L’île d’Arran

Je me suis souvenu la semaine dernière que j’avais un blog qui traînait sur Internet, et que je n’y avais pas mis les pieds depuis décembre. C’est que les occasions de poster de jolies photos et vous raconter ma dernière incroyable découverte sur le mode de vie de nos amis les écossais se font rares l’hiver quand il fait jour moins de sept heures. Je pourrais évidemment vous entretenir des joies de nos soirées en tête à tête dans le bureau à travailler à nos recherches respectives, ou des progrès faits dans le réaménagement des pièces à vivre, ou de notre super projet de transformation du grenier, mais j’ai bien conscience que je ne vous tiendrai pas en haleine plus de deux articles.

Et voilà que l’Homme a eu la délicieuse idée de m’emmener dans l’île d’Arran pour le weekend de mon anniversaire : non seulement c’était délicieux, comme sus-mentionné, mais cela a le gros avantage de me donner des choses à vous raconter, photos à l’appui (et article de wikipédia pour vous enseigner tout ce qu’il y a à savoir, y compris, comme n’a pas manqué de le remarquer Justine, le fait qu’outre du fromage et de la bière, on y produit un monopoly local, ce qui est quand même la grande classe).

L’île d’Arran, vu du bateau, ça ressemble à ça :

Le problème d’un weekend dans l’île d’Arran début mars, c’est qu’il n’y a pas grand chose à y faire. La brasserie est fermée, les musées aussi. Il reste la marche, ce qui nous convient ma foi bien, si l’on oublie le fait que le climat écossais reste assez aléatoire à cette période de l’année (je devrais rayer ces derniers mots…). De fait, nous n’avons pas été trop malchanceux : si l’on oublie le crachin du premier jour et le grand vent du lendemain, nous avons été plutôt accompagnés par le temps.

De quoi profiter des points essentiels de l’île. Son château, pour commencer – toute île écossaise qui se respecte a un château, hanté idéalement, entretenu par le National Trust le plus souvent. Ici, le château (fermé, évidemment) s’efface devant un parc et des jardins impressionnants, envahis de plantes tropicales – les avantages de se trouver dans les chaudes effluves du gulf stream !

Autre passage obligé, le point culminant (à 874m…), Goatfell (à gauche sur la photo) :

Son nom rigolo qui laisse penser qu’en des temps immémoriaux on jetait des boucs du haut du sommet viendrait en fait du gaélique a’ghaoth, qui veut dire « le vent », ce dont une experte gaélicisante comme moi aurait dû se rendre compte bien avant d’attaquer la dernière montée sous des rafales d’une rare violence (j’ai fait quelques sommets ici, souvent avec un vent assez décoiffant, mais jamais aussi terrorisant que lors de cette ascension : pour la première fois, j’ai failli faire demi-tour. Quand tu es plaquée au sol par des raffales, et que tu t’accroches aux gros cailloux pour reprendre ton souffle, tu sais que quelque chose ne VA pas).

L’autre problème des sommets écossais, c’est que pendant la montée, tu ne peux même pas te dire « arrrrgh j’ai mal je suis fatiguée je veux mouriiiir mais c’est pas grave, au sommet la vue sera tellement belle que j’en oublierai à quel point j’aurais dû arrêter les pâtes aux oeufs et me mettre au sport depuis longtemps ». Non, tu peux pas, parce que souvent, au sommet, tu as droit à ça :

« Ca », donc, que tu pourrais légender par « Mais si, c’est complètement un sommet qu’on devrait faire, là, derrière le gros nuage, non, pas celui là, l’autre, ah oui attends ils bougent trop vite ».

Une belle ascension, cela dit, fort plaisante malgré ces derniers 200m de la mort, et récompensée comme il se doit par une soirée cosy dans un pub au coin du feu (un pub, c’est toujours agréable, mais un peu avec un vrai feu de bois auprès duquel siroter une bière bien fraîche après une douche bien chaude, c’est sans aucun doute s’approcher un peu de ce à quoi doit ressembler le paradis).

Autre spécialité près de l’endroit où nous dormions : la cascade sympatoche, perdue au milieu des bois, aves des ruines de l’âge de bronze tout près, du genre grosses pierres qui ont un jour été une maison, ce qui ne saute pas aux yeux au premier abord (merci de dessin interprétatif qui t’explique comment nos ancêtres vivaient dans ce petit coin de paradis…).

Et puis, très rigolote aussi, « Holy Isle », une île au large de l’île (je suis sûre que, nonobstant les courants, ça se fait très bien à la nage). L’île semble toujours avoir eu la cote avec des moines et saints divers au cours des âges, mais elle appartient maintenant à « la communauté bouddhiste de Samye Ling de la tradition Kagyupa de l’école du bouddhisme tibétain », qui occupe le nord de l’île, tandis que le sud est occupé par une communauté des nonnes (j’ignore si ce sont des bouddhistes, par contre. On parle de nonnes, pour les bouddistes?). Encore plus choupi, il y aurait des des poneys d’Eriskay sauvages, des chèvres de Saanen, des moutons de Soay, bref, c’est un peu le paradis de la bestiole cromeugnonne.

Grosse déception, hélas : je n’ai aperçu, depuis Arran, ni poney, ni chèvre, ni moine chauve en toge orange. On ne peut pas tout avoir, je présume. (Ci-dessous, la jetée des bouddhistes).

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4 réponses à “L’île d’Arran

  1. Cecilouette 11 mars 12 à 7:35

    Contente de te lire de nouveau !!!

    J’avais déjà noté l’île d’Arran sur la très longue liste des endroits à visiter en Ecosse et ton message le confirme !!!

    Bonne continuation et à bientôt

    Cécile

  2. Ju 20 mars 12 à 4:10

    Depuis « L’île noire », tu devrais savoir que l’on trouve de tout dans les îles écossaises… Et oui, on parle bien de nonnes bouddhistes, même si au Japon ce ne sont que de sales laïques…

  3. pseudojune 28 mars 12 à 8:03

    ouais et j’ai découvert aussi qu’il y avait un Anti-Monopoly – parce que le Monopoly c’est un truc de CAPITALISTE !! Tes photos sont très chouettes ; j’aime bien le doigt ganté de noir, on dirait Fantomette

  4. Chabichou 3 juin 12 à 10:21

    Youyou !!! Moi ce soir je me suis souvenu que tu avais un blog qui traînait sur Internet !!! Bisous bisous.

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