« Donne moi ta main… » (moi j’en ai plus)

On devrait toujours avoir à l’esprit que les mains, décidément, c’est bien, c’est utile, et c’est sacrément bien foutu.
Prenez le pouce opposable, par exemple. C’est quand même une foutue bonne idée, le pouce opposable. Ca sert à plein de choses, genre à tenir sa tasse de café, à écrire avec un stylo, à faire mumuse avec la souris, à classer des papiers… le genre de trucs qui arrivent quotidiennement, au bureau, par exemple.

Voilà. Moi depuis ce matin, j’ai un petit problème d’opposabilité des deux pouces. Et de main en général. Parce que moi, Monsieur, je vais au boulot à vélo, fière et pleine de panache sur mes deux roues, cheveux au vent et oeil aux aguets (parce que punaise, les bordelais, c’est quand même des fous dangereux au volant). Bref, d’habitude, c’est ce que je fais. Fière et droite jusqu’au garage à vélo de la fac. Pis ce matin, allez savoir pourquoi, mon panache s’est vautré en même temps que moi en abordant le virage du parking de la fac. Faut dire qu’il a plu pour la première fois depuis un mois, hier, alors forcément, la chaussée était un peu glissante. C’est du moins ce qu’ont dû penser mes roues lorsqu’elles ont amorcé un transfert vertical -> horizontal en l’espace de quelques dixièmes de secondes, m’entraînant dans le mouvement.

Bilan des opérations : un genou mâché mais protégé par mon jean (invention ô combien merveilleuse), sonnette de vélo HS, bleus et contusion un peu partout sur les gambettes (moi qui ai acheté ma première mini-jupe, c’est pas demain que j’exhiberai de la cuisse fraîche) et surtout, plus de peau sur les paumes. Ah ben oui, ça râpe, le bitume, mine de rien. Alors bon, mes collègues compatissantes m’ont désinfectée vite fait bien fait à l’eau oxygénée (je sais pas si vous avez déjà versé de l’eau oxygénée sur de la peau à vif ? C’est dans ces moments que tu te rends compte que des mots grossiers, t’en connais des tas) et j’ai ensuite tenté de passer la journée à bosser normalement – si tant est que sentir tes mains qui suintent sur le bureau est considéré comme normal.

En rentrant ce soir, les mains en feu (mais pas sur mon vélo, eh, pas folle, il dort là-bas le vilain), j’ai tenté une désinfection plus profonde et plus propre (parce que les gravillons incrustés, les plaies qui font pas net, la peau toute marron de crasse bitumesque, c’est des coups à te chopper la grippe A gangrène ou le tétanos, eh !), avant de tourner de l’oeil (oui, les plaies des autres, m’en fous, mais triturer ma propre chair, peux pas). HEUREUSEMENT, Zorro Baby Sister est arrivée. Baby Sister est une merveille. Baby Sister n’est pas médecin ou infirmière, elle est mieux que ça, elle est étudiante en ergothérapie, et accessoirement personne ne nettoie une plaie et ne panse comme elle (demandez à ma mère qu’elle pansait quand cette dernière s’était ouverte la cheville à la tronçonneuse – oui, on est douées, dans la famille). Elle m’a donc soignée aux petits oignons, désinftant avec entêtement, faisant des choses improbables à mes plaies avec une pince à épiler (je ne saurai et ne veux vous donner le détail, j’étais couchée sur le canapé et je ne regardai pas), ruinant son pantalon à coup d’antiseptique à la javel (Marjo, promis, tu en auras un neuf) et me bandant les mains avec une triple épaisseur de velpeau qu’on dirait que je me suis au mieux brûlée au douzième degré, au pire ouvert les veines.

Alors bon, pourquoi en tartiner une telle tranche, me direz-vous, pourquoi tant de détails gore ? C’est qu’il faut bien que je m’occupe. Comme je vous le disais, je n’ai plus l’usage de mes pouces, car les plaies sont disposées de telle façon que si je bouge le pouce, je hurle. Pas de bras pas de chocolat, dit le proverbe. Ben pas de pouce, pas de bol. Je ne peux pas tenir de stylo, je ne peux pas vraiment lire confortablement, je ne sais pas encore comment je vais découper mon poulet froid de ce soir, j’ai du mal à ouvrir les portes (si, avec les coudes, la grande classe) et je me demande bien comment je vais me doucher dans les jours qui viennent. Bref, il me reste le clavier – parce que, eheh, pas besoin de pouces pour pianoter ! Bref, si vous trouvez que ce blog connaît un sursaut d’activité dans les jours qui viennent, c’est normal, c’est la faute à mon B-Twin.

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6 réponses à “« Donne moi ta main… » (moi j’en ai plus)

  1. Mandragore 16 septembre 09 à 8:50

    Ben dis donc, tu fais pas les choses à moitié toi quand tu te casses la figure à vélo… C’est drôle parce que ça me fait étrangement penser à un certain bidou qui s’est tolé à roller il y a quelques semaines avec des résultats tout à fait similaires aux tiens… Des jours à commenter les couleurs de l’arc-en-ciel qui se sont succédé sur son genoux! Courage et bisous guéritout!

  2. Siboneyy 16 septembre 09 à 9:02

    Huhu…! Merci !

    Et je n’ai pas parlé du pire… le bobo à l’amour propre quand 1- tu te vautres devant deux étudiants 2- ces étudiants te tutoient jusqu’à ce que tu leur dise que tu bosses à la BU, là, oui oui, tu es bibliothécaire, et qu’ensuite ils te disent « Madame » et « vous ». L’angoisse.

    Spéciale pensée pour l’un de mes collègues qui m’a conseillée de faire passer ça en accident de travail, parce que « le parking de la BU, c’est aussi la BU ».

  3. Pierre AGERON 17 septembre 09 à 6:09

    Pas dans l’original mais un gros Bon courage!! en ces temps de crise et de crissement de boyau (je sais, elle n’est pas drôle, mais les économistes devant lesquels j’ai présenté ma thèse non plus….)

  4. Siboneyy 17 septembre 09 à 9:37

    Oh c’était quand ?

  5. Pierre AGERON 18 septembre 09 à 8:42

    C’était mercredi à l’Ecole des Ponts à Marne la Vallée dans le cadre des doctoriales des doctorants en transports.

    Sur le tutoiement et le vouvoiement des élèves, n’aie pas trop de scrupules. Je pense qu’un vouvoiement en premiere instance est une bonne solution, après…

    Je dois retourner à mes préparations de cours d’agreg mais, please, let’s tune in parce que l’Ecosse (et la BIU) me fournit un bon bol d’air!!
    Cordialement

  6. Chabichou le vénitien du jour 10 octobre 09 à 2:40

    Que n’en as-tu fais ta photo du dimanche ??? A l’avenir penser à :
    -Acheter des gants de cyclisme
    -Acheter un casque
    -Acheter des genouillères.
    Tu peux aussi prendre les transports en commun, les jours de pluie, hein.

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