs par exemple, ont été en grève pour la dernière fois il y a… 25 ans.

Le truc drôle en plus, c’est que le 30 novembre est férié, en Ecosse.
On grève pas pareil des deux côtés de la Manche décidément.