Burns supper – l’autre fête du 25 janvier

Or donc, outre l’anniversaire de mon petit frère et de Claire, le 25 janvier est la date de prédilection de mes amis écossais pour célébrer le Burns supper, le diner en l’honneur du poète national Robert Burns qui, comme vous l’aurez deviné, est né en cette date fort chargée du 25 janvier.

On la fête en Ecosse, un peu en Irlande, et un partout dans le monde où une communauté écossaise un peu forte a perduré au cours des siècles – il parait, mais je ne l’ai pas vu de mes yeux, que ça marche du tonnerre en Nouvelle-Zélande.

Ce qui est rigolo, c’est qu’on peut se faire un Burns Supper à la cool, en mangeant du haggis et en buvant du whisky et en récitant des poèmes de Burns, ou bien participer à un repas super codifié, où on ne rigole pas avec la mémoire du barde national.

Tiens, pour situer, voilà sa tête. Faut pas que je me moque de lui, Le Mari est très sourcilleux quant à son protégé, à qui il a d'ailleurs dédié une expo à la bibliothèque il y a deux ans..

Alors bon, mon Burns Supper a moi était plutôt du genre informel, mais je vais vous expliquer comment ça se passe chez les Grands de ce monde (du moins selon mes sources bien informées, je ne fréquente hélas pas beaucoup de grands de ce monde).

Dans un premier temps, on se rassemble, on papote en gens de bonne compagnie, avant que l’hôte ne sonne le début des hostilités dans un discours de bonne tenue, puis tout ce petit monde récite les grâces de Selkirk :

Some hae meat and canna eat,
And some wad eat that want it;
But we hae meat, and we can eat,
Sae let the Lord be thankit.

(en gros : y en a qu’on de la viande et qui ne peuvent pas manger, y en a qui ont rien et qui en veulent… nous on a de la viande et on peut manger, alors remercions Dieu – j’aime le pragmatisme de ces gens). On attaque alors avec de la soupe, normalement du Scotch Broth (une bonne soupe de légume, de viande et de céréales qui te cale avant que tu aies fini la troisième cuiller).

Puis vient le moment classe : l’arrivée du haggis, où tout le monde se lève, tandis qu’un joueur de cornemuse joue un petit air de circonstance. Puis, l’hôte récite The Address to a haggis, poème de Burns en l’honneur du plat national. Pauvres de vous : il y a huit strophes, écrites en écossais du XIXe siècle, que je serais bien en peine de vous reproduire et traduire…  Mais en gros, ça glorifie le plat national, rustique et moche, certes, mais qui élève le coeur et l’âme des écossais rudes à la tâche mais bien ancrés dans la terre natale. Un truc du genre. Ah, et puis, au milieu de l’une des strophes en question, l’hôte doit éventrer, d’un geste précis et adroit, le haggis : c’est le moment fort du souper. On trinque, on boit un coup de whisky à la santé du haggis (je ne plaisante pas), et on le mange.

A noter également que plusieurs discours ponctuent le repas, l’un rappelant un haut fait de la vie de Burns ou un élément de son oeuvre, que l’hôte commentera durant l’Appreciation.
Vient ensuite le Toast to the lassies, un discours fait pour célébrer les femmes présentes dans l’assemblée, et plus généralement visant à donner l’avis de l’intervenant sur la gent féminine. Les dames en question, enfin, l’une d’elle, prononce ensuite le Toast to the laddies, opinion et réplique des femmes sur les hommes. On me souffle à l’oreille que ces discours doivent être drôles mais pas méchants. Bien bien.

Quand on en a fini avec le repas (qui se termine par les succulents et roboratifs desserts écossais) et les whiskys, on chante des chansons de Burns.

De notre côté, nous avons opté pour la version informelle du Burns supper : purée faite maison, carottes en rondelles, et Haggis végétarien pour nous deux. Alors, là, tout de suite, je vous arrête, on ne critique pas : il en allait de ma vie. Figurez-vous que le haggis pour carnivores, je l’avais, bien au frais dans le congélateur, depuis un moment déjà. Un long moment en fait. Au moment de le sortir pour l’accomoder, j’ai par réflexe jeté un coup d’oeil à la date de péremption. Avril 2009. J’ai congelé ce foutu haggis il y a plus de deux ans ! Ni une, ni deux, poubelle : je sais que c’est gâcher, mais, deux ans, même congelé, quand même… Et comme il était trop tard pour se mettre en quête d’un haggis (chercher ce genre de truc un 25 janvier, ici, c’est comme vouloir acheter un beau sapin de noël le 25 décembre… peine perdue), on s’est fait le haggis végétarien tous les deux, sans discours, mais avec de la bière. NA.

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2 réponses à “Burns supper – l’autre fête du 25 janvier

  1. Jean-Nicolas Boubou 27 janvier 11 à 3:23

    C’est aussi bon voir meilleur de toute façon le végétarien 🙂

  2. Claire 27 janvier 11 à 8:41

    Ah ben voilà : l’année prochaine je veux un gâteau d’anniversaire en haggis végétarien. La classe ! 🙂 (et merci pour la jolie carte glitter – il manquait les chatons, mais les zozios c’est super cute aussi !)

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