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What I love

Une question revient souvent, quand j’explique ma situation et mon goût pour ce pays : “qu’est-ce qui te plait en Ecosse ?“. La plupart demandent cela sans arrière-pensée (sous-entendu : “mais qu’est-ce qui peut bien pousser une personne raisonnable et sensée à vouloir se barrer dans un pays où il pleut et où les gens ne causent même pas la France, hein?“), et sont simplement curieux de connaître ce qui m’attire là-bas (à part un écossais en particulier, évidemment).

A l’heure où j’ai décidé de me marier et, à terme, d’aller passer quelques années par là-bas, la question se pose avec d’autant plus d’acuité. Il est facile de tout voir en rose lorsque l’on vit à quelques centaines de kilomètres du pays de ses rêves, mais lorsque l’on envisage d’y poser un peu plus longtemps ses valises, il faut se demander, vraiment, ce que l’on y trouve de si attirant. Et ce n’est pas toujours facile. Oui, l’Ecosse a un climat de merde difficilement supportable lorsque l’on est né dans l’une des régions les plus ensoleillées de France, oui il y fait nuit tôt à tel point que l’on manque de cette lumière qui fait tant de bien.  Oui, l’Ecosse peut être sacrément inhospitalière, elle connait un fort taux d’alcoolémie, la crise est passée par là… Ce n’est pas un paradis à proprement parler, donc. Cela dit…

L’herbe est toujours plus verte sur la colline d’à côté. J’ai aimé me sentir étrangère dans ce pays, j’aime ce sentiment qui te pousse à te forcer, à apprendre, à découvrir, à aller vers les autres, à ne pas être chez toi. Les choses sont moins facile, et l’on a sur les choses un regard plus clair, plus neuf, une distance l’on n’a pas lorsque l’on est chez soi. Tout est alors source d’étonnement et d’émerveillement, les plats, la forme des bus, l’allure des maisons et des villes, le prix des burgers, la couleur des panneaux, le costume des flics… c’est bête, mais c’est fou !
Ce sentiment ne m’a pas autant saisie lors d’autres voyages, en Allemagne, en Italie, en Autriche. Il y a là-bas un je-ne-sais-quoi qui m’a saisie dès mon premier voyage, en juillet 2006, une sensation de bien être, d’évidence. Edimbourg, les Borders, j’ai senti d’emblée que c’était un endroit pour moi, un bon décor pour mon personnage, un bon environnement naturel si vous voulez, et cette sensation ne s’amenuise pas, bien au contraire. Elle ne fait que se renforcer à chaque fois que je prends l’avion et que je survole le sud du pays, avant de poser le pied sur le tarmac d’Edimbourg. A chaque fois que je sors de la cabine et que je sens cette odeur de terre mouillée, que je vois ce ciel un peu plombé, que j’entends les accents si particuliers, j’éprouve la curieuse sensation d’être à la maison.

Et puis, j’aime Edimbourg, cette ville si belle, si harmonieuse et si déglinguée en même temps, avec ses ruelles étroites en cascade sur les collines, ses bâtiments qui trouvent le moyen d’être baroques dans leur austérité, ses parcs verts couverts de jonquilles au moi de mai, ses magasins aux devantures bariolées qui égaient les pavés luisants.

J’aime savoir que dans cette ville, comme partout ailleurs dans le pays, on ne refusera pas un emploi sous prétexte que je ne suis pas née anglaise. On me donnera ma chance, comme à tout le monde, qu’ils viennent de Londres, de Hambourg ou de Rio.

J’aime les moutons à tête noires qui jettent des regards bêtes, dans les champs, sur le bord des routes, dans les collines, partout.

J’aime l’accueil que l’on m’a toujours réservé à Edimbourg comme dans les Highlands, peut-être parce que j’étais française et que la vieille alliance persiste, mais surtout parce que la gentillesse, là-bas, semble être une règle. C’est sans doute généraliser, véhiculer un cliché que de tenter de définir ainsi tout un peuple, mais j’insiste : j’aime la politesse, les manières de ces gens-là. J’aime leur humour pince sans rire, leur côté britannique-qui-n’a-pas-avalé-un-parapluie. J’aime leur simplicité. J ‘aime que des bergers en quad avec un chien dans la remorque s’arrêtent pour te taper la causette en plein pique-nique, en t’expliquant leur job, en te parlant de montagne, avant de repartir aussi simplement, en te souhaitant plein de bonnes choses.

J”aime avoir l’impression qu’ils sont tous branchés, qu’ils n’écoutent que de la musique géniale, même au supermarché, j’aime que les jeunes aient des fringues démentes, et qu’ils aient tous cet air cool, même lorsqu’ils boivent du thé.

J’aime a beauté rude de l’Écosse. Pas de lagons ou l’on se baigne, pas de forêts accueillantes, pas de montagnes pour skier, pas de plaines verdoyantes, ou si peu. Les plages sont belles mais glaciales, les forêt peu profondes, mais légèrement inquiétantes, les montagnes peu hautes et enneigées mais abruptes et balayées de vents violents, les plaines et collines sont humides, la terre détrempée. Ce n’est pas une beauté toujours hospitalière, je l’ai dit, et le climat, l’obscurité en rajoutent à son côté difficile. Mais c’est une beauté unique, qui se mérite pour peu que l’on s’en donne la peine.

http://france.meteofrance.com/jsp/site/Portal.jsp?page_id=11218&CLIMAT_PORTLET.path=climat/REG07

« mais où est-elle ? que fait-elle ? » vous entends-je geindre, privés que vous êtes de ma verve pluri-hebdomadaire. Eh oui. Je vous ai délaissés, mais pour de bonnes raisons, je vous jure.

1- L’automne et la rentrée universitaire sont, traditionnellement, une période particulièrement chargée pour un conservateur de bibliothèque. J’évite bien entendu de blogger au boulot, parce que je suis consciencieuse, et le soir, je ne rêve que de mouler sur le canapé en regardant un truc décervelant (mais comme je suis quelqu’un de bien, je lis des livres – à force d’entendre parler de documentation électronique toute la journée, je retrouve de façon quintuplée le plaisir de corner des pages en vrai papier véritable – et en plus, ça énerve l’Homme comme pas possible, lui qui est un psychorigide du marque-page).

2- Ledit Homme est arrivé chez moi il y a dix jours, et depuis, nous avons allumé mon ordinateur dans le but seul de regarder des DVD (tentative avortée de regarder Les Bronzés en anglais – curieusement, les blagues de Jean-Claude Dusse ne passent pas du tout en doublage américain – suivie des trois premiers Die Hard, qui m’ont rappelé à quel point j’aime 1- Bruce Willis 2- Alan Rickman 3- Jeremy Irons) ou de faire de la traduction pour mon oncle (note à l’intéressé : je finis bientôt, promiiiiis). Depuis, je sais quand même dire gouttière de vilebrequin, goupilles en acier trempé, bloc moteur et cache de roulement arrière en anglais.

3- Bordeaux en octobre par 20 degrés, c’est chouette. On peut encore boire des bières en terrasse !

4- Nous nous sommes rendus au mariage de Camille et de son Chéri ce week-end, l’occasion pour moi de découvrir qu’Aix en Provence est dans une fort jolie région (mais, Seigneur, qu’on doit y souffrir de la chaleur en été), que les villages Pierre et Vacances sont des endroits hallucinants, que les mariages, c’est chouette, qu’une robe blanche, c’est beau, qu’il va falloir qu’on joue serré pour que le passage à la mairie ne soit pas qu’une formalité de dix minutes. En tous cas, félicitations aux jeunes mariés !

5- Je suis en conférence à Paris pour trois jours. Les bibliothécaires sont de grands bavards, snif. Mais voir des bibliothécaires slovènes, suédois, turcs, japonais et norvégiens, c’est cool. Ce qui me donne à nouveau l’occasion de constater à quel point il n’y a vraiment que nous, les français, qui soyons de vraies quiches en anglais.

6- Ce soir je dîne sur les bateaux-mouches !

Aujourd’hui, apprenons à avoir la rock attitude en images avec Simon Neil, chanteur/leader du groupe écossais Biffy Clyro.

Pour des millions de gens à travers le monde, la musique écossaise se résume au fracas des cornemuses, au groupe un peu cheesy de Texas, ou, pour les plus déviants cultivés, à The Jesus and Mary Chain. Qui, avouons-le, sont un peu un challenge, niveau look.

Franchement, on est pas loin des Cure (ou de Indochine, pour la version plouc).

Franchement, on dirait pas The Cure (ou Indochine, pour la version plouc) ?

Heureusement, Simon Neil est arrivé. Alors si toi aussi, tu veux avoir un look scot-rock…

1- Tu n’abuseras pas de la chemise de trappeur.

En effet, tu éviteras. Surtout avec le noeud pap.

En effet, tu éviteras. Surtout avec le noeud pap'.

Parce que la chemise de trappeur, c’est quand même réservé aux cousins américains, aux Fleet foxes par exemple :

On n'a pas fait mieux dans l'alliance de la barbe et des carreaux.

On n'a pas fait mieux dans l'alliance de la barbe et des carreaux.

2- Tu auras plein de tatouages

Il s'est cru dans prison break.

Le look Prison Break a parfois du bon. Un bon rockeur, écossais ou non d’ailleurs, se devra donc de se faire taguer l’épiderme.

3- Tu auras des cheveux longs et gras

Mais alors pas un semi-long/quasi-carré, franchement tarte et qui nous ramène presque à la coupe de winner de Zack Efron.

7-carré coquet

Non, nous on veut du long pas entretenu, un peu grunge, un peu sale, un peu Kurt C., des cheveux qui disent “nous on s’en fait pas on vit notre vie“.

6- voire très longs

4- Tu auras des potes cools, dans ta bande

9-weasley

Par exemple, tu hésiteras pas à chopper les sosies des jumeaux Weasley pour t’accompagner.

5- Homme libre, toujours tu chériras le jean slim

… en rouge…

10- slim 1

… en bleu,  peu importe, ce qui compte, c’est la moulitude.

11- slim

6- Tu te laisseras pousser la barbe

Bien sûr, tes idoles seront le chanteur de Band of Horses...

13- Barbe BOH

… voire Seasick Steeve si t’as peur de rien.

13bis Seasick

Mais tu l’adapteras à ta sauce, forcément. Un peu entretenue, ça fait jamais de mal.

5- cheveux longs

7- Tu donneras tout, tout pour la musique

Biffy Clyro

Il a pas l'air bête. Il a l'air inspiré. Nuance.

15- guitare

Tsoin tsoin.

Notons au passage l’intervention du jean slim, encore, mais en blanc cette fois.

8- Tu seras un sacré petit rigolo espiègle

17-rigolo

Parce que ouais, tu vois, c’est pas le look qui compte, et que du coup, la serviette, les tatous crades, les lunettes de Paris Hilton, le cheveu suant, c’est un peu ta marque de fabrique.

9- Tu sauras faire le lover, comme Julio et Enrique

18-sexy

Parce que faut pas déconner, non plus, tou é bo, et tou sais lé montrer. Et que, zut, si faire du rock ça te permet pas de chopper plein de groupies, à quoi bon, hein ?

Note : j’ai l’air de me moquer, mais je suis une grande fan de Biffy Clyro et de Simon Neil, hein. Et il est très choupi, en fait. Par contre, j’admets que c’est vraiment de la note de feignasse, ce genre de galerie de photos !

A la noce, 1

8513

Mairie : check.
Lieu de réception : check.
Date : check.
Robe : check.
Traiteur : check.
Vin d’honneur : presque check.

On est tranquilles pour quelques temps !

Ca reste mou

Oui, c’est curieux. J’ai passé cinq jours en Ecosse et je n’ai pas pris une seule photo (mon appareil n’est pas waterproof, ça me parait une raison suffisante…). Je n’ai pas vraiment bloggué. Serais-je en ralentissement ?

En même temps, l’automne est là, ce qui, c’est connu, ne favorise pas l’hyperactivité. Et puis, comme je le disais précédemment, le boulot m’accapare pas mal, finalement. En plus je viens d’acheter plein de livres (le tome 1 des Soutern Vampire Mysteries, qui ont inspiré la série True Blood, et ben ça se lit comme du petit lait, sisi ; Le tome 1 de la série 44, Scotland Street d’Alexander McCall Smith, qui est un pur régal ; un roman de Nick Cave, ça n’intéressera pas grand monde… ; et The road, de Cormac Mc Carthy, qui devrait m’occuper un moment), histoire de tordre le cou à ma résolution de ne plus en acheter tant que je n’aurai pas fini tous les livres jamais lus de ma bibliothèque, et du coup, je passe beaucoup de temps au lit avec un bouquin et une tasse de thé (quand je ne me contente pas d’y dormir comme une souche – y a pas à dire, ces foutus médocs, qu’est-ce que ça fait roupiller). Bref, ça bloggue moyen. Surtout que j’ai aussi acheté plein de vernis à ongles et que je n’en peux plus de me peinturlurer les doigts de toutes les couleurs, et d’attendre que ça sèche en comptant et recomptant mes doigts pour passer le temps.

En plus, réfléchir au mariage, ça fatigue. Problème du jour : trouver un traiteur qui comprenne que le marié est végétarien, qu’un végétarien ne mange pas de poisson, ergo il doit laisser tomber ses roulades de soles au varech… Autre problème : la salle sera t-elle équipée du Wifi, pour nous permettre d’accéder à ZE super playliste de la mort qui tue et qui fait danser ? Dernier problème : allons nous appeler notre premier né Aonghus, Fionnghall, Kentigern (pour un garçon) ou Caoimhe, Elspet, Raghnaid(pour une fille) ?

… mais seulement aujourd’hui, Camille, promis !

1- bon, je ne blogue pas des masses en ce moment, rapport au fait que je ne suis pas a temps plein en Ecosse bien sur, mais aussi parce que ma routine du moment c’est velo (au peril de ma vie, et je ne parle pas que de mes chutes a velo, venez un peu voir comment conduisent les bordelais si vous ne me croyez pas) boulot dodo. Oui, apres 9 heures devant un ordinateur, le soir, j’ai envie de tout sauf de regarder un ecran. Sauf si c’est pour Skyper avec l’Homme. A la place, je fais des Sudoku et je progresse peniblement dans Bouvard et Pecuchet.

2- J’ai fait ma premiere reunion de femme de la vie active vendredi, comment je me sens plus.

3- Le RER B pue toujours autant, et Roissy est toujours l’aeroport le plus abominable du monde, voire probablement de cette galaxie. Non, serieux, pourquoi est-ce que quand tu es dans la zone d’embarquement Easyjet tu ne trouves qu’UNE SEULE sandwicherie qui ne vend que des sandwichs triangulaires sous plastique a 5,60 euros l’unite ???

4- Au cas ou l’absence d’accents ne vous aurait pas frappee, je suis en Ecosse ce weekend, jusqu’a mercredi ! L’Homme et moi lezardons honteusement, nous mangeons comme des chancres, comptons les limaces dans le jardin, et tentons de trouver un traiteur qui comprenne que le marie vegetarien ne pourra pas manger de son (delicieux au demeurant) pain de poisson.

5- Quand meme, la musique Grand-bretonne est fantastique.

6- Pourquoi est-ce que, lorsque je vois ecrit “buffet a volonte”, je commence a m’empiffrer comme une malheureuse, allant bien au-dela de mes limites, alors qu’en temps normal je serais plutot du genre moderee ? La bouffe indienne, c’est bon, mais pas dans ces proportions.

7- Si quelqu’un pouvait m’indiquer a quel moment de l’annee il faut tailler une passiflore, ca m’arrangerait. Si ca tombait genre MAINTENANT, ca serait encore mieux, on aurait encore une chance de sauver la parabole et de voir quelque chose par les fenetres, enfin.

8- Je suis une DEESSE a Mario Kart, je vous prends quand vous voulez et je vous ecrase.

9- Je rentre mercredi. Je veux pas.

La photo du dimanche, 12

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On devrait toujours avoir à l’esprit que les mains, décidément, c’est bien, c’est utile, et c’est sacrément bien foutu.
Prenez le pouce opposable, par exemple. C’est quand même une foutue bonne idée, le pouce opposable. Ca sert à plein de choses, genre à tenir sa tasse de café, à écrire avec un stylo, à faire mumuse avec la souris, à classer des papiers… le genre de trucs qui arrivent quotidiennement, au bureau, par exemple.

Voilà. Moi depuis ce matin, j’ai un petit problème d’opposabilité des deux pouces. Et de main en général. Parce que moi, Monsieur, je vais au boulot à vélo, fière et pleine de panache sur mes deux roues, cheveux au vent et oeil aux aguets (parce que punaise, les bordelais, c’est quand même des fous dangereux au volant). Bref, d’habitude, c’est ce que je fais. Fière et droite jusqu’au garage à vélo de la fac. Pis ce matin, allez savoir pourquoi, mon panache s’est vautré en même temps que moi en abordant le virage du parking de la fac. Faut dire qu’il a plu pour la première fois depuis un mois, hier, alors forcément, la chaussée était un peu glissante. C’est du moins ce qu’ont dû penser mes roues lorsqu’elles ont amorcé un transfert vertical -> horizontal en l’espace de quelques dixièmes de secondes, m’entraînant dans le mouvement.

Bilan des opérations : un genou mâché mais protégé par mon jean (invention ô combien merveilleuse), sonnette de vélo HS, bleus et contusion un peu partout sur les gambettes (moi qui ai acheté ma première mini-jupe, c’est pas demain que j’exhiberai de la cuisse fraîche) et surtout, plus de peau sur les paumes. Ah ben oui, ça râpe, le bitume, mine de rien. Alors bon, mes collègues compatissantes m’ont désinfectée vite fait bien fait à l’eau oxygénée (je sais pas si vous avez déjà versé de l’eau oxygénée sur de la peau à vif ? C’est dans ces moments que tu te rends compte que des mots grossiers, t’en connais des tas) et j’ai ensuite tenté de passer la journée à bosser normalement – si tant est que sentir tes mains qui suintent sur le bureau est considéré comme normal.

En rentrant ce soir, les mains en feu (mais pas sur mon vélo, eh, pas folle, il dort là-bas le vilain), j’ai tenté une désinfection plus profonde et plus propre (parce que les gravillons incrustés, les plaies qui font pas net, la peau toute marron de crasse bitumesque, c’est des coups à te chopper la grippe A gangrène ou le tétanos, eh !), avant de tourner de l’oeil (oui, les plaies des autres, m’en fous, mais triturer ma propre chair, peux pas). HEUREUSEMENT, Zorro Baby Sister est arrivée. Baby Sister est une merveille. Baby Sister n’est pas médecin ou infirmière, elle est mieux que ça, elle est étudiante en ergothérapie, et accessoirement personne ne nettoie une plaie et ne panse comme elle (demandez à ma mère qu’elle pansait quand cette dernière s’était ouverte la cheville à la tronçonneuse – oui, on est douées, dans la famille). Elle m’a donc soignée aux petits oignons, désinftant avec entêtement, faisant des choses improbables à mes plaies avec une pince à épiler (je ne saurai et ne veux vous donner le détail, j’étais couchée sur le canapé et je ne regardai pas), ruinant son pantalon à coup d’antiseptique à la javel (Marjo, promis, tu en auras un neuf) et me bandant les mains avec une triple épaisseur de velpeau qu’on dirait que je me suis au mieux brûlée au douzième degré, au pire ouvert les veines.

Alors bon, pourquoi en tartiner une telle tranche, me direz-vous, pourquoi tant de détails gore ? C’est qu’il faut bien que je m’occupe. Comme je vous le disais, je n’ai plus l’usage de mes pouces, car les plaies sont disposées de telle façon que si je bouge le pouce, je hurle. Pas de bras pas de chocolat, dit le proverbe. Ben pas de pouce, pas de bol. Je ne peux pas tenir de stylo, je ne peux pas vraiment lire confortablement, je ne sais pas encore comment je vais découper mon poulet froid de ce soir, j’ai du mal à ouvrir les portes (si, avec les coudes, la grande classe) et je me demande bien comment je vais me doucher dans les jours qui viennent. Bref, il me reste le clavier – parce que, eheh, pas besoin de pouces pour pianoter ! Bref, si vous trouvez que ce blog connaît un sursaut d’activité dans les jours qui viennent, c’est normal, c’est la faute à mon B-Twin.

Le Loch Lomond

Une cht’tite chanson pour illustrer (il parait qu’il y a une version d’AC/DC, je suis dégoûtée de ne pas la trouver !!!)

J’aurais bien introduit cet article par une illustration tirée de Tintin, genre un Capitain Haddock en train de siroter son fameux whisky Loch Lomond (qui, par ailleurs, n’existait pas encore quand Hergé écrivit les aventures de son petit reporter) mais j’ai cru lire çà et là qu’on ne rigole pas avec la Moulinsart Inc. et qu’il vaut mieux éviter de se lancer dans d’éventuels problèmes de droit…

Par conséquent, j’ouvre avec, direct, bam, comme ça, une photo dudit loch vu d’en-haut :

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Les initiés reconnaîtront là un courageux randonneur ayant parcouru le West Highland Way à mes côtés, durant l’été 2009. La photo, prise du haut de Conic Hill, laisse entrevoir les eaux du plus vaste des lochs écossais, 71km² d’eau douce s’étirant sur près de 38 km de long (que j’aurais dû, en théorie, parcourir lors de notre périple à travers les highlands, mais dont nous avons zappé un bout pour cause de cheville en compote...).

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Au sud est, le coin est joli et buccolique. Une petite route traverse les villages de Balmaha et Rowardennan, où elle s’arrête pour laisser la place à un sentier de marche très choupinet, qui se poursuit sur quelques kilomètres avant de dégénérer en sentier moins joli, et ce jusqu’à la pointe nord du loch où il rejoint la route nationale qui longe la rive ouest, seule accessible tout le long aux véhicules. De ce côté, peu fréquenté par les touristes et les écossais eux-mêmes (les glaswegians viennent volontiers passer le weekend ou la journée sur le lac, situé à quelques miles de la ville, mais se contente des petits bourgs du sud ou de la rive gauche) et adoré des randonneurs, la nature est jolie, calme, apaisante, et les plages jolies (quoiqu’infestées de midges, l’été, hélas).

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Plus l’on se dirige vers le Nord, et plus la nature se fait sauvage – c’est que l’on s’approche de Ben Lomond, l’une des montagnes les plus arpentées d’Ecosse.

P1000086Des fois, j’aimerais bien habiter dans la petite maison blanche au toit noir, là-bas…

Fils de pub *

* Mes excuses, avant de commencer, pour ce titre à nouveau racoleur (faut bien appâter le chaland, ma bonne dame) qui a dû être employé trois millions de fois avant moi, et qui repose sur un jeu de mots désastreux, mais enfin, j’ai toujours un peu de tendresse pour les jeux de mots foireux, disons-le.

Nous voilà rendus à plus de cent notes dédiées à cette bonne vieille Ecosse et je ne vous ai toujours pas parlé des pubs. Mais où avais-je la tête ??? Parler d’Ecosse sans évoquer cette vénérable et alcoolique institution, c’est comme décrire la France sans disserter sur le fromage, raconter l’Espagne sans faire un tour par corrida et les castagnettes, penser à nos amis italiens sans faire un sort à leurs spaghettis bolognaises. On ne peut pas.

Alors, moi, vous voyez, je suis pas du genre alcoolique. Je vais jamais boire de ricard au PMU, c’est vous dire, et pourtant je suis française. Mais une fois là-bas, je me laisse plus volontiers aller à lever le coude sur un coin de zinc (cette note part terriblement mal, ça sent déjà l’ivrogne à plein nez).
D’abord, et c’est un fait, parce que la bière y est meilleure. On y sert de délicieuses ales, le seul genre de bière qui me plaise vraiment (les stouts genre Guiness, je trouve ça franchement dégueu, et les lagger pétillantes et glacées ne font pas mon bonheur et me paraissent assez désagréables) dont je ne me lasse pas. La “Best”, qui porte décidément bien son nom, a toutes mes faveurs.
Ensuite parce que l’ambiance y est décidément unique. Le pub écossais, c’est pas le bar trendy branchouille avec chaise en polymère recyclé, tables en coton bio équitable et bambous du panamas pour décorer, avec cocktails carotte-tomate-céleri pour ouvrir les hostilités. C’est pas le PMU cradingue avec lumière glauque et gras-du-bide-tachés-de-cambouis accoudés au comptoir poisseux. C’est pas la terrasse de café où des serveurs dédaigneux te facture la gorgée  de café au prix du baril d’essence. Nan. Le pub, c’est un enchevêtrement de salles obscures mais pas sinistres, avec parquet ou moquette (oui, moquette ! ça me fascinera toujours que l’on ose la moquette rouge dans un endroit où la bière coule à flots), vieux tableaux et déco improbable aux murs. C’est un comptoir en bois et zinc où des serveurs et serveuse, parfois locaux, souvent étrangers dans les grandes villes, prennent ta commande sourire aux lèvres, te font la conversation et te servent (toujours au comptoir, on emmène sa conso soi-même jusqu’à la table comme un grand) des demis à des tarifs dérisoires. C’est des juke-box, des distributeurs de cigarettes, des machines à sous clignotantes ici et là. C’est des toilettes toujours clean, propres, claires, fraîches (honnêtement, je suis toujours épatée du savoir vivre et de la propreté de ces gens-là). C’est de la nourriture servie à presque toute heure, sans doute pas recommandée dans les grands guides de cuisine nouvelle, et probablement déconseillée aux gens à la diète, mais qui me ravit systématiquement (gniii, Nachos-bière, grouuuuu  haggis-bière, huuuu guiness pie-bière, rhaaaaaa cheese cake tout seul parce que bon, avec de la bière, là, c’est dégueu !!!). C’est une ambiance unique, un fond de musique pas tarte (la musique est JAMAIS tarte en Grande-Bretagne, même dans les supermarchés ils passent des trucs hype, z’avez remarqué?), des ouvriers venus finir la journée tranquillement, des bandes d’étudiants sappés comme des sapins de noël, des mecs et des nanas en enterrement de vie de garçon/fille, des couples cachés dans les recoins obscurs, des parents avec leurs enfant venus savourer un fish & chips… j’adore ce mélange des genres, cette tranquilité, cette bonne humeur saine.

En trois ans, j’ai eu l’occasion d’en voir beaucoup, et tout autour du pays. On trouve des pubs incroyables dans les coins les plus reculés des highlands – pardi, le pub est tout de même, avec l’église, le lieu social par excellence dans des villages où bibliothèques, cinéma, musées n’existent pas ! Des petits troquets coquets, confidentiels, confortables, où l’on peut passer des heures dans la pénombre douillette, savourant sa bière au coin d’un vrai feu de bois qui crépite et sent bon (même en juillet, eh oui).

J’ai un faible pour “notre” pub à l’Homme et à moi, celui de Penicuik où nous allons rituellement et régulièrement nous endouilletter, le Craigiebield. De l’extérieur, c’est du Tim Burton cossu :

846584

Dedans, on se sent bien :craigiebield-hotel_bar

Oui, décidément, pubs, je vous aime, vraiment ! Il me vient l’envie, là, maintenant, d’entamer un cycle de photos de pub. C’est à creuser…

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