Graduation

Aujourd’hui avait lieu la remise du diplôme de l’Homme, qui a obtenu avec brio son Master en Material cultures and History of the book (en Histoire, donc). Après quelques années passées à l’Open University pour obtenir son diplôme de Bachelor of Arts, l’Homme a courageusement entrepris un Master à temps partiel, obtenu, donc, brillamment cet automne. Outre que je suis bien entendue confite de fierté, j’ai eu la joie totalement égoïste d’enfin assister à une cérémonie de diplôme, une vraie, comme on les fait ici.

Il faut rappeler que je suis frustrée de cérémonie digne de ce nom. J’ai récupéré mon diplôme de licence au fin fond d’un couloir obscur de la Sorbonne auprès d’un secrétariat peu porté sur le tralala et les festivités. Mon Master m’est parvenu par la Poste. L’école des chartes n’imprimait pas de diplôme, de mon temps, et faisait certes une proclamation un peu officielle des résultats, mais bon, en petit comité et sans trop de chichis (et par ordre de mérite en plus, la honte). Quant à mon diplôme de conservateur de bib, je préfère oublier la risible parodie de cérémonie qui a eu lieu (mais le diplôme est beau, brillant, et tout).

En France, on ne sait pas trop faire. On pourrait copier, américaniser ou briticiser le truc, comme vous voulez, mais il y aurait sans doute des esprits chagrins pour dire que « chez nous, on fait pas comme ça ».

L’Université d’Edimbourg remet ses diplômes là-dedans :

Oui, on dirait un peu Poudlard.

Admirez-moi cette coupole.

Avouez que déjà, ça en jette. Les presque diplômés sont en bas, les invités (deux par personne, trois avec de la chance) assistent depuis la galerie. Ce jour-là recevaient leurs diplôme la faculté de Droit (en bleu) et la faculté de Littérature, langues et cultures (en vert). L’Homme était donc en tenue des grands jours, kilt et nœud pap’ blanc (obligatoire), et robe de cérémonie noire bordée de blanc et vert (chaque faculté a ses couleurs).

Kilt ? Check. Noeud pap’ ? Check. Chaussettes et lacets ? Check. Cape ? Check. Oh mais, attendez…. noir, vert… mais, MAIS…!!! C’EST UN SERPENTARD !

La cérémonie débute par une majestueuse processession de représentants des diverses facultés, et pas un discours (même pas long, et même pas chiant). Ce qui est long en revanche est à venir : l’appel, individuel, de chaque nouveau diplômé, à la tribune. A vue de nez, nous avons applaudi 300 étudiants méritants.

Pas de chapeau sur la tête, remarquerez-vous : l’Université a sa propre tradition. Chaque étudiant reçoit du Vice-chancellor (l’équivalent du Doyen, je suppose) une tape sur la tête à l’aide du « bonnet », un genre de béret que la légende dit remonter au début de l’époque moderne (la encore plus légendaire légende dit que le bonnet originel aurait été taillé dans les culottes de John Knox, mais bon…). Cerise sur le gâteau : à ces nobles et historiques origines s’ajoute une touche plus contemporaine, puisqu’à l’intérieur a été cousu un écusson de l’Université ayant voyagé dans l’espace, sous la protection d’un ancien élève devenu astronaute. Un « medieval space-bonnet » donc, comme l’a appelé le vice-chancellor.

Voilà donc la claque dans la figure administrée par le doyen. Quelque part, latter à coup de béret 300 étudiants ne doit pas être déplaisant. On aperçoit le space écusson dans le chapeau. Et, enfin, admettez que le doyen a la classe dans son habit de lumière en velours et broderies blanches qui brillent. Très disco, en fait.

Chaque étudiant est donc appelé, intronisé, et applaudi, avant de recevoir son diplôme. Deux interludes musicaux et un discours final viennent ponctuer la journée.

Un grand coktail/buffet est ensuite ouvert aux diplômés et à leur famille ; seule restriction : deux invités seulement par étudiant sont acceptés. Nous étions trois, beau-papa belle-maman et moi (quatre même, avec mon locataire, ahah, on a bien arnaqué l’Université d’Edimbourg en faisant rentrer un invité clandestin), et nous avons donc boycotté ce scandaleux chantage affectif imposé aux étudiants, pour aller manger italien. Je ne peux donc pas vous fournir de rapport détaillé sur la qualité des petits fours servis à midi.

Conclusion de tout ça : c’est quand même la grande classe. Les lieux sont superbes, l’organisation admirable (je vous passe le détail des appariteurs en gants blancs qui font rouler toute cette mécanique sans un grain de sable ou de la traduction simultanée des discours en langage des signes), les gens applaudissent de bon coeur du début à la fin (et Dieu sait que c’est long), et le tout est très cérémonieux sans être barbant. Je vais donc désormais encourager l’Homme à s’inscrire en doctorat pour qu’on remette ça dans quelques années (et cette fois, sa robe sera bordée de rouge, ce sera encore mieux).

 

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4 réponses à “Graduation

  1. BS 28 novembre 12 à 11:15

    Han la classe, jsuis trop jalouse !
    (Ya pas à dire, en monarchie, on sait faire les choses bien, hein)

  2. Cecilouette 1 décembre 12 à 5:42

    Vraiment la grande classe ! Bravo à l’époux !

  3. Benjamin 2 décembre 12 à 7:36

    La classe. Félicitations à l’Homme !

  4. Siboneyy 4 décembre 12 à 12:09

    Merci à tous (pour lui, hein, j’y suis pour rien moi).

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