Fils de pub *

* Mes excuses, avant de commencer, pour ce titre à nouveau racoleur (faut bien appâter le chaland, ma bonne dame) qui a dû être employé trois millions de fois avant moi, et qui repose sur un jeu de mots désastreux, mais enfin, j’ai toujours un peu de tendresse pour les jeux de mots foireux, disons-le.

Nous voilà rendus à plus de cent notes dédiées à cette bonne vieille Ecosse et je ne vous ai toujours pas parlé des pubs. Mais où avais-je la tête ??? Parler d’Ecosse sans évoquer cette vénérable et alcoolique institution, c’est comme décrire la France sans disserter sur le fromage, raconter l’Espagne sans faire un tour par corrida et les castagnettes, penser à nos amis italiens sans faire un sort à leurs spaghettis bolognaises. On ne peut pas.

Alors, moi, vous voyez, je suis pas du genre alcoolique. Je vais jamais boire de ricard au PMU, c’est vous dire, et pourtant je suis française. Mais une fois là-bas, je me laisse plus volontiers aller à lever le coude sur un coin de zinc (cette note part terriblement mal, ça sent déjà l’ivrogne à plein nez).
D’abord, et c’est un fait, parce que la bière y est meilleure. On y sert de délicieuses ales, le seul genre de bière qui me plaise vraiment (les stouts genre Guiness, je trouve ça franchement dégueu, et les lagger pétillantes et glacées ne font pas mon bonheur et me paraissent assez désagréables) dont je ne me lasse pas. La « Best », qui porte décidément bien son nom, a toutes mes faveurs.
Ensuite parce que l’ambiance y est décidément unique. Le pub écossais, c’est pas le bar trendy branchouille avec chaise en polymère recyclé, tables en coton bio équitable et bambous du panamas pour décorer, avec cocktails carotte-tomate-céleri pour ouvrir les hostilités. C’est pas le PMU cradingue avec lumière glauque et gras-du-bide-tachés-de-cambouis accoudés au comptoir poisseux. C’est pas la terrasse de café où des serveurs dédaigneux te facture la gorgée  de café au prix du baril d’essence. Nan. Le pub, c’est un enchevêtrement de salles obscures mais pas sinistres, avec parquet ou moquette (oui, moquette ! ça me fascinera toujours que l’on ose la moquette rouge dans un endroit où la bière coule à flots), vieux tableaux et déco improbable aux murs. C’est un comptoir en bois et zinc où des serveurs et serveuse, parfois locaux, souvent étrangers dans les grandes villes, prennent ta commande sourire aux lèvres, te font la conversation et te servent (toujours au comptoir, on emmène sa conso soi-même jusqu’à la table comme un grand) des demis à des tarifs dérisoires. C’est des juke-box, des distributeurs de cigarettes, des machines à sous clignotantes ici et là. C’est des toilettes toujours clean, propres, claires, fraîches (honnêtement, je suis toujours épatée du savoir vivre et de la propreté de ces gens-là). C’est de la nourriture servie à presque toute heure, sans doute pas recommandée dans les grands guides de cuisine nouvelle, et probablement déconseillée aux gens à la diète, mais qui me ravit systématiquement (gniii, Nachos-bière, grouuuuu  haggis-bière, huuuu guiness pie-bière, rhaaaaaa cheese cake tout seul parce que bon, avec de la bière, là, c’est dégueu !!!). C’est une ambiance unique, un fond de musique pas tarte (la musique est JAMAIS tarte en Grande-Bretagne, même dans les supermarchés ils passent des trucs hype, z’avez remarqué?), des ouvriers venus finir la journée tranquillement, des bandes d’étudiants sappés comme des sapins de noël, des mecs et des nanas en enterrement de vie de garçon/fille, des couples cachés dans les recoins obscurs, des parents avec leurs enfant venus savourer un fish & chips… j’adore ce mélange des genres, cette tranquilité, cette bonne humeur saine.

En trois ans, j’ai eu l’occasion d’en voir beaucoup, et tout autour du pays. On trouve des pubs incroyables dans les coins les plus reculés des highlands – pardi, le pub est tout de même, avec l’église, le lieu social par excellence dans des villages où bibliothèques, cinéma, musées n’existent pas ! Des petits troquets coquets, confidentiels, confortables, où l’on peut passer des heures dans la pénombre douillette, savourant sa bière au coin d’un vrai feu de bois qui crépite et sent bon (même en juillet, eh oui).

J’ai un faible pour « notre » pub à l’Homme et à moi, celui de Penicuik où nous allons rituellement et régulièrement nous endouilletter, le Craigiebield. De l’extérieur, c’est du Tim Burton cossu :

846584

Dedans, on se sent bien :craigiebield-hotel_bar

Oui, décidément, pubs, je vous aime, vraiment ! Il me vient l’envie, là, maintenant, d’entamer un cycle de photos de pub. C’est à creuser…

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6 réponses à “Fils de pub *

  1. Isaac N. 13 septembre 09 à 8:05

    Je crois que j’ai quand même mis un bon paragraphe et demi avant de comprendre que tu nous parlais de la version écossaise des bars et pas de ce qui sert à saucissonner les programmes télé.
    (le jetlag c’est mortel).

  2. Siboneyy 13 septembre 09 à 8:07

    Mouahahahah ! Genre, l’autre pour nous rappeler qu’ELLE va Niouiorke.

  3. pseudojune 14 septembre 09 à 4:22

    trop classe les pubs écossais (surtout celui de penicuik ; t’as pas l’impression de te sentir dans un perpétule roman des fois ?)
    🙂

  4. camille 14 septembre 09 à 5:12

    Claaaaasse ! ça n’a rien à voir avec les pubs qu’on peut trouver en France, en fait.

  5. Siboneyy 16 septembre 09 à 9:02

    Non, c’est vrai, c’est un truc complètement différent. C’est sympa, je trouve.

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