Comment se la péter grave, mais avec élégance

Or donc, je sors d’un silence contraint par un état médical un peu casse-pieds mais espérons-le amené à s’améliorer dans les semaines à venir, pour vous narrer mes aventures chez la Queen.

Car, souvenez-vous ladies and gentlemen, j’étais de sortie chez la Reine, invitée par le Lord Chamberlain à qui Elisabeth avait dit, en le prenant entre quatre z-yeux au détour d’un corridor molletoné de Buckingam Palace, « Chamberlain my dear, va falloir m’inviter la Mariette et son Homme, they are the jewels of my crown ». J’invente rien, c’était écrit sur le carton d’invitation, que le Lord Chamberlain était commandé de nous inviter.

Alors comment dire, la Garden Party, c’est un genre de grand cocktail géant où des centaines de parasites aussi concernés que profiteurs viennent se faire péter le nounours gratuitement dans un cadre enchanteur tout en ayant la possibilité d’apercevoir la Monarque herself, dont on ne doit plus s’étonner d’apprendre qu’elle est couverte de dettes, tu m’étonnes.

L’Homme et moi, on était sur notre trente et un, lui beau comme un Dieu dans son costume beige (il a refusé le kilt, je suis toujours déçue), moi dans un attirail digne des costumes que l’on voit lors du Prix de Diane, robe bustier, talons de 9cm, chapeau avec plumes ET voilette… je cartonnais sévère, croyez-moi. En plus sa cravate était assortie à ma robe, miracle.

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On mange bien, à la Garden Party, et on boit de la limonade qui tire les dents tellement elle est sucrée, ou du thé avec un nuage de lait bien entendu. Moi, classe oblige, j’ai pas trop mangé : ça fait goinffre de s’enfiler les petits fours à la chaîne, et puis j’étais trop occupée à bomber le torse pour faire tenir mon bustier qui menaçait d’abdiquer, malgré l’application généreuse de scotch à seins (pardon, de fashion tape) avant le départ. Et puis de toutes façons, le spectacle, il est sur la pelouse, pas dans les assiettes remplies de douceurs. On croise des kilts, évidemment, venus en famille pour l’occasion (aaaah, les grands dadais boutonneux de 18 ans qui portent la jupe ! beaucoup moins séduisant que sur un homme accompli, décidément, le kilt n’est sexy que sur du viril). On croise une foultitude de mémés à la mise en plis savamment arrangée autour du bibi assorti à la robe (de préférence mauve, bleu layette, rose dragée ou jaune très pâle). On croise des messieurs très digne en costume trois pièces et chapeau haut de forme. On croise les archers écossais, avec leur arc et puis les plumes sur le galurin. On croise des demoiselles et des dames attiffées, mal habillées, un peu empruntées, et des dondons qui ont oublié que le décoletté plongeant, c’est interdit quand on fait du 52 et un bon 150 A. On croise des habituées de ce genre de party, avec de vraies robes de cocktail à prix délirant et des chapeaux impossibles qui débordent de partout, comme à Longchamps. On croise un prêtre en fauteuil roulant avec des lunettes noires suivi d’un laquais bossu et boiteux (véridique).

Et puis on croise la Queen. Enfin, on la croise si on a la chance ( ?) de faire partie des cinq ou six groupes ayant l’insigne honneur de pouvoir être présentés à sa royale personne, sinon on fait partie des dizaines de badaux curieux qui sautillent sur leurs talons de neuf centimètres pieds pour tenter d’apercevoir le petit bouchon, comme l’appelle ma cousine. C’est vrai qu’elle n’est pas bien haute, mais on la voit de loin avec son chapeau rose Barbie.
Honte à moi, pourtant, et à ma gourmandise trop peu de temps muselée : après avoir attendu 35 minutes le passage de la reine, de retour de son « thé sous la pergola », je n’en ai plus pu, de par la douleur qui irradiait de mes orteils jusqu’à mes chevilles, mais aussi parce que je guignais ces petites coupes de glace que certains passants arboraient fièrement en déambulant, moins intéressés que moi par le passage du royal cortège. A bout de force, j’ai donc jeté un coup d’œil au programme des festivités et, constatant que ledit passage ne devait pas se faire avant 20 bonnes minutes, j’ai enjoint l’Homme de rester là et de tenir notre place en or (aux premières loges pour regarder la Queen droit dans les yeux), j’ai remis mes escarpins discrètement laissés de côté (ouais hé, ça va, 35 minutes de pied de grue sur 9 cm, hein), et je me suis empressée d’aller soulager le serveur de sa dernière coupe de glace. Revenant quelques minutes plus tard, j’ai trouvé que la foule de disloquait curieusement ; tout ça pour que l’Homme m’apprenne, hilare, qu’environ dix secondes après mon départ la Reine, lassée de ces protocolaires mondanités, était passée à toute allure, suivie de sa clique, pour rentrer bien à l’abri dans son château. Et voilà comment j’ai manqué mon gros plan sur la Queen : un coupe de glace même pas délicieuse à la main. C’est les snipers en embuscade qui ont dû rigoler, sur leur toit !

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5 réponses à “Comment se la péter grave, mais avec élégance

  1. pseudojune 22 juillet 09 à 10:49

    waow comment t’étais trop belle ! 🙂 c’est la voilette, ça change tout hihi

  2. c-a 23 juillet 09 à 3:22

    la reine en rose barbie?! j’y crois pas!!!

    et puis moi j’suis super habitué de la voir, sur les pièces de 1 cents, 5 cents, 10 cents, 25 cents, un dollars, deux dollars, et même, oh la chanceuse, sur les billets de 20$

    alors moi la reine, je la côtoie régulièrement! 😉

    et puis c’est une petite garce de toute façon (dit-il en entendant les agents du MI6 entrer pas trop discrètement dans la maison!)

  3. Siboneyy 29 juillet 09 à 9:06

    Oui, la voilette, ça cache beaucoup de choses… 😀

  4. Siboneyy 29 juillet 09 à 9:10

    Oui bon hein ça va ! Moi aussi je la vois sur les pièces en Grande Bretagne :p

    (ce qui me fait penser que, Dieu merci, nous n’avons pas Sarko sur NOS pièces).

  5. Chabichou 2 août 09 à 4:49

    TU AS RATE LA REINE ???!!! GOUR-DASSE !!!
    Le kilt n’est pas sexy que sur du viril, il est aussi très sexy sur Raoul de Caen, qui en matière de virilité voudra pourtant bien repasser…

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