Penicuik, 2 – où comment je me suis remise à marcher

Jusqu’à l’année dernière, j’aimais virtuellement la marche à pied. Je dis virtuellement parce qu’à  part les souvenirs de courtes randos quand j’étais plus jeune, et le fait que je me déplaçais presque exclusivement à pieds à Paris, je n’allais pas gambader dans les champs tous les quatre matins. Et puis l’idée d’être dehors, au grand air, enfin tous ces trucs de hippies, ça me plaît bien.

Or, s’il est une chose que l’Homme aime par-dessus tout (enfin, après moi), c’est de chausser ses boots et de marcher. Une journée enfermé et je le sens qui trépigne, qui s’agite et qui s’ennuie. Le manque se fait sentir. Même s’il pleut. La pluie n’arrête pas l’Homme. Ni les écossais, en général, tu penses, s’ils devaient rester chez eux chaque fois qu’il pleut, on les verrait pas souvent dehors, ces braves gens. Partant du principe que ce n’est que de l’eau, que ça tue pas, et que la peau c’est comme le Tefal, c’est étanche, ils sortent, ils se baladent, moins couverts que toute personne raisonnablement sensée, et souvent sans parapluie. Mais je m’égare. Tout ça pour dire que l’Homme, en bon écossais, marche, qu’il pleuve, vente, neige ou tombe des sauterelles.

Ce que je préfère en Ecosse, c'est le climat.

Ce que je préfère en Ecosse, c'est le climat.

Par conséquent, je l’accompagne, délaissant la cheminée, le sofa et la théière. Nous arpentons de concert les chemins penicuikois, qu’il connait comme sa poche puisqu’il a eu tout le temps de les explorer, depuis la petite enfance. Je me retrouve donc régulièrement dans des coins pas possibles, au milieu d’un troupeau de moutons vaguement mutants (si si je vous jure, avec des grosses têtes toutes rondes et un air féroce), à flanc de colline (un pied en train de glisser dans la glaise et les feuilles détrempées, l’autre mal stabilisé sur un caillou vaguement accroché à son support, en train de me demander si je vais réussir à attraper le tronc qui dépasse là-bas pour enjamber la crevasse… je ne rigole pas, je me suis retrouvée dans des positions très humiliantes, lors de cette ballade, tout ça pour aller voir « l’entrée du tunnel qui traversait les collines, c’est super intéressant mais un peu compliqué, ah et puis oui en fait y a juste une porte à voir maintenant, mais c’est normal, le tunnel est condamné, tu penses… »), sur des barbelés (un peu technique, au-début, l’enjambage de barbelés, j’ai ruiné un pantalon comme ça, mais on prend vite le coup, il faut juste de bonnes chaussures et des gants), à me taper le cul sur un  VTT, ou à faire des boules de neige au sommet des Pentlands alors que je toussais à m’en décoller la plèvre depuis une semaine.

Bon cela dit, des fois, ça va, on voit le ciel.

Bon cela dit, des fois, ça va, on voit le ciel. Presque. Là, c'est un des deux réservoirs qui alimentent Edimbourg en eau potable.

Par ailleurs, l’Ecosse est un pays de droit extraordinaire, où la propriété privée ne revêt pas du tout le même sens que chez nous. Du coup, un propriétaire a beau clôturer son terrain, il ne peut en interdire l’accès et le droit de passage ; en clair, si vous ne taquinez pas méchamment les moutons – même mutants – et que vous ne faites pas de grands feux de joie avec les sapins, vous êtes le bienvenu – et souvent, de jolies petites barrières permettent aux gentils randonneurs d’entrer sans se déchirer la culotte sur les barbelés, eh oui, c’est ça aussi, le pays des Bisounours.

Enfin, tout ça pour vous dire que quand je vais là-bas, je ne passe pas mon temps au pub ou à manger des scones, comme le prétendent les esprits malveillants. Je m’adonne à des exercices sains et vivifiants. Et puis la bière a un goût particulièrement savoureux quand on la déguste dans un pub, au coin du feu, après une journée à se les geler en pleine forêt…

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Une réponse à “Penicuik, 2 – où comment je me suis remise à marcher

  1. Isaac N. 21 janvier 09 à 8:48

    Moi, ce que j’aimerai, c’est une photo de l’Écosse à un moment où il pleut des sauterelles. Ça arrive souvent ?

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