Buachaille Etive Mor

J’en vois déjà qui s’enfuient à la lecture de ce nom barbare ou qui sortent les chapelets pour m’exorciser, persudés que je parle désormais un langage diabolique. Que nenni, c’est du gaélique et ça ne mord pas.

Je vous avais déjà parlé de cette montagne qui est (à ce jour) ma préférée, située à l’entrée du Glen Etive. Il faut dire que de face, elle a beaucoup de caractère, toute pyramidale qu’elle est. Afin de satisfaire mon goût pour la balade par tout temps et en toutes conditions, l’Homme, qui sait décidément comment me faire plaisir, a eu la gentillesse de me conduire directement au pied de ladite montagne lors de mon dernier séjour écossais, fin novembre, projetant d’en faire l’ascension le lendemain même.

Moi, a priori, j’étais plutôt contente. Pensez donc, mon premier Munro allait être ma montagne préférée, youpie !
Le lendemain en question, mon ravissement a un peu terni. D’abord parce que malgré les affirmations péremptoires et généralement avisées de BBC Weather, c’était bien de la neige qui tombait du ciel. Ensuite parce que vu de profil, par là où on monte, le Buachaille n’avait pas l’air sympa DU TOUT.

 

La grosse coulée de neige, au milieu, c'est le chemin.

La grosse coulée de neige, au milieu, c'est le chemin. Arrivé sur la ligne de crête, c'est la première à gauche, tout droit jusqu'au sommet.

Mais bon, je n’allais pas me dégonfler… Et puis bon, mon guide de rando la cotait quatre étoiles, pas cinq – presque faisable les doigts dans le nez, donc. Presque. Passée la première partie de l’ascension, jusqu’à la neige donc, la grimpette se fait un peu plus pénible en raison de la glace qui rend les pierres très glissantes. On abandonne très vite le côté « princesse de la rando » pour y aller prudemment, sur la pointe des boots, avec précautions. La vue commence à se faire impressionnante –  encore que le coup d’oeil en arrière s’avère souvent source de vertige !

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La dernière partie, en revanche, me laisse perplexe. Selon les guides, il s’agit en temps normal d’un éboulis. Là j’ai eu du mal à m’en rendre compte, vue la couche de neige qui recouvrait le tout ; toutefois, par temps sec, je pense que la montée doit être infernale, tant c’était casse-gueule. Avec un peu de neige, au moins, ta chaussure s’agripe un peu (encore que sans crampon… note pour les amateurs : en cas de neige, partir avec des crampons et un piolet, pas comme les inconscients que nous sommes). Mais si tu rampes sur de l’éboulis, ça ne doit pas être drôle du tout. J’ai cru frôler la mort pendant les dix dernières minutes, accrochée à quatre pattes et tentant de me hisser péniblement jusqu’au sommet, avec Robert pour faire pare-chute juste derrière moi. Aucun amour-propre ne résiste à ça.

Une fois sur la ligne de crête, en revanche… c’est merveilleux.

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Et froid aussi. Et pas qu’un peu venteux. Et la neige a une fâcheuse tendance à brouiller les pistes… c’est donc à pas prudents que nous montons jusqu’au vrai sommet, sans toutefois nous aventurer au bout du bout – à la pointe, au sommet de la pyramide que l’on voit depuis Rannoch Moor. Trop venteux. Trop étroit, le chemin. Trop à pic à droite et à gauche. Moi, j’ai le vertige ; arrivée là-haut, je suis au supplice – enfin, presque, la vue est trop grandiose pour que je sois complètement submergée par l’angoisse.

Après le pique-nique le plus glacial de mon existence, nous décidons de redescendre. Il est possible de suivre la ligne de crête jusqu’au Buachaille Etive Beag (et de faire deux Munroes dans la journée) mais ne tentons pas le diable : à 14h, on est à une heure et demie du coucher du soleil en cette saison, et il est hors de question de faire la redescente dans l’obscurité.

 

Je crois que vous comprendrez pourquoi.

Je crois que vous comprendrez pourquoi.

Au moins, la neige a cet avantage que l’on peut descendre assez vite : en sautillant, les pieds s’enfoncent gracieusement et efficacement dans 10 de poudreuse. Parfois, on finit un peu sur les fesses, mais enfin, le résultat est là : on redescend vers la terre non gelée.
Le passage par la zone non neigeuse mais bien gelée est encore plus délicat qu’à l’aller – les crampons bon sang, les crampons ! – mais nous parvenons sains et saufs, et pas trop frigorifiés, au pied de la montagne (non sans avoir croisé deux ou trois cerfs débonnaires quoiqu’attentifs).

Comme je le disais, il est 15h30, et le soleil se couche entre les montagnes. Je n’en reviens toujours pas de l’avoir fait.

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7 réponses à “Buachaille Etive Mor

  1. Pierre 7 décembre 08 à 10:24

    « à 14h, on est à une heure et demie du coucher du soleil »

    Avoue, c’est l’office de tourisme du Scotland qui t’emploie !

  2. Siboneyy 7 décembre 08 à 11:21

    EH ben quoi ? Jaloux ? On voit pas ça partout hein 😀

  3. Pierre 8 décembre 08 à 9:27

    Hahaha

    C’est vrai que c’est presque aussi beau que la Corse 😛

  4. Chabichou 4 janvier 09 à 3:05

    On attend la suite avec une impatience non feinte. Raconte-nous Noël !!! Tu as fait du patin à glace sans patins sur le Loch Ness ?

  5. Siboneyy 4 janvier 09 à 3:17

    Ca va venir, ne t’imaptiente pas. Pour l’instant je me ronge les ongles un par un en attendant que mon avion daigne rappliquer. Une heure et demie de retard pour l’instant. Merveilleux.

  6. Denis 2 février 09 à 10:41

    Cette montagne ressemble beaucoup au Ben Nevis, je trouve.

  7. Siboneyy 3 février 09 à 10:59

    Bah Ben Nevis est pas bien loin, mais c’est pas celle-la ! Je ne connais pas son nom, cela dit, mais je peux chercher…

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