My International Diaries

C’est drôle, en ce moment, l’Écosse ne me semble être que ma seconde maison, la première étant la cabine douce et feutrée d’un avion en partance pour l’un des quatre coins de la France. Ce mois de septembre assiste à ma transformation en business woman hyperactive, toujours entre deux vols, son Mac sous le bras, un passeport à la main, un café dans l’autre, vérifiant l’adresse de son hôtel d’un air distrait.

Présenté comme ça, ça fait chic, la réalité étant un tout petit peu moins glamour : je suis bien toujours entre deux vols (j’ai l’impression de voir L’Homme en coup de vent, deux jours par semaine et le weekend avant de repartir), mon Mac me sert peu pendant les trajets car j’ai du mal à travailler en voyage, je vérifie quarante cinq fois par trajet que mon passeport est bien à sa place, je n’ai pas de café à la main car il me manque des bras pour porter tout ce dont je m’encombre pour trois malheureux jours, et je vérifie bien l’adresse de mon hôtel, mais pour la vingt-deuxième fois car je suis une maniaque qui planifie tout à l’avance mais ne peut s’empêcher de s’imaginer qu’elle a oublié un truc essentiel. Et en plus, je n’arrive jamais à avoir le look ‘paparazzade classe » du genre :

En général, à l’arrivée et même si je n’ai volé qu’une heure et demie, c’est plutôt comme ça :

Bon, l’intérêt, c’est que je commence à avoir une connaissance assez serrée des aéroports français, écossais et anglais, et que je pourrai bientôt me lancer dans un guide pratique. J’y décrirai les toilettes les plus chouettes (aaaaah, London Heathrow et ses chiottes zen, propres et design), les pires (je me tâte encore, Roissy-cracra ou Toulouse-deux-toilettes-prises-d’assaut ?), les cafés et restaus les plus attractifs (hmmm, Edimbourg ou Heathrow ?), les plus honteusement chers pour une bouffe immonde (palme incontestée à Roissy), les terminaux les plus agréables (Édimbourg ?), les plus scandaleux (le low cost de Bordeaux, y a pas à mégoter), les itinéraires les mieux fléchés (tous ceux de Grande Bretagne en général) ou ceux qui ont été conçus pour perdre les touristes à tout jamais (Roissy, mon amour), ceux qui sont le mieux reliés au centre ville (Lyon a bien progressé) et ceux qui sont galère (Edimbourg, mais je chipote, c’est juste que je n’habite pas en centre ville).

Avec tout ça, je soigne mon mal de dos récurrent de façon très consciencieuse. C’est que Gulrot/petit bonhomme/petite bonhommette/Robiette/le gremlin/L’Héritier/Jean-Kevin (les surnoms se font nombreux, à mesure que la frustration familiale de ne pas savoir si c’est un garçon ou une fille s’accroit), qui grandit admirablement bien et remue à longueur de journée pour bien me signifier, des fois que j’oublierais, qu’il/elle est désormais bien là et qu’il va falloir compter sur lui/elle pour au moins vingt ans, me flanque des douleurs nocturnes dont je me serais bien passée, moi qui avais pris l’habitude d’une grossesse sans souci, sans symptôme (à part le bide qui a poussé comme un soufflé au four en l’espace d’un mois) et sans désagrément. Et les sièges de mes compagnies aériennes, auxquels viennent s’ajouter les sièges des bus ou trains qui les précèdent ou les suivent, n’arrangent rien à l’affaire. Vivement donc que je sois déclarée grosse et impotente par ma sage-femme pour ne plus avoir le droit de venir assister à des réunions très très très importantes (n’est-ce pas ?). Ce qui risque de prendre du temps, vu que Patricia (c’est son doux nom) me voit comme une warrior de la grossesse, une super veinarde qui ne vomit pas et qui ne grossit pas trop (« vous ne me pesez toujours pas ? » « oh non non, on l’a fait au premier rendez-vous, on verra au 4e, là, je vois bien que vous êtes dans les clous »), saine de corps et d’esprit (« vous ne fumez pas ? bien. Vous ne sniffez pas de colle ? bien. »), qui n’a aucun souci apparent (« bon eh bien, tout va bien, hein ? vous allez pouvoir accoucher à la maison de naissance, vous êtes une bonne candidate avec votre grossesse parfaite. Par contre, attention, hein, du coup, y a pas de péridurale à la maison de naissance »), et que par conséquent, je peux prendre l’avion jusqu’à la veille du terme si l’envie m’en prend.

(Cet article est fort long et de contenu peu intéressant, si l’on y prend garde, il est temps de conclure).

Qu’ajouter ? Que mine de rien, si, quand même, je pense que je vais arrêter de faire accumuler les miles pré-nataux à Jean-Kevin, et essayer de me concentrer sur les choses vraiment urgentes et importantes qui m’attendent at home (peindre le petit lit ; trouver comment faire rentrer 3 mètres cubes de bric-à-brac venant de la future chambre d’enfants dans le seul tiroir libre de la commode de la chambre parentale ; m’occuper un peu de mon chat qui trouve que mon ventre rond, gros et chaud, c’est trop chouette pour venir faire la sieste ; faire des promenades dans les bois avec L’Homme en regardant les feuilles qui roussissent et les oies sauvages qui passent par dessus l’étang – Michel Delpech, spéciale dédicace à toi qui m’empêche, à tout jamais, de voir des oies sauvages sans fredonner ta chanson).

Et écrire sur ce blog bien entendu, c’est qu’on y reprendrait goût !

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