Oh no, it’s raining again

Nous voici de retour d’un weekend des plus pittoresques. L’Homme et moi avions donc décidé de passer trois jours dans les Highlands, sans plan bien défini. L’idée ? Prendre la voiture et la toile de tente, rouler, et advienne que pourra.

Ah ah. C’était compter sans le temps, particulièrement pourri de vendredi matin à ce soir. Maigre consolation, ce n’était pas une particularité du Nord, l’Écosse toute entière ayant été touchée par des trombes d’eau peu sympathiques. Pour cette raison, je vous prie de bien vouloir m’excuser mais cet article ne sera illustré que de photographies ne provenant pas de MON appareil photo, puisque je ne sors pas ce petit bijou sous une pluie battante, c’est comme ça.

scotland

Jeudi soir : camping d'Aviemore ; vendredi soir : camping de Durness (la croix en haut à gauche) ; samedi soir : camping d'Ullapool

(Je sais, cette carte est un peu bof, mais je ne suis pas une pro de la retouche d’image, du tout…). Comme vous pouvez le voir, l’essentiel du weekend, passé sur la route, a consisté à faire le tour de la « péninsule » nord, après une nuit dans le très choupi camping d’Aviemore. Nous avons visité le magnifique château de la famille Sutherland, situé à Dunrobin, avant de nous diriger vers le point le plus au nord-est de l’Ecosse, John o ‘Groats (car, contrairement à la légende, le point le plus au nord de la Grande Bretagne est le phare de Dunnet Head).

dunrobin2

Dunrobin castle, tel que j'aurais aimé le voir (trop de pluie, on a laissé tomber la visite des jardins). La visite était passionnante, et pas seulement pour les multiples trophées-têtes de cerf exposés dans l'entrée. J'aurais jamais cru que deux cerfs pouvaient avoir une tête aussi différente...

John o’ Groats (qui tire son nom d’un certain John de Groot, hollandais de son état, qui établit une ligne de ferry entre l’Ecosse et les îles Orcades au 15e siècle) comment dire… c’est… inutile, moche, sans intérêt. Il y a bien un phare, mais à moins d’être passionné par les phares écossais, on n’y trouve rien à se mettre sous la dent (d’ailleurs, c’est marrant, quand on googlise John O’Groats, les seules images qui sortent sont celles du phare, celle des falaises voisines, et éventuellement celles de cyclistes ou de randonneurs qui parcourent les 874 miles qui séparent le village de Land’s end, en Cornouailles… mais rien du village lui-même). Une escale rapide, donc, avant de nous diriger vers Durness, charmant petit village qui, anecdote anecdote, était le lieu de vacances de John Lennon (le pauvre). Outre les cinq maisons se battant en duel, la supérette, les falaises magnifiques et les deux pubs/restaurants/café, le village possède un charmant camping situé à-pic d’une fort belle plage.

the_durness_area_1

Comme ne le montrent pas les photos, le temps était dégueulasse, ce qui nous a empêché de tenter une baignade matinale (Dieux merci, à 10°, je ne me baignerais que parce que j’ai parié de le faire, hein). Nous avons campé en haut de la falaise, bien venteuse ce soir là, et il s’en fallut de peu que la pluie ne nous fit regretter le choix de la tente. Le lendemain, un petit retour sur la plus belle plage du monde, Sandwood bay, aurait été une parfaite escapade si une averse particulièrement violente n’avait rendu les 6 kilomètres de marche de retour quelque peu… désagréables.

Sandwood, magnifique et reculée

Sandwood, magnifique et reculée

Mais ce n’était rien comparé à notre dernière nuit à Ullapool, village dont la situation est absolument superbe, mais au dessus duquel le temps était hier absolument terrible. Une tempête a frappé le loch Broom au moment même de notre arrivée, nous forçant à planter la tente et à dormir par un vent atteignant plus de 100 km/h, et sous une pluie toujours battante. Rendons hommage à l’étanchéité et à la solidité de notre tente, qui a tangué, bougé, remué, couiné, mais n’a pas flanché. Rendons aussi hommage à l’optimisme à toute épreuve de l’Homme qui, alors que les arbres pliaient, touchaient presque terre, que des campeurs pliaient bagages devant la violence des vents, que le loch semblait déchaîné comme la mer en pleine tempête, est parvenu à garder le sourire, à me convaincre de monter la tente, et à me rassurer quand je me voyais prête à mourir écrasée par un tronc ou noyée par un tsunami (oui, même les lacs sont sujets au tsunamis dans ce pays, j’en suis certaine).

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Ne vous fiez pas à ce calme trompeur : à Ullapool ce soir, faisait un temps à pas mettre un mouton dehors (et pourtant y a fort à parier qu'ils ont passé la nuit à se geler les cuissots dans la lande)

Que retenir de ce court et humide weekend ? D’abord, et cela ne fait que confirmer ce que l’Homme et moi avons constaté à plusieurs reprises : les Highlands (et l’Ecosse plus généralement) ne sont pas faits pour être arpentés l’été, surtout en août. Le temps y est particulièrement exécrable, et les journées les plus ensoleillées sont généralement gâchées par la prolifération de midegs. Mieux vaut y aller au printemps.

Ensuite, que la côte nord est n’est pas des plus intéressantes ; pas laide, bien entendu, mais si terne et plate comparée à la côte ouest, qui reste la plus impressionnante et la plus torturée des figures de l’Ecosse. Sur la route qui mène à John O’Groats, l’on voit des milliers de moutons (qui, contrairement à leur paresseurs voisins de la côte ouest, se tiennent debout, et broutent à peine, absorbés par des pensées sans doute passionnantes puisqu’elles leur font oublier de manger), des collines à peine esquissées, et une désolation à perte de vue. Le nord se fait plus agité, plus découpé, les premiers lochs apparaissent, les plages de sable blanc et d’eau transparente font leur apparition.
Dernier constat : l’Ecosse semble être LA destination à la mode en France et en Italie. Depuis deux semaines que je me promène, je ne vois et n’entends que ça. Et moi qui croyais que les français cherchaient le soleil ! Respect, en tous cas, à ceux qui prennent la peine de venir depuis l’Italie en camping-car… de combien de semaines de vacances disposent-ils donc pour se permettre une telle route ???

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6 réponses à “Oh no, it’s raining again

  1. BS 16 août 09 à 10:55

    Donc tu es toujours vivante, c’est rassurant.

  2. Mandragore 17 août 09 à 1:42

    Dis donc tu peux parler toi qui ne réponds pas aux mails…

  3. Siboneyy 17 août 09 à 1:56

    Tut tut tut, on ne règle pas ses comptes ici 😀
    Ouais, toujours vivante, mais c’était assez effrayant comme nuit.

  4. pseudojune 17 août 09 à 2:21

    superbe récit bravo 🙂

  5. Pierre AGERON 17 août 09 à 6:16

    Ah le Nord, Ah Thurso: un nom qui semble exotique, y compris à une habitante de Glasgow pour qui la côte Nord, dont elle revenait à peine, semblait aussi enclavé que le Cap Nord….

  6. Siboneyy 17 août 09 à 6:35

    Enclavé, c’est tout à fait le mot. Thurso était, comment dire, providentiel, puisqu’on y a trouvé, enfin, un endroit où déjeuner. Mais c’était pas bien la joie, il faut le reconnaître.

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