Petit précis d’entomologie à l’usage des futurs vacanciers (1)

Ceux qui ont eu le courage de lire in-extenso le récit de mes aventures estivales sur le West Highland way n’auront pas manqué de remarquer, tant il en est fréquemment fait mention, que mes trois camarades et moi-même avons eu à souffrir d’une présence extérieure souvent étouffante et parfaitement malvenue : les midges, mes amis, auraient bien pu ruiner le plaisir de cette semaine de randonnée.
Lorsque l’on parcourt sur Internet les forums dédiés à l’Écosse et à la randonnée, deux sujets sont perpétuellement remis sur le tapis : le climat (vaste et insondable sujet sur lequel j’aurais probablement l’occasion de revenir) et les midges, qui inquiètent le néophyte qui comprend bien à la vue du nombre d’occurrence sur les bébêtes qu’il s’agit d’un sujet sensible, mais ne parvient pas à prendre l’exacte mesure du problème et reste convaincu, au fond, que les gens sont bien geignards et en rajoutent forcément (suite sans doute à une idée fort répandue qui veut que moustique = fléau des pays chauds, et que puisque Écosse = pays pas chaud, les moustiques ne peuvent qu’y être petits, faiblards et inoffensifs).

Erreeeeeur !

Petits, oui. Ça, on ne peut pas leur reprocher leur taille. Le midge lambda, Culicoides impunctatus, le Highland midge, est minuscule, pas beaucoup plus qu’un ou deux millimètres. Sans vouloir offenser M. Midge, ajoutons qu’il est fort laid. La preuve en image :

Y a pas à dire, il a une sale gueule.

Indubitablement, il a une sale gueule.
On le rencontre principalement dans les endroits humides et non cultivés (autrement dit, dans les highlands, potentiellement partout) pendant les mois d’été. Il fréquente surtout le nord-est de l’Écosse, encore que des études alarmées aient relevé la présence inhabituellement forte de midges dans les Borders ces dernières années, en raison d’un climat particulièrement favorable à leur reproduction. Comme ses camarades moustiques du monde entier, M. Midge ne pique pas, laissant sa femelle se cogner tout le boulot, allant de la piqûre d’inoffensif humains à la ponte d’oeufs après un repas copieux. C’est là que nous entrons en jeu, vous et moi. Le sang de bête n’est qualitativement pas comparable à nos délicieux globules, semble t-il, et Mme Midge se repaît avec plaisir du sang des milliers de randonneurs suffisamment idiots pour aller folâtrer dans les highlands, son vaste garde manger, pendant la période de chasse.

Si Mme Midge était un prédateur isolé, si à la rigueur elle sortait avec trois de ses copines pour un petit snack, cela irait. Ce serait supportable. Le problème, c’est que Mme Midge a des millions de copines, et je n’exagère pas. Lors d’une étude dont je me refuse à imaginer l’horreur des détails, plusieurs centaines de milliers de midges furent collectés sur une surface de quelques mètres carrés. C’est vous dire. Peut-être comprenez-vous mieux maintenant mes remarques répétées et quelques peu monomaniaques, dans mes récits de vacances. J’ai quelques souvenirs atroces : me levant le matin et ouvrant ma toile de tente, dans l’espoir d’un petit-déjeuner sympathique en pleine nature, combien de fois ai-je grimacé d’angoisse en voyant, voletant près du sol sur environ un mètre de hauteur et ce, à perte de vue, des milliers de moustiques prêts, eux aussi, à entamer la journée dans la joie et la bonne humeur ?

Dans la prochaine note, je vous expliquerai comment on peut survivre en cas d’invasion de midges.

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