Les concerts de l’année
A la demande générale (enfin, celle de Benjamin, mais je vais supputer que tout le monde n’attend que ça) et parce que de toutes façons je fais ce que je veux, voici la compil’ des concerts de cette année. Histoire de m’en souvenir, dans quelques années…
En préambule, je dois indiquer qu’à mon immense regret, mes obligations professionnelles m’ont fait rater deux concerts cette année, The Hold Steady en janvier (que L’Homme semble placer dans son tiercé gagnant de l’année, autant dire que je suis bien verte) et les Fleet Foxes en juin. Pour cause de flemmingite aiguë et de complications compliquées, nous avons aussi raté Girls, en novembre. On croise les doigts, ils reviendront.
La lanterne rouge de cette année revient par conséquent à Mercury Rev. Petite déception ici : sans doute, voir Mercury Rev jouer Deserter’s songs, c’était trop beau pour être vrai. Pas un concert raté donc, mais pas non plus à la hauteur de mes espérances.
Juste au dessus, en septième position, donc, Big Country. Totalement inconnu de ma pomme avant l’année dernière, ce groupe de papis écossais mérite de ne pas être dernier car le concert était, contrairement à Mercury Rev, plein d’énergie et de bonne humeur – et je dois admettre que le coup de la guitare qui fait un bruit de cornemuse m’a totalement conquise. Attention, la vidéo n’est pas pour les petites natures : la manipulation sur Photoshop va faire quelques victimes ici.
En sixième place : Seasick Steve. A la sortie du concert, j’étais plus enthousiaste, mais la rationalisation du classement me force à le placer si loin du podium, même si en soit, c’était très chouette. A lui, je n’ai rien à reprocher, ni à ses musiciens, mais l’ambiance “gros bras machos bourrés bruyants et impolis” de la salle m’a, par moment, un peu énervée (je suis intolérante, durant les concerts: j’aime que les gens écoutent la personne qu’ils viennent applaudir. Un jour faudrait que je fasse la liste des trucs qui m’énervent prodigieusement en concert, les gens bruyants, les gens qui regardent leur I-phone, les gens qui prennent des photos avec leur i-phone, les gens qui sont plus grands que moi…). No offense, Steve, tu gagnes sans conteste la palme du type le plus cool de l’année, en revanche.
Ex aequo à la quatrième place, parce que je suis incapable de les départager, Band of Horses et The Decemberists. Je partais conquise, ils sont dans mon palmarès des best bands du moment, et les concerts avaient tout ce qu’il fallait : de l’énergie, du bon son. J’attends les prochains albums et les prochains concerts.
La médaille de bronze sur le podium revient à PJ Harvey, ma chouchoute de toujours, mon idole absolue, etc. etc. Alors, oui, on ne peut pas dire que c’est un concert de la même nature que les précédents. PJ Harvey ne parle pas, ne blague pas, ne tape la discute au public. PJ Harvey performs. Bon, en même temps, quand tu viens interpréter un album sur les horreurs de la guerre, tu arrives pas en braillant ‘salut les gens ça mousse ?”. C’était beau, c’était autre chose.
Ils ont raté de peu la première marche, mais ils n’en sont pas loin… la deuxième place appartient à Arcade Fire. Un concert hallucinant devant le château d’Edimbourg. J’ai déjà publié cette vidéo, mais je ne m’en lasse pas, et le concert était juste… comme ça.
Je dois avouer que j’ai longtemps hésité avec Arcade Fire, mais ce n’est que justice, je pense : la première place revient à Bon Iver. Je pensais voir un concert calme et ronronnant, deux guitares et un chanteur à la voix de fausset. Je ne pensais pas m’ennuyer, mais je pensais que ce serait un concert très tranquille. ERREUR. Ils étaient une dizaine sur scène. Il y avait trois jeux de percussions, plein de guitares, plein de cuivres… J’ai réentendu cet album d’une toute autre façon, au cours de ce qui est, définitivement, le meilleur concert de l’année.
C’est l’hiver
Premier week-end de décembre… première neige !
L’an dernier, à la même période, papa était bloqué à l’aéroport d’Edimbourg, fermé pour cause de tempêtes de neige persistantes, et mon camion de déménagement est arrivé le 1er décembre, de nuit, dans 50 cm de poudreuse.
Cette année, rien de si méchant… mais nous y voilà !
Pingouins voleurs et autres merveilles
Avec le soleil qui ne se montre vaguement que quelques heures dans la journée – si tant est qu’il n’y ait pas de nuages – et le froid et le vent qui commencent à remontrer le bout de leur nez, il fait un temps à rester chaudement à la maison, à boire du café et à regarder des trucs à la télé.
Nous arrivons au bout de Battlestar Galactica, que nous nous sommes forcés à économiser sur une année entière – juste parce que c’est tellement bien, tellement parfait, que l’idée de voir le dernier épisode et de ne plus jamais pouvoir découvrir un moment inédit de la série est parfaitement déprimant. Il nous reste trois épisodes. Enfin, un long épisode de trois heures. Où on va ENFIN tout savoir. Je pourrais lister les points sur lesquels il nous manque des détails, et que vraiment j’en peux plus d’attendre la réponse, mais je ne vais pas spoiler, certains d’entre vous regardent aussi.
Sinon, mon autre bonheur du moment, c’est le documentaire de la BBC appelé “Frozen Planet”, que Nicolas s’est vu forcé invité à regarder quand il était là. Une heure de bonheur hebdomadaire. Je vous entends d’ici, “oué, les documentaires animaliers, niania”, ben oui, moi ça me fascine. J’y peux rien. Et la BBC fait très bien les choses en plus. C’est beau, c’est dingue, c’est marrant.
Cf. le pingouin voleur.
http://www.dailymotion.com/embed/video/xlqwy3
Les manchots voleurs dans Frozen Planet – BBC One by Spi0n
Ou le bison connard:
Les animaux sont de vraies raclures, des fois.
Gniii
Le bulletin météo m’annonce les heures de coucher de soleil, ces jours-ci.
Dimanche, le soleil se couchera à 15h58. On est à UN MOIS de l’équinoxe, bon sang de bûche !!!
Je vais mourir avant la fin de l’hiver, c’est sûr.
5 novembre
Ce soir, c’est Guy Fawkes Night.
Qui bien sûr, dans mon esprit, est désormais étroitement liée à ceci, et à la comptine :
“Remember, remember the fifth of November,
Gunpowder Treason and Plot,
I see no reason why the gunpowder treason
should ever be forgot.”
Bon, sinon, aucun rapport, mais le 30 novembre prochain aura lieu une grande grève du service public en Grande-Bretagne.
Ils font la grève un peu moins souvent qu’en France.
Les profs par exemple, ont été en grève pour la dernière fois il y a… 25 ans.
Le truc drôle en plus, c’est que le 30 novembre est férié, en Ecosse.
On grève pas pareil des deux côtés de la Manche décidément.
1er novembre !
Comme toute personne qui a une vie, en vrai, et une plutôt chouette, qui plus est, je délaisse un peu ce blog. Ce n’est pas faute de vouloir, hein – encore que…
Que s’est-il passé récemment ? Boh, d’abord, j’ai été voir des pieds géants et des dauphins dentus mais câlins, à Rome. L’Homme a beaucoup aimé, c’était son cadeau d’anniversaire. Je le comprends, moi aussi je serais heureuse si on m’offrait des pieds géants.
Puis j’ai vu des concerts, encore et encore, Seasick Steve d’abord, puis Bon Iver ensuite, ce dernier remportant, à vue de nez, la palme du meilleur concert de l’année – mais je réfléchis à élaborer une rétrospective argumentée, pondérée et avec pièces justificatives pour confirmer cette hypothèse.
Ensuite, je me suis inscrite en doctorat, et sauf retournement de situation, je devrais être admise à travailler sur le sujet ô combien passionnant et crucial pour l’avenir de l’Humanité des relations culturelles franco-écossaises au XVIIIe siècle, sujet bien trop négligé vous en conviendrez. Et puis, sans prévenir, l’automne est arrivé.
J’avais déjà pressenti, lors de mes voyages d’automne les années passées, à quel point c’est une belle saison ici. La nature prend des couleurs que je n’ai jamais trop vues dans ma Charente natale, l’air prend cette odeur un peu froide, un peu humide et lourde de la végétation qui se décompose, les moutons font leurs provisions pour l’hiver…
C’est aussi, je m’en rends compte maintenant que je vis ici, un moment étrange. Depuis le changement d’heure, le jour tombe à cinq heures, et l’on est encore bien loin de l’équinoxe ! S’adapter à ces journées minuscules, accepter que le soleil reste très bas dans le ciel, près de l’horizon, est nécessaire. Par chance, il fait beau ces jours-ci, et la lumière de ce soleil rasant et plombé est très belle. J’attends maintenant le retour des pluies, grande épreuve à surmonter pour passer l’hiver en Ecosse, sans lumière ni soleil !
Ah, et puis quand même : on a fêté Halloween, hein. Enfin, on a fait une citrouille. On a le droit, ici, c’est une vraie tradition (enfin, bon, pas la citrouille, l’Homme faisait ça avec des navets quand il était petit, la citrouille reste bien amerloque, mais, oh, je vais pas non plus faire des lampions en navets, hein ! Citrouille, je dis !).
(Notez au passage mon SUBLIME carrelage posé de mes doigts HABILES – bon bon, avec un peu d’aide de l’Homme – et ma SUBLIME cheminée qui fait du FEU (love)).
Un weekend au soleil (blague) (attention, billet 100% 36-15 Mavie)
Hier, c’était samedi. Il pleuvait un peu, pour changer.
Catulle s’ennuyait.
Pour répondre à la requête de l’Homme, je me suis alors lancée dans la confection d’un Victoria Sponge Cake. “Mais qu’est-ce donc que le Victoria Sponge Cake ?” allez vous me dire, car vous êtes plein de curiosité je le sens. Le Victoria Sponge Cake est, en gros, une bonne grosse génoise sans chichi (jusqu’ici rien d’excitant, la génoise est bien connue pour être avant toute chose un étouffe Chrétien de première – le nom anglais “sponge cake”, d’ailleurs, en dit long sur la consistance), que l’on agrémente de double cream battue en chantilly, et de confiture de framboise. Ecco :
Grâce à ces ajouts, le dessert atteint un niveau calorique assez insensé. Conseil : consommer en touuuute petite quantité, avec une tasse de thé, c’est très bien. La reine Victoria raffolait dudit dessert, d’où le nom – hommage !
Ca n’a pas impressionné le chat plus que ça.
Puis profitant d’une accalmie – il faut savoir saisir les heures ensoleillées dans ce pays -, l’Homme m’a emmenée faire un petit tour dans les bois près de la maison, via un sentier que je ne connaissais pas encore.
On y trouve des arbres bizarres, comme partout, par ici. C’est dingue le nombre d’arbres qui poussent de façon bien torturée et feraient bien d’aller voir un psy…

La lumière était belle (mais ne vous y trompez pas : il pleuvait un peu).
Je croyais que les blés était moissonnés bien plus tôt.
Et à notre retour, le chat s’embêtait toujours.
The West’s asleep. Let England shake.
Hier soir, il pleuvait sur Glasgow. C’est un fait bien connu qu’il pleut toujours à Glasgow, en fait : au pays des aveugles, les borgnes sont rois, et en l’occurrence, les glaswegians sont les écossais les plus aveugles, dont se moquent tous ceux qui ne vivent pas dans cette ville particulièrement humide. A écouter les sarcasmes de l’Homme concernant le temps qu’il fait dans la capitale économique du pays, j’ai parfois l’impression d’entendre un breton se moquer de la Normandie (ou vice-versa), mais c’est un fait : en 4 ans et une bonne dizaine de visite à Glasgow, toujours pour des concerts, je n’ai jamais vu cette ville autrement que sous un crachin glacial.
Ceci planté, je ne compte pas vous parler des heures du temps qu’il fait (je crois avoir déjà bien fait le tour de la question ici !). Non, en fait, je venais vous parler, à nouveau, de musique (après, vous êtes tranquilles, le prochain concert n’est que dans un mois, et j’ai quelques thèmes proprement écossais à aborder, enfin !) : PJ Harvey, voyez-vous, jouait hier à Glasgow.
(Note : oui, hier soir aussi, elle portait un corbeau mort sur la tête)
PJ Harvey est l’une des rares artistes féminines que j’aime vraiment. Je ne sais pas d’où me vient ce sexisme musical mais rares sont les femmes dont j’aime écouter les chansons. Elle, en l’occurrence, ne me lasse jamais, sans doute grâce à sa capacité à sortir quelque chose de radicalement différent à chaque album.
Hier soir, tout y était. Un minuscule morceau de femme cachée derrière ses énormes guitares électriques ou sa très étrange autoharpe, coiffée de ce très étrange assemblage de plumes et vêtue telle une veuve sicilienne, qui vient interpréter son dernier album, Let England shake, un album parlant de la première guerre mondiale. Pas sexy, a priori, mais exceptionnel sur scène – même si, j’en conviens, je préfère les costards blancs à franges aux corbeaux morts.
You change all the lead / sleeping in my head
Je vais vous parler de musique canadienne.
Pas d’Isabelle Boulay ou de Garou, rassurez-vous, mais d‘Arcade Fire, groupe fabuleux s’il en est (ne cherchez pas de demi-mesure dans cet article, je suis depuis hier soir dans un état de transe enthousiaste total).
De leurs trois albums parus, rien, pas une chanson n’est à jeter. Ces gens-là savent faire du “rock indépendant” (comme le dit leur page wikipédia qui n’a jamais tort) avec art, talent, génie parfois. Or donc, ces braves canadiens jouaient, hier soir, sur l’esplanade du château d’Edimbourg. Là :
Rien que l’endroit, mes cocos, ça vous fichait des frissons d’excitation. Comme en plus il avait décidé de faire beau, je peux vous dire que la soirée était prometteuse.
Et je crois bien avoir assisté à mon meilleur concert (oui, je dis ça à chaque fois, mais je suis bon public, d’une part, et celui-ci était plus qu’un concert : un vrai show de près de deux heures). Ces gens sont insensés et incroyables. A huit, on peut faire beaucoup de (joli) bruit : deux batteries, deux ou trois claviers différents dont un clavecin, un accordéon, des tambourins à foison, deux violons, je ne sais combien de guitares et de basses, et quelques instruments non identifiés : c’est un joyeux boxon. Surtout, ces huit-là sont heureux d’être sur scène, et aiment de toute évidence jouer ensemble et partager leurs bons morceaux. Accompagnés par des images de Spike Jonze sur un écran derrière eux, leurs chansons taillées pour être reprises en choeur dans un stade (ou une esplanade de château)….
Non, en fait, cette description ne colle pas. Je n’ai pas de mots en fait, pour expliquer à quel point c’était dément et bon !
En cherchant sur youtube, vous trouvez l’intégralité du concert filmé par quelque stupide de service (au fond de l’esplanade, en haut des gradins : on ne voit rien, on n’entend rien, et surtout, surtout : QUEL INTÉRÊT) mais je préfère ressortir ce petit bijou de clip-concert :
Je vais me faire tatouer leur nom sur le dos, je pense.






















