Suilven

Ohlàlà, alors c’est comme ça, je vous laisse trois jours et les statistiques s’effondrent, vous ne venez plus, et mon statut de bloggueuse influente s’évanouit. Ah ben merci, bravo la fidélité. Allez, parce que je ne suis pas chienne, je vais quand même vous faire partager quelques souvenirs de mon weekend en Ecosse où, soit dit en passant, il faisait quand même très beau et vaaachement moins chaud qu’à Bordeaux où je suis en train de me transformer en grosse masse informe, gélatineuse, suintante, couinant à tout bout de champs « beeeeuhhhhhaaaaah » (cri de Mariette quand elle a chaud et qu’elle aime pas ça).

Hop, c’est donc parti pour la séance diapos. Après avoir survécu à une horde d’écoliers qui partaient en weekend linguistique à Edimbourg avec leurs professeurs (depuis quand les élèves partent en avion, sans dec’ ???? moi de mon temps, je me cognais 130 heures de bus et de ferry pour aller voir la perfide Albion, mais non, maintenant y a les low cost, tout fout le camp ma bonne dame), j’ai atteri dans la fraiche atmosphère ensoleillée d’Edimbourg (durée des nuits en ce moment, entre 5 et 6 heures).

Le lendemain, direction Achmelvich et Lochinver, à l’autre bout du pays, en écoutant de la musique, en s’arrêtant pour prendre des photos de lochs/nuages/montagnes/moutons, avant de planter notre toile de tente dans le sympathique petit camping d’Achmelvich, donc. Deuxième bon point du weekend, avec le temps : pas de midges. Deux ou trois ont bien tenté l’affaire lors du montage de tente, mais il semblerait qu’ils n’étaient pas motivés. Nous avons donc pu gambader dans les collines au bord de la mer sans être dérangés par les bébêtes (par contre, les piqûres de taon, ça fait vachement mal, believe me).

Et le lendemain, nous attendait Suilven.

Suilven (Sula Bheinn en gaélique) est une sympathique montagne à la forme bizarroïde mesurant dans les 730 mètres au plus haut. Pas méchant,  a priori, si l’on excepte qu’il faut se fader une dizaine de kilomètres, dont une partie dans des tourbières, avant d’arrivée au pied du monstre, que l’on attaque au niveau de la ceinture.

Ne croyez pas la photo. C’est sombre, parce que nous avons eu UNE averse, ce jour-là, pile en arrivant au pied de Suilven, en mangeant notre sandwich (passablement humide, du coup).

Vous allez me dire « Ooooh mère grand, mais quelle drôle de forme a cette montagne ». Oui mes petits, c’est parce que Suilven est faite de calcaire torridonien, posé sur un socle de gneiss lewissien (comment je me la pète, je n’en reviens pas, cela dit, faut vous y faire, je vous prépare un exposé sur la géologie de l’Ecosse dont vous peinerez à vous remettre). En gros, c’est un gros boudin de pierre un peu dure, qui a été, en des temps immémoriaux, recouvert de pierre plus molle, qui s’est érodé au fil des millénaires (millionaires?). Du coup c’est rigolo, y a ce gros machin qui pointe au milieu des tourbières, plates, à des kilomètres à la ronde, c’est joli et ça fait un beau point de vue.

Je vous colle une belle photo de ze couple (admirez ma tenue, un maillot de foot d’une quelconque équipe d’Italie prêté par l’Homme évidemment… je vous mettrais bien davantage de photos de lui, parce que c’est quand même le plus beau, mais bon, je me dois de respecter son droit à la vie privée). (Notez aussi que, comme je vous le disais, il y a du soleil, alors qu’on est haut dans les highlands. Truc de DINGUE).

Tout ça pour dire quoi ? Que c’était vachement sympa, parce que les conditions étaient idéales (je n’ose penser au calvaire qu’auraient représenté la pluie et les midges), et parce que c’est beau et grandiose. L’ascension est un peu pénible (ça grimpe bien raide sur les 400 derniers mètres) mais, comme toujours, une fois au sommet, la vue fait tout oublier. Finalement, le seul point négatif est qu’une fois qu’on en a fini avec la grimpette, on voudrait s’arrêter là, mais non, il reste alors 10 bornes à faire, et celles là sont trèèèès longues (surtout avec une ampoule).

Les environs sont désormais la possession d’une fondation locale qui a racheté en 2005 le domaine du coin, Glencanisp estate, jusque là propriété d’une des plus riches familles de Grande Bretagne. Le but est de créer des emplois de façon locale et de préserver l’environnement et l’écosystème des lieux.

Bref, une belle, très belle journée, et une très belle randonnée, un peu aride cependant, à ne pas mettre sous toutes les bottes je trouve.

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7 réponses à “Suilven

  1. Pierre AGERON 3 juillet 10 à 10:34

    Une éternité que je n’avais pas entendu parler de géologie du socle hercynien, ça fait toujours chic….

    Si mes souvenir sont bons, il y a même un étage avec une spéciale dédicace aux Scots: le calédonien, non??

    Bon travail en perspective donc…

  2. Pierre AGERON 3 juillet 10 à 10:45

    Oups…. géologie du précambrien bien sûr 🙂 Merci http://www.scottishgeology.com/

  3. Pierre AGERON 3 juillet 10 à 10:49

    la surrection hercynienne étant postérieure à la surrection calédonienne.

  4. Mariette 3 juillet 10 à 6:33

    EH bien cher Pierre, si j’avais su que la géologie vous plaisait à ce point, je me serais lancée plus tôt !
    Le détail viendra plus tard, le livre que je lis est un peu ardu…

  5. Pierre AGERON 4 juillet 10 à 10:26

    La fréquentation quotidienne de collègues géologues a déteint sur mes centres d’intêrets:-)

  6. benji 3 août 11 à 2:41

    Salut,
    je prevois de m’y rendre dans les semaines qui viennent,
    je trouve tres peu d’infos sur cette rando…
    tu parle de 10 bornes pour le retour,
    cela fait une rando de 20 bornes, combien de temps avez vous mis ??
    apparement c’est tres marecageux… mais du coup est ce que c’est un peu balise ou peut on se perdre facilement?
    merci d’avance si tu a des reponses et/ou des liens internet qui ton aide avant ce trip !
    Bye

  7. Siboneyy 6 août 11 à 4:01

    Bonjour !
    Comme la plupart des sentiers en Écosse, il n’y a pas de balisage, mais il est impossible de se perdre je pense. La majorité du trajet se fait sur un chemin bien net, et quand il s’agit de tourner à droite vers la montagne elle-même eh bien… tout droit jusqu’à la montagne quoi ! Quant à la durée, en prenant notre temps (pause déjeuner, longue pause au sommet pour admirer la vue), on a mis 8 bonnes heures je pense.
    La meilleure description de la rando est là : http://www.walkhighlands.co.uk/ullapool/suilven.shtml
    Je te conseille d’imprimer le morceau de carte OS si tu ne l’as pas achetée.
    Bonne rando !

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