Petit déj à Paris, déjeuner à Londres, dîner à Edimbourg

Eh oui, hier, journée de folie, in the train de 5h12 à 18h30 heure locale. Partis de Bordeaux pour rejoindre Paris, petit transfert de gare, Eurostar jusqu’à la sublime gare St Pancras, transfert vers King’s Cross (pas de bol, la plateforme 9 3/4 était inaccessible), et quatre autres heures de train jusqu’à Edimbourg, avant de finir par 20 minutes de taxi (les trois quart d’heures de bus alternatives étaient au-dessus de mes forces après 12 heures les fesses posées sur des fauteuils plus ou moins confortables). Ah, et par ailleurs, OUI, JE SAIS, c’est moins cher et plus rapide en avion, voilà, on va pas revenir là dessus.

Outre ma première traversée en Eurostar-train, et la découverte de fort belles gares (je n’avais d’ailleurs jamais remarqué à quel point la façade de la Gare du Nord déchire tout), j’ai pu confronter ma petite personne à la bêtise des touristes (cf. ma note précédente, décidément on n’en sort pas). Imaginez : vous montez dans un train à Londres, à destination d’Edimbourg où se tient dimanche le match France-Ecosse dans le cadre du tournoi des six Nations (je vous raconterai, j’y serai). Derrière la place réservée par vous et votre Homme se trouvent une petite dizaine de français – facile à repérer, ils ont accroché un grand drapeau à la fenêtre et ont posé trois bouteilles de ricard et du saucisson sur les tablettes. Les bougres sont de bons gros bœufs : format armoire campagnarde, crânes rasés à la forme plutôt cromagnonesque, âge allant de 40 à 60 à vue de nez (pas facile de respirer quoi que ce soit dans les effluves de Ricard cela dit), ventre trahissant un abus de pinard, pâté et autre douceurs locales. Ajoutez à cela le port du maillot de l’équipe nationale de rugby, les chants paillards braillés à pleins poumons, les hurlements de porcs, les œillades dégoulinantes d’obscénité à toute personne d’origine féminine portant moins de 35 ans, et les commentaires anti-anglais, et vous complèterez le tableau. Ça m’étonnerait pas qu’en plus ce soient des chasseurs. Bref.

Au bout d’une heure de brailleries, confondue de honte devant le comportement de mes compatriotes (le wagon entier restait bouche bée devant tant de sans-gêne et de vulgarité crasse), j’ai osé la remarque. Bon, soyons honnête. L’un d’eux ayant profité du départ de l’Homme aux toilettes pour me lorgner avec la bave aux lèvres, un sourire alcoolisé et les yeux aussi expressifs que ceux d’un boeuf lobotomisé, j’ai un peu… over reacted comme on dit, et j’ai été un peu agressive, envers lui d’abord, puis ses collègues. Levée de bouclier, insultes sous-jacente, commentaires scandalisé de papi-gros-bide-plein-de-ricard: « ça fait quinze ans que je viens en Angleterre et jamais aucune fille ne m’a parlé comme ça (« pétasse » a t-il pensé très fort). Tu m’étonnes, elles devaient s’étouffer de gêne, de pitié devant un vieux gras pathétique dans ton genre, et mourir de rire devant ton anglais misérable, pas la peine de venir quinze ans de suite si c’est pour n’être même pas capable de dire bonjour correctement, vieux con.

Hélas, oserai-je le dire ? J’ai fini par m’écraser. Je fais pas le poids devant dix gros vieux ivres morts. Enfin, à ce stade du voyage, ils n’étaient pas encore ivres morts, ça c’est venu plus tard, après la énième bouteille de ricard, plus celles de vin, etc. A la fin, deux ou trois dormaient bouche ouverte, les autres chantaient de plus belle à 120 décibels, insultaient les hommes et reluquaient les femmes, empestaient le saucisson cheap et la vinasse pourrave.

Arriva alors, au fond, le plus drôle. Le contrôleur est passé, sans rien dire. A sorti son téléphone. Et arrivé à Newcastle, le train s’est arrêté, et puis des policiers sont montés… et ont embarqués les français pour trouble de l’ordre public. On rigole pas avec l’alcool et le calme des citoyens, ici, les gars. Cris outragés des supporters blessés, insultes, cris, échauffement. Papi-gras-du-bide s’en est repris à moi (« t’es contente, toi??? » (« pétasse », sous entendu à nouveau, cet homme a une retenue assez admirable)) avant d’être embarqué (« we, euh, faire pub for England, vous verrez!!!) (occasion aussi pour moi de vérifier que l’Homme est un faux calme. A peine le gros s’est-il adressé à moi qu’il a bondi, toutes griffes dehors, prêt à refaire le portrait du gros plouc qui osait me parler. Je l’ai retenu, un peu plus et on était embarqués avec, eh !!). Si la police est gentille, ils auront été relâchés aujourd’hui et seront au stade demain (je croise les doigts pour ne pas les croiser, eux). Sinon, eheh, ils sont peut-être là-bas.

Voilà. Il s’en passe des choses dans les trains. Le pire c’est que ces gens n’étaient au fond pas méchants (enfin je crois) mais, bon… « le pluriel ne vaut rien à l’homme et sitôt qu’on est plus de quatre on est une bande de cons).

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Une réponse à “Petit déj à Paris, déjeuner à Londres, dîner à Edimbourg

  1. justine 18 février 10 à 4:58

    he bé quel récit ! je sentais la vinasse jusqu’ici ! 🙂

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